Bin Noun « inquiète » par la candidature LREM de Pascal Durand aux Européennes
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Bin Noun « inquiète » par la candidature LREM de Pascal Durand aux Européennes

L’actuel député européen EELV avait notamment souhaité rencontrer les terroristes palestiniens Marwan Barghouti et Salah Hamouri en 2017

Pascal Durand lors d’une intervention au parlement européen, en 2016. (Crédit photo : capture d’écran YouTube)
Pascal Durand lors d’une intervention au parlement européen, en 2016. (Crédit photo : capture d’écran YouTube)

Ce mercredi, sur Twitter, Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France, s’est dite « inquiète et surprise de voir Pascal Durand sur la liste LREM-Modem-Agir aux élections européennes ».

« Un candidat qui soutient le boycott d’Israël et des terroristes notoires tels Marwan Barghouti n’incarnent pas les valeurs européennes et françaises », a-t-elle ajouté.

Cofondateur d’Europe Écologie en 2008, élu porte-parole d’Europe Écologie Les Verts en 2011, Pascal Durand a également été secrétaire national d’EÉLV en 2012 et 2013. Il est député européen depuis 2014 dans le Groupe des Verts/Alliance libre européenne. Le 6 mars dernier, il a annoncé être « prêt » à être candidat sur la liste LREM, sans toutefois rejoindre le parti présidentiel.

« J’y suis prêt. J’ai réfléchi, hésité, consulté et discuté depuis des mois avec Daniel Cohn-Bendit et Philippe Grangeon », a-t-il déclaré dans un entretien à l’Obs. « Non, je ne rejoins pas En Marche. Je m’engage pour un combat européen sur une liste où on ne me demande pas de renoncer à ce que je suis, et où l’écologie doit être présente », a-t-il assuré.

Aliza Bin-Noun, le 31 mai 2016 (Crédit : Capture d’écran France Inter)

A l’été 2015, l’homme politique a participé à un voyage de parlementaires européens en Israël et dans les Territoires palestiniens consacré au sujet brûlant de l’accès à l’eau. En 2017, il devait se rendre à nouveau dans la région.

Il avait alors pour souhait de rencontrer les terroristes palestiniens Marwan Barghouti et Salah Hamouri et « d’alerter sur la situation des près de 6 000 prisonniers politiques palestiniens », selon le site de l’Humanité. Sa délégation, qui comptait également Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a finalement été interdite d’entrée en Israël.

Marwan Barghouthi au tribunal en 2002 (Crédit : Flash90)

Barghouthi est l’ancien chef de l’aile armée Tanzim du Fatah et a été condamné en Israël pour avoir fondé la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, un autre groupe terroriste du Fatah. Il purge actuellement cinq peines de prison à vie dans un centre d’incarcération israélien pour avoir ourdi des attentats terroristes au cours de la Seconde intifada au début des années 2000. Barghouthi est resté très actif au niveau politique derrière les barreaux, et est souvent désigné comme l’un des quelques successeurs probables du président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas.

Salah Hamouri lors de la fête organisée à sa sortie de prison dans le cadre des accords Shalit en 2011 (Crédit: capture d’écran Youtube/Mission Falestine)

Salah Hamouri, libéré en octobre dernier (la France s’était réjoui de sa libération), a lui été inculpé en Israël pour avoir projeté de tuer le rabbin Ovadia Yosef. Il a également été accusé d’avoir appartenu au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un groupe terroriste palestinien qui a revendiqué plusieurs attentats ayant fait des dizaines de morts entre 2001 et 2015, dont le massacre de quatre Juifs dans une synagogue à Jérusalem le 18 novembre 2014. Il se trouvait en détention administrative en Israël au moment de la visite de la délégation française, après une première libération en 2011 dans le cadre de l’accord Shalit.

Pascal Durand s’est également fait remarquer par ses déclarations pro-palestiniennes au parlement européen. En mai 2016, il déclarait ainsi : « Israël n’est pas un Etat hors du temps, Israël n’est pas un Etat hors du droit. » Il voulait alors dénoncer les démolitions de « plus de 600 bâtiments, écoles, maisons » depuis le début de l’année par Israël, dont « une grande partie ont été financées par les fonds européens ». « Les droits humains, comment leur nom l’indique, doivent être respectés pour l’ensemble des populations civiles quelle que soit leur origine, quelle que soit leur nationalité. L’Union européenne doit agir pour faire cesser ces démolitions. »

L’an dernier, alors que le mouvement violent dit de la « Marche du retour » avait démarré à la frontière entre Israël et Gaza, l’eurodéputé avait estimé que « les terribles événements de Gaza et la provocation de Jerusalem ne sont que la tragique partie émergée d’un iceberg ». « En réalité, contrairement à ce que veut nous faire croire M. Benjamin Netanyahou, le gouvernement israélien n’est pas l’ami de l’Union européenne, de la démocratie et de la paix. Il ne connait que la répression et l’humiliation. C’est un gouvernement qui veut la force ; c’est un gouvernement de combat », avait-il affirmé.

A deux mois des élections européennes, organisées le 26 mai prochain, La République en Marche alliée au MoDem et le Rassemblement national sont au coude-à-coude dans les sondages, devant Les Républicains et La France insoumise.

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