Rechercher

Canada : ouverture au public de l’exposition « Nakba » malgré l’opposition de leaders juifs

Un groupe juif demande des comptes au Canadian Museum for Human Rights dont la « gestion aberrante » a poussé l’unique membre juif du conseil d’administration à démissionner

Le Musée canadien pour les droits de la personne. (Photo AP/Felicia Fonseca)
Le Musée canadien pour les droits de la personne. (Photo AP/Felicia Fonseca)

JTA — Après des semaines de vives réactions de la part de groupes et dirigeants juifs, le Musée canadien pour les droits de la personne a inauguré ce week-end son exposition sur la Nakba, le récit de la défaite et du déplacement des Palestiniens lors de la création d’Israël.

L’exposition à Winnipeg (Manitoba), intitulée « Palestine déracinée : La Nakba passée et présente », présente des photographies, de la poésie et des objets du quotidien qui documentent l’expérience des Canadiens d’origine palestinienne touchés par la Nakba. Les Palestiniens utilisent ce terme, qui signifie « catastrophe », pour décrire leur déplacement massif au moment de la création de l’État d’Israël.

L’exposition a suscité la condamnation farouche de certains groupes juifs, dont le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA).

« De tels contenus unilatéraux et guidés par un agenda politique peuvent contribuer aux discriminations, à l’intimidation et même à des agressions envers des étudiants juifs », a écrit le groupe sur X la semaine passée. « Le gouvernement fédéral doit demander des comptes à la direction du MCDP en raison de cette façon de faire aberrante. »

L’unique membre juif du conseil d’administration du musée, Mark Berlin, a d’ailleurs été tellement contrarié par cette exposition qu’il a démissionné.

« Compte tenu du fait que le musée a maintenu cette exposition sous sa forme actuelle, malgré les inquiétudes répétées formulées par moi-même, des membres de la communauté juive et d’autres personnes, demandeuses d’une présentation plus équilibrée et complète, sur le plan historique, je ne peux plus, en toute conscience, continuer à siéger en tant qu’administrateur », a écrit Berlin dans sa lettre de démission datée du 22 juin dernier.

Dans cette lettre, Berlin soutient que l’exposition omet une partie du contexte, à savoir que « des centaines de milliers de Juifs des pays arabes » ont eux aussi été déplacés au moment de la guerre d’indépendance de 1948.

« Un récit détaché des faits environnants n’est pas la vérité, c’est juste un récit », poursuit Berlin. « Le musée a l’obligation légale et morale de dire toute la vérité, et non de la sacrifier sur l’autel de la politique. »

Le musée a vigoureusement défendu son exposition.

Dans une déclaration à la Jewish Telegraphic Agency, Isha Khan, la directrice du musée, a affirmé que « le fait de se concentrer, dans cette exposition, sur les violations des droits humains subies par les Canadiens d’origine palestinienne ne nie pas les violations des droits humains subies par le peuple juif. »

« Le fait de donner à entendre l’histoire d’une communauté ne minimise en rien ce qu’a pu vivre une autre communauté », ajoute Khan avant de dire que l’exposition s’est attirée « des critiques mais aussi des soutiens de la part de Canadiens juifs. »

Plusieurs organisations juives progressistes du Canada, dont Voix juives indépendantes, le Réseau des professeurs juifs et l’Ordre uni du peuple juif, ont défendu l’exposition dans un communiqué conjoint, jeudi dernier, en expliquant qu’elle était le « fruit du dévouement, de la persistance, de l’attention et du plaidoyer, en particulier de la part de la communauté canado-palestinienne. »

« Nous sommes fiers de célébrer une institution canadienne qui a su rester ferme face aux critiques et pressions infondées, et qui a choisi de continuer avec intégrité », lit-on dans le communiqué. « Nous espérons que cette nouveauté historique, ainsi que l’inclusion de cette exposition au sein du Musée, va favoriser la sensibilisation, la réflexion et l’action. »

La polémique qui entoure cette exposition tombe au moment où les Juifs du Canada sont, depuis des mois, la cible d’actes antisémites : le dernier en date a eu lieu en mars dernier, lorsque des coups de feu ont été tirés sur trois synagogues des environs de Toronto.

En 2025, 6 800 actes antisémites ont été recensés au Canada, en hausse de 9 % par rapport à 2024, selon l’audit annuel des actes antisémites du Bnai Brith.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.