Israël en guerre - Jour 281

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Colère après qu’Israël a relâché 55 détenus à Gaza, dont le directeur de l’hôpital Shifa

Des élus se sont insurgés contre la libération de Mohammad Abu Salmiya que Netanyahu a qualifié de "grave erreur" qui va faire l'objet d'une enquête immédiate

Mohammad Abu Salmiya, directeur de l'hôpital Shifa, de retour à Gaza après avoir été libéré par l'armée israélienne, le 1er juillet 2024. (Capture d'écran : X)
Mohammad Abu Salmiya, directeur de l'hôpital Shifa, de retour à Gaza après avoir été libéré par l'armée israélienne, le 1er juillet 2024. (Capture d'écran : X)

Les médias palestiniens ont annoncé qu’Israël avait remis en liberté 55 détenus palestiniens qui sont repartis dans la bande de Gaza, avec parmi eux le directeur de l’hôpital Shifa Mohammad Abu Salmiya.

Abu Salmiya avait été arrêté par les soldats israéliens, au mois de novembre, soupçonné d’avoir permis au groupe terroriste palestinien du Hamas d’utiliser son établissement hospitaliser comme centre d’opération.

Des images qui ont été postées par les médias palestiniens montrent Abu Salmiya être accueilli à son retour au sein de l’enclave côtière.

Israël relâche régulièrement des prisonniers gazaouis, après avoir déterminé qu’ils ne peuvent être soupçonnés d’activités terroristes.

Des ministres ont fait part de leur indignation suite à cette libération.

Selon le site Walla, plusieurs hauts-responsables du gouvernement ont fait part de leur colère dans un groupe de messagerie WhatsApp.

Amichaï Chikli, qui est ministre des Affaires de la Diaspora, a écrit : « Pourquoi cet homme, à la tête d’un hôpital où des otages ont été assassinés et d’où un centre de commandement du Hamas menait ses opérations, a-t-il été relâché ? »

La ministre des Implantations Orit Strouk a renchéri : « Il est impensable de faire quelque chose de pareil sans réunion du cabinet. Je m’interroge sérieusement, sous quelle autorité cette libération a-t-elle été décidée ? »

Et le ministre des Communications Shlomo Karhi a ajouté : « Israël a besoin d’un nouveau leadership sécuritaire et le plus tôt sera le mieux. »

Réagissant à la nouvelle de cette remise en liberté, Avi Marciano, le père de Noa Marciano, une soldate qui avait été assassinée après avoir été prise en otage, a écrit que « Noa a été abandonnée avant le 7 octobre – dans la mesure où personne ne l’a écoutée ». « Elle a été abandonnée le 7 octobre, quand personne n’est venu pour la sauver. Et elle a été abandonnée après, quand Israël n’a pas fait suffisamment pour garantir qu’elle reviendrait à la maison en vie. »

« Et aujourd’hui, sept mois après son enterrement, Israël décide de libérer l’homme qui a été indirectement responsable de son meurtre. Je suis désolé, ma petite fille, que même aujourd’hui, tu sois ainsi abandonnée. »

L’armée israélienne avait annoncé que la caporale Marciano, qui était âgée de 19 ans, avait été gardée en otage dans un appartenant proche de l’hôpital Shifa et qu’elle y avait été emmenée avant d’y être assassinée.

La Cpl. Noa Marciano. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a appelé le gouvernement à démissionner, estimant qu’Israël « ne peut pas continuer à faire la guerre » de cette manière.

« Un gouvernement qui libère ceux qui ont abrité les meurtriers du 7 octobre et aidé à cacher nos otages a commis une erreur opérationnelle morale et éthique et n’est donc pas apte à mener notre guerre existentielle et doit rentrer chez lui », a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant que « celui qui a pris la décision a manqué de jugement et devrait être démis de ses fonctions aujourd’hui ».

« Monsieur le Premier ministre, si vous fermez certains ministères, je suis sûr que de l’espace et des budgets seront libérés pour les prisons. Vous ne pouvez pas continuer à faire la guerre de cette façon. »

« Il est temps de fixer une date d’élection convenue », a insisté Gantz.

Ronen Bar, chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, assistant à une cérémonie de commémoration de la Shoah, au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, le 5 mai 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

En réponse au tollé, l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet a déclaré lundi matin qu’elle avait été contrainte de renvoyer les prisonniers dans la bande de Gaza en raison d’un manque de place dans les prisons israéliennes et de projets visant à supprimer progressivement l’utilisation du centre de détention de Sde Teiman.

L’agence a expliqué qu’une décision avait été prise récemment de ne garder les détenus palestiniens à Sde Teiman que pour de courtes périodes et que, de ce fait, l’agence et Tsahal avaient été obligées de libérer des dizaines de détenus pour faire de la place à des suspects de terrorisme plus importants.

« Depuis environ un an, le Shin Bet met en garde dans tous les forums possibles […] contre la crise de l’incarcération et la nécessité d’augmenter le nombre de [cellules], compte tenu de la nécessité d’arrêter des terroristes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza », a déclaré l’agence dans un communiqué.

« La crise de l’incarcération conduit quotidiennement à l’annulation de l’arrestation de suspects impliqués dans des activités terroristes et nuit directement à la sécurité de l’État », a poursuivi le Shin Bet, ajoutant que la nuit précédente, plusieurs arrestations prévues de Palestiniens recherchés, y compris ceux qui planifient des attaques terroristes, avaient été annulées.

« Malheureusement, ces demandes, qui ont été transmises à toutes les parties concernées, notamment au ministre de la Sécurité nationale, qui est responsable de cette question, n’ont pas été prises en compte et, dans la pratique, le nombre de [cellules] n’a pas augmenté comme il le fallait », a déploré l’agence de sécurité intérieure, en faisant référence à Itamar Ben Gvir.

Le Shin Bet a souligné qu’il n’était pas favorable à la libération des détenus palestiniens de Cisjordanie, en raison de la crainte « immédiate » qu’ils ne recommencent à commettre des attentats, ainsi que des membres de l’unité dite « Nukhba » (« élite » en arabe) du groupe terroriste palestinien du Hamas et d’autres terroristes gazaouis impliqués dans les combats et les attaques contre les civils.

L’agence a indiqué que conformément aux « besoins de l’État déterminés par le Conseil de sécurité nationale », il a été décidé de libérer plusieurs détenus qui ne représentaient pas une menace significative. Le Shin Bet a déclaré que la libération a été effectuée après « avoir examiné le danger perçu de tous les détenus ».

Elle a déclaré qu’Abu Salmiya « remplissait toutes les conditions [de libération] par rapport au niveau de danger qu’il représente », tout en précisant qu’il enquêterait sur la décision de le libérer.

« En l’absence d’une solution immédiate à la crise de l’espace carcéral, les arrestations continueront d’être annulées et les détenus continueront d’être libérés », a ajouté le Shin Bet.

Pour leur part, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont tous deux pris leurs distances par rapport à cette libération.

« La procédure d’incarcération des prisonniers de sécurité et leur libération relèvent du Shin Bet et de l’Administration pénitentiaire israélienne et ne sont pas soumises à l’approbation du ministre de la Défense », a déclaré le bureau de Gallant.

Le Shin Bet est sous la juridiction du bureau du Premier ministre, tandis que l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) est sous la responsabilité du ministère de la Sécurité nationale d’Itamar Ben Gvir.

Le bureau de Netanyahu a déclaré que « la décision de libérer les prisonniers faisait suite à des discussions à la Haute Cour sur un recours déposé contre la détention de prisonniers dans le centre de détention de Sde Teiman ».

« L’identité des prisonniers libérés est déterminée de manière indépendante par les responsables de la sécurité sur la base de leurs considérations professionnelles », poursuit la déclaration.

Le bureau du Premier ministre a ajouté que Netanyahu avait ordonné une enquête immédiate sur cette affaire.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid participant à une manifestation appelant à la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza et contre le gouvernement israélien actuel devant les quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 15 juin 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Les nouvelles de ce matin et le chaos au sein du gouvernement concernant la libération du directeur de l’hôpital Shifa sont la continuation directe de l’insouciance et du dysfonctionnement du gouvernement israélien qui porte atteinte à la sécurité des citoyens israéliens », a accusé le chef de l’opposition Yair Lapid.

« Le ministre de la Défense ‘ne savait pas’, le ministre de la Sécurité nationale ‘n’était pas impliqué’, [il y a] un échange d’accusations. Tout est divulgué. C’est à cela que ressemble la désintégration morale et fonctionnelle », a-t-il estimé.

Quant à Abu Salamiya, il s’est dit « surpris » que les membres du gouvernement israélien n’aient pas su qu’il avait quitté la prison.

Dans une première déclaration aux journalistes locaux à Gaza, Abu Salamiya a indiqué qu’il avait été libéré sans condition et sans inculpation.

Il a également affirmé qu’il lui avait été interdit de rencontrer des avocats pendant sa détention au centre Sde Teiman, en Israël, et qu’aucune organisation internationale ne lui avait rendu visite, ni à aucun autre prisonnier.

Abu Salmiya a été arrêté en novembre 2023, il y a environ 7 mois, alors qu’il se déplaçait vers le sud le long du corridor humanitaire à Gaza, a rapporté la Douzième chaîne. Selon l’armée et le Shin Bet, Abu Salmiya a été arrêté en raison de preuves selon lesquelles l’hôpital Shifa servait de quartier général au Hamas.

L’ancien directeur a en outre affirmé qu’il a été soumis à la torture et à la privation de nourriture, et que les prisonniers ne reçoivent pas de médicaments. L’IPS n’a pas répondu à une demande de commentaire.

La libération du directeur de l’hôpital Shifa a été « une grave erreur et un échec éthique », a déclaré plus tard Netanyahu.

Le Dr. Mohammad Abu Salmiya, directeur de l’hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza, donnant un point de presse concernant les répercussions de la pénurie de carburant sur l’hôpital, le 1er novembre 2023. (Crédit : HO/Hamas Media Office/AFP Photo)

« Cet homme, sous la responsabilité duquel nos otages ont été détenus et assassinés, doit être emprisonné », a poursuivi Netanyahu dans un communiqué.

Lundi matin, Netanyahu a ordonné l’ouverture d’une enquête sur la manière dont la libération s’est déroulée, a-t-il précisé. Le directeur du Shin Bet, Ronen Bar, présentera ses conclusions au Premier ministre ce mardi, a déclaré le bureau de Netanyahu.

Le Premier ministre a souligné que la décision de libérer Abu Salmiya avait été prise à l’insu de l’échelon politique et des responsables des agences de sécurité.

Netanyahu a également annoncé créer un organe inter-agences – composé du ministère de la Défense, de Tsahal, du Shin Bet et du Conseil de sécurité nationale – chargé d’approuver la libération des prisonniers dont l’interrogatoire est terminé.

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