Conseil de Paix : « Nous n’aurons aucune influence sur Netanyahu avant la fin des élections »
Un responsable a déclaré au ToI que le Premier ministre ferait campagne en affichant son mépris face aux pressions, mais que l’instance retrouverait son influence après le 27 octobre, quel que soit le vainqueur
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON — Le Conseil de Paix ne dispose actuellement d’aucun moyen de pression pour influencer le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’approche des élections à la Knesset prévues le mois prochain, a déclaré mercredi au Times of Israel un responsable de l’instance contrôlée par les États-Unis chargée de superviser la gestion d’après-guerre de Gaza.
Netanyahu a largement coopéré avec les efforts du Conseil de Paix au cours de l’année écoulée, mais cette coopération a complètement cessé il y a deux mois, lorsque la campagne électorale a officiellement été lancée, a déclaré ce responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat en marge de la conférence MEAD à Washington.
Le Conseil de Paix espérait commencer à mettre en œuvre sa proposition de désarmement du Hamas après que le groupe terroriste l’a approuvée le 30 juillet, mais l’initiative est dans l’impasse en raison de l’opposition d’Israël à ce plan.
Même si le Conseil de Paix souhaiterait exercer une pression plus forte sur Netanyahu pour qu’il se rallie à sa cause, il est parvenu à la conclusion que le Premier ministre est « à 100 % en mode campagne », a fait valoir le responsable.
Des menaces, voire des sanctions concrètes, ne parviendraient pas à le convaincre de coopérer avec le Conseil de Paix ; au contraire, elles aideraient le Premier ministre dans sa campagne en lui permettant d’affirmer qu’il a résisté à la pression américaine visant à le pousser à « capituler » face au Hamas, a expliqué ce responsable.
Après l’annonce par le Conseil de Paix de l’approbation par le Hamas de son plan de désarmement, le chef de Yashar, Gadi Eisenkot, a saisi cette occasion pour attaquer Netanyahu, l’accusant d’avoir acquiescé à une initiative qui maintiendrait le groupe terroriste au pouvoir.
Le responsable du Conseil de Paix s’est fermement opposé à ces interprétations de la proposition de désarmement, faisant valoir que le plan confère toujours à Israël le droit de reprendre des opérations militaires intensives contre le Hamas si le groupe terroriste ne remet pas ses armes.
De plus, ce responsable a laissé entendre que bon nombre des rivaux de Netanyahu, qui utilisent le plan de désarmement pour l’attaquer, soutiendraient eux-mêmes la proposition s’ils étaient au pouvoir.
« Si ses rivaux politisent la question, on ne peut pas vraiment s’attendre à ce que Bibi agisse différemment », a déclaré une deuxième source proche du dossier.
L’influence du Conseil de Paix sur Israël reviendra après les élections, quel que soit le vainqueur, a insisté le responsable de cette instance contrôlée par les États-Unis.
À ce moment-là, quel que soit le Premier ministre en fonction, celui-ci ne voudra pas payer le prix de bloquer une initiative menée par les États-Unis et bénéficiant d’un soutien international aussi large, a affirmé le responsable.
Il a cependant ajouté que le Conseil pouvait toujours faire avancer d’autres volets de son plan en vingt points pour la reconstruction de Gaza, notamment la remise en état des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, ainsi que la mise en place d’un nouveau système scolaire pour la bande de Gaza.
Le responsable du Conseil de Paix a également souligné que le Hamas, lui aussi, agissait à l’encontre de la proposition de désarmement en continuant à déployer des terroristes armés dans les rues de Gaza, dans le cadre de démonstrations de force qui vont à l’encontre des demandes des pays médiateurs du Moyen-Orient.
Une fois la campagne électorale terminée, l’intérêt national reviendra au premier plan dans la prise de décision du Premier ministre, a déclaré ce responsable, laissant entendre que ce n’était peut-être pas le cas actuellement.
« La politique actuelle d’Israël est celle d’avant le 7-Octobre, qui consistait à essayer de maintenir le Hamas au pouvoir », a-t-il ajouté, affirmant qu’en empêchant la mise en œuvre du plan de désarmement du Conseil tout en s’abstenant de lancer une opération visant à vaincre le groupe terroriste du Hamas, Netanyahu prolonge de fait son règne à Gaza.
Un deuxième responsable du Conseil de Paix a souligné le refus d’Israël d’autoriser des milliers de recrues d’une nouvelle force de police palestinienne à quitter Gaza pour suivre une formation en Égypte, alors même qu’elles avaient déjà passé avec succès les contrôles israéliens visant à s’assurer qu’elles n’avaient aucun lien avec le Hamas.
« Ce blocage prolonge en réalité la présence à Gaza de la police du Hamas, armée d’AK-47 », a-t-il souligné.
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