COVID-19 : Ronni Gamzu prône le dépistage massif des Arabes israéliens
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COVID-19 : Ronni Gamzu prône le dépistage massif des Arabes israéliens

L'ex-responsable chargé de la lutte contre le coronavirus veut effectuer des campagnes de sensibilisation dans les villes arabes israéliennes où les cas se multiplient

Ronni Gamzu, responsable de la gestion du coronavirus, à la municipalité de Jérusalem le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Ronni Gamzu, responsable de la gestion du coronavirus, à la municipalité de Jérusalem le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien responsable chargé de la lutte contre le coronavirus en Israël, Ronni Gamzu, a appelé samedi à effectuer un plus grand nombre de tests de dépistage au sein de la communauté arabe.

Il a également indiqué vouloir élargir les enquêtes épidémiologiques et faire respecter les règles du port du masque obligatoire et du respect de la distanciation sociale dans certaines villes au vu des taux d’infection à la COVID-19 qui ne cessent d’augmenter dans ces territoires.

Gamzu se trouvait, samedi, dans la ville arabe israélienne de Fureidis, aux côtés de son successeur, Nachman Ash, ex-médecin en chef au sein de l’armée et directeur de la Division médicale à la caisse de santé Maccabi.

« On peut clairement constater qu’il y a une reprise de l’épidémie au sein de la communauté arabe. On la prend au début. Nous l’avions redoutée et aujourd’hui, nous la voyons apparaître », a-t-il déclaré, des propos qui ont été rendus publics par la presse israélienne.

Selon la Douzième chaîne, des chiffres du ministère de la Santé, révélés samedi soir, montrent que 20 % des tests de dépistage au coronavirus sont revenus positifs chez des Arabes israéliens qui étaient rentrés de Turquie – une destination prisée pendant les vacances au sein de la communauté – la semaine dernière.

Gamzu s’est exprimé peu après les funérailles d’un cheikh druze qui ont réuni plusieurs milliers de personnes dans la journée de samedi, enfreignant les directives du confinement qui limitent les rassemblements. Cette cérémonie en l’hommage de Sheikh Abu Zain Al-Din Hassan Halabi, dont la dépouille avait été illégalement extraite de l’hôpital, s’est tenue dans la ville frontalière de Majdal Shams, dans le Golan, une municipalité actuellement placée en confinement en raison du nombre de cas actifs qui y est enregistré et qui est actuellement le plus élevé au sein de l’Etat juif.

Gamzu a vivement recommandé à tous ceux qui se sont rendus aux funérailles de se faire tester, exprimant sa crainte face à une potentielle épidémie dans les villes druzes. Les Druzes israéliens, qui appartiennent à un courant de l’islam chiite vieille de mille ans, sont environ 145 000 et ils vivent principalement dans le nord du pays.

Les membres de la communauté druze lors des funérailles de Sheikh Abu Zain Al-Din Hassan Halabi, dans la ville frontalière de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 30 octobre 2020. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Les responsables gouvernementaux avaient tenté d’empêcher la cérémonie de funérailles en raison du taux de morbidité déjà élevé à Majdal Shams et les parties concernées avaient travaillé sur un compromis, qui aurait permis d’organiser l’hommage dans un gymnase en plein air en présence d’un nombre limité de personnes. Mais les opposants au compromis étaient entrés dans l’hôpital de Ziv avant que l’accord ne soit formellement conclu.

Les résidents druzes de Majdal Shams et du Golan sont d’origine syrienne et sont des résidents permanents d’Israël sans pour autant bénéficier de la citoyenneté au sein de l’Etat juif – ce qui n’est pas le cas des Druzes d’autres secteurs du pays, qui ont grandement contribué à la sécurité israélienne.

Gamzu a critiqué le faible nombre de tests de dépistage effectués dans les communautés arabes, affirmant qu’il était nécessaire de mener des enquêtes épidémiologiques au sein de cette population dans les meilleurs délais.

« Malheureusement, le pourcentage de tests dans la communauté arabe, si on le ramène par tête, est devenu le plus faible depuis deux semaines dans le pays… Je veux que tous les membres de la communauté arabe se fassent dépister cette semaine. Cette semaine, nous allons consacrer toutes nos ressources à la communauté arabe. Nous allons renforcer les enquêtes et les tests et nous allons mettre en place des campagnes de sensibilisation », a-t-il ajouté.

Illustration : Une femme est en poste à un point de contrôle improvisé dans le village druze de Majdal Shams dans le plateau du Golan, le 9 avril 2020. (JALAA MAREY / AFP)

Concernant les enquêtes épidémiologiques, il a estimé que « même si nous parvenons à identifier 200 à 250 cas en les localisant précisément, il y a actuellement des milliers de personnes infectées dans les communautés arabes. La majorité d’entre elles est asymptomatique. L’épidémie peut se développer comme ça, en finissant par entraîner de nombreuses formes graves de la maladie, de nombreux morts. Il faut empêcher cela – et le meilleur moyen de le prévenir, c’est de se faire dépister ».

Gamzu a attribué la responsabilité de cette recrudescence de l’épidémie aux rassemblements massifs et aux mariages, demandant le report de ces cérémonies nuptiales. « Il est impossible de sécuriser un mariage. C’est le rassemblement le plus dangereux. La police doit mener des opérations pour empêcher la tenue des mariages », a-t-il continué.

Les ministres du gouvernement ont décidé, vendredi, d’imposer un confinement local d’une semaine dans la localité arabe israélienne de Bueine Nujeidat, dans le nord du pays, et de prolonger celui qui est imposé à Majdal Shams en raison de leurs taux d’infection élevés.

Lors d’une réunion organisée après la décision prise par le cabinet dit « du coronavirus », vendredi matin, de lever une série de restrictions sur diverses entreprises, la semaine dernière, et alors que certains petits élèves reprennent le chemin des écoliers, la Commission ministérielle chargée de déterminer les secteurs dont l’accès est restreint a décidé d’imposer de fortes limitations à ces deux villes jusqu’à jeudi prochain.

S’exprimant lors de la rencontre du cabinet dit « du coronavirus », Gamzu a indiqué que sept villes présentant un taux d’infection élevé – la majorité de ces localités sont principalement arabes israéliennes – pourraient devoir être soumises à des confinements similaires : Taybeh, Kafr Kanna, Manar, Deir al-Asad, Kafr Kassem, Kafr Qara et Ibillin.

En plus de la fermeture de presque toutes les entreprises, des restrictions sur l’entrée et la sortie de Bueine Nujeidat et de Majdal Shams seront mises en place. La réouverture des écoles pour les petits élèves des classes de CP à CM1 sera reportée dans les deux municipalités mais les crèches, qui avaient rouvert la semaine dernière, continueront à accueillir les enfants.

Israël était entré en confinement le 18 septembre – un confinement qui aura permis de faire baisser des taux d’infection qui avaient grimpé en flèche dans le pays mais qui aura également paralysé une grande partie de l’économie et de la vie publique, en plus de fermer le système éducatif tout entier.

Alors que les chiffres relatifs à la pandémie continuent à baisser, les ministres du cabinet du coronavirus ont décidé que les synagogues pourraient rouvrir dès dimanche mais que les magasins resteraient fermés au moins jusqu’au 8 novembre.

Le ministère de la Santé avait fait savoir, vendredi matin, que 1,8 % des 36 318 tests réalisés jeudi étaient revenus positifs – ce qui est le taux de positivité le plus faible depuis le mois de juin.

La baisse générale du nombre de tests réalisés au cours des dernières semaines inquiète néanmoins les responsables de la Santé.

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