Israël en guerre - Jour 232

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Des cartes postales antisémites qui ont sauvé une famille juive

Après avoir reçu les courriers, la famille, sentant le danger venir, a fui en 1935 pour la Terre d’Israël - un départ les sauvant très certainement des camps nazis et de la mort

L’une des cartes postales antisémites reçues par la famille Feibelmann en 1934. (Crédit : collection Feibelmann)
L’une des cartes postales antisémites reçues par la famille Feibelmann en 1934. (Crédit : collection Feibelmann)

Jusqu’à 1933, Yakov Feibelmann, qui possédait une usine de papier aluminium, et sa famille s’épanouissaient en Allemagne. Ils vivaient à Memmingen, dans le sud du pays. Puis, les choses se sont vite gâtées avec l’arrivée des nazis au pouvoir.

Sa petite-fille, Amira Korin, une retraitée de 75 ans qui était conseillère d’orientation et qui réside à Herzliya, en témoigne aujourd’hui.

Au journal Haaretz, elle a montré une partie de la collection de cartes postales qu’ont reçu l’homme et sa famille. Les courriers anonymes comportaient de nombreuses insultes et remarques antisémites, des croix gammées et des extraits d’articles du journal antisémite Der Stürmer, un hebdomadaire devenu symbole de la propagande nazie.

Face à ces menaces, l’homme a décidé, en 1935, de partir avec sa femme et leurs enfants.

Après avoir vendu son usine et leur maison – à perte, explique sa petite-fille –, ils ont fui pour la Terre d’Israël, alors sous mandat britannique. Ils ont amené avec eux leurs meubles, leurs affaires, leurs albums photos, et ces cartes postales antisémites qui les ont fait fuir – un départ les sauvant très certainement des camps nazis et de la mort.

La famille Feibelmann à Tel Aviv. (Crédit : collection Feibelmann)

Il reste indéterminé pourquoi l’homme a voulu emporter dans sa nouvelle vie ces courriers antisémites – se rendait-il déjà compte de leur potentiel de valeur historique, avant même que la Shoah ne commence, ou comptait-il plus tard essayer de retrouver et de poursuivre leur auteur ?

Après leur départ d’Allemagne, la famille Feibelmann a possédé une ferme, puis est venue s’installer à Tel Aviv, dans le quartier de Nahalat Yitzhak.

C’est là qu’est née Amira Korin en 1948, après le mariage d’une des filles Feibelmann, Maria, avec un dénommé Yair Shohat. Le jeune couple vivait avec les parents Feibelmann. Maria et Yair ont nommé leur fille en mémoire d’Amiram Shohat, frère de Yair, mort en mer lors d’une opération du Palmach en 1941.

Alors qu’une partie des cartes postales antisémites ont été léguées au musée-mémorial de Yad Vashem, et peuvent être consultées parmi ses archives en ligne, les autres ont été conservées par Amira Korin.

« Les cartes postales sont la preuve du combat psychologique menée par des personnes guidées par le système », a déclaré son mari, Hilik, à Haaretz. « Il s’agit de preuves solides qui pourraient être utilisées contre les négationnistes de la Shoah, et une source historique qui documente l’ensemble du processus, depuis le moment où la haine a éclaté jusqu’à la Shoah. »

La couverture du catalogue de l’exposition « Feibelmann muss weg ». (Crédit : Hentrich & Hentrich)

Ces dernières années, les historiens allemands de la Shoah se sont aussi intéressés aux documents de la famille. Avec le musée juif Augsburg Schwaben, ils ont ainsi organisé une exposition itinérante, « Feibelmann muss weg » (« Les Feibelmann doivent partir »), qui vient de se terminer au musée municipal de la ville de Memmingen. Celle-ci devrait maintenant être présentée ailleurs dans le pays.

Un catalogue de l’exposition, qui reprend le même nom, a aussi été publié.

Yakov Feibelmann a toujours refusé de remettre le pied en Allemagne après la Shoah. Il est décédé en 1972.

Sa petite-fille, Amira Korin, a elle participé avec son mari au vernissage de l’exposition à Memmingen l’été dernier. Ils en ont aussi profité pour visiter la maison de son aïeul, en cours de rénovation. « J’ai traversé le salon et j’ai vu le sol, qui n’avait pas été remplacé depuis cette époque », a-t-elle déclaré à Haaretz. « C’est là que ma mère a joué. »

Le couple est retourné la semaine dernière en Allemagne, où une cérémonie de pose de Stolpersteine a eu lieu devant la maison de Memmingen, celle que la famille avait quittée à cause des cartes postales antisémites reçues à la même adresse.

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