Des milliers d’Israéliens pro-démocratie et anti-Netanyahu sur la place Rabin
Rechercher

Des milliers d’Israéliens pro-démocratie et anti-Netanyahu sur la place Rabin

Les manifestants semblent tout faire pour garder une distance sociale, selon des photographies

Des centaines d'Israéliens pro-démocratie et anti-Netanyahu sur la place Rabin, le 19 avril 2020. (Crédit : Josh Breiner, capture d'écran Twitter)
Des centaines d'Israéliens pro-démocratie et anti-Netanyahu sur la place Rabin, le 19 avril 2020. (Crédit : Josh Breiner, capture d'écran Twitter)

Des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche soir sur la place Yitzhak Rabin à Tel Aviv pour une manifestation « drapeau noir » pro-démocratie et contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Munis de masques de protection et vêtus majoritairement de noir, les protestataires se sont tenus à deux mètres de distance les uns des autres, respectant ainsi les mesures de distanciation sociale en vigueur pour lutter contre la pandémie de Covid-19 qui a officiellement contaminé en Israël plus de 13.000 personnes, dont 173 sont décédées.

« Laissez la démocratie gagner », pouvait-on lire sur des pancartes. « Ministre du crime », ont écrit d’autres manifestants sur leurs masques, agitant des drapeaux noirs, symbole pour eux des menaces sur la démocratie israélienne.

Une manifestation avait eu lieu jeudi dernier sur la place Habima, à Tel Aviv, réunissant, selon les organisateurs, quelque 2 000 personnes.

« Les citoyens d’Israël prouvent aujourd’hui que la démocratie israélienne refuse de subir un coup d’État sous le prétexte du coronavirus », avait alors déclaré un organisateur. « Nous ne soutiendrons pas un gouvernement dont le Premier ministre est accusé de corruption, d’escroquerie et d’abus de confiance. Nous ne pouvons pas permettre une situation dans laquelle ce même accusé joue un rôle dans la nomination des enquêteurs, des procureurs et des juges dans l’État d’Israël ».

Israël est dirigé par un gouvernement intérimaire depuis décembre 2018, lorsque la 20e Knesset a été dissoute. Depuis, trois élections consécutives ont échoué, jusqu’à présent, à permettre la mise en place d’une nouvelle coalition – ce qui a mené à la pire crise politique connue par l’État juif depuis sa fondation.

Le chef centriste Benny Gantz mène actuellement des négociations en vue de former un gouvernement d’unité avec le Likud de Netanyahu, une initiative qui a notamment entraîné la dissolution de l’alliance centriste Kakhol lavan, avec le départ de ses anciens alliés Lapid et Moshe Yaalon.

Netanyahu fait face à des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires.

Ce rassemblement vise aussi à marquer leur opposition aux pourparlers en cours entre Gantz et Netanyahu.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

S’adressant à la manifestation à Tel Aviv, le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, qui a récemment proposé un gel politique de six mois, a accusé Netanyahu d’avoir détruit la démocratie israélienne et son ancien allié Benny Gantz de l’avoir laissé faire.

« Ils se battent pour entrer au gouvernement », a-t-il dit à propos de son ancien partenaire. « Se raconter des histoires. Ils disent : « Nous nous battrons de l’intérieur. » Vous ne vous battrez pas de l’intérieur. Vous ne combattez pas la corruption de l’intérieur. Si vous êtes à l’intérieur, vous en faites partie.

« Une personne mise en accusation ne peut pas nommer un chef de police, un procureur de la République, un procureur général, les juges qui traiteront son cas. C’est la liste des demandes de Netanyahu. Ceux qui cèdent à ces exigences ne sont pas une voix opposée, ils ne sont que de la décoration… »

« C’est ainsi que les démocraties meurent au 21e siècle. Ils ne sont pas anéantis par des chars envahissant le Parlement. Ils meurent de l’intérieur. Il y a cinq ans, la Turquie était encore une démocratie qui fonctionnait. Il y a quatre ans, la Hongrie était encore une démocratie. Elles sont mortes de l’intérieur. Parce que les bonnes personnes étaient silencieuses et les faibles se sont rendus. »

Il a promis qu’il « ne se rendra jamais ».

Alors que les pourparlers d’unité entre Gantz et Netanyahu se poursuivent, Lapid se moque de l’effort.

« Le gouvernement en cours de formation n’est pas un gouvernement d’urgence ni un gouvernement d’unité nationale. Il s’agit du cinquième gouvernement Netanyahu. Lors des négociations, ils n’ont même pas parlé du coronavirus. Ils n’ont pas parlé de l’économie. Ils ont parlé d’eux-mêmes. De leur travail. Ceux qui ont rompu Kakhol lavan et nous ont fraudé vont s’asseoir sous [la responsabilité d’] un homme inculpé de fraude. Ceux qui ont violé notre confiance vont s’asseoir sous [la responsabilité d’] un homme inculpé pour abus de confiance. Ceux qui ont été corrompus avec des emplois et des avantages vont s’asseoir sous un homme inculpé de corruption. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...