Yair Lapid propose un gel politique de six mois
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Yair Lapid propose un gel politique de six mois

Pour sa part, Moshe Yaalon estime que le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, n'était pas taillé pour occuper le poste de Premier ministre

Les leaders de Yesh Atid-Telem Yair Lapid à droite, et Moshe Yaalon à une réunion à la Knesset, le 24 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les leaders de Yesh Atid-Telem Yair Lapid à droite, et Moshe Yaalon à une réunion à la Knesset, le 24 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader de la faction Yesh Atid-Telem, Yair Lapid, a proposé jeudi un « gel politique » de six mois pour empêcher de nouvelles élections alors qu’Israël lutte actuellement contre la pandémie de coronavirus. Son allié Moshe Yaalon estime pour sa part que Benny Gantz n’était pas de taille à occuper le poste de Premier ministre en raison de sa volonté de prendre part à un gouvernement qui serait placé sous l’autorité de Benjamin Netanyahu.

Gantz mène actuellement des négociations en vue de former un gouvernement d’unité avec le Likud de Netanyahu, une initiative qui a entraîné la dissolution de l’alliance centriste Kakhol lavan, avec le départ de ses anciens alliés Lapid et Yaalon.

Israël est dirigé par un gouvernement intérimaire depuis le mois de décembre 2018, lorsque la 20e Knesset a été dissoute. Depuis, trois élections consécutives ont échoué, jusqu’à présent, à permettre la mise en place d’une nouvelle coalition – ce qui a mené à la pire crise politique connue par l’État juif depuis sa fondation.

« Au vu des événements des dernières vingt-quatre heures, de ceux, embarrassants, survenus au cours du dernier mois et de l’année passée, je veux faire une proposition devant cette chambre : assez de politique », a déclaré Lapid devant la plénière de la Knesset.

« Les gens n’ont pas suffisamment de nourriture à mettre sur la table. Les entreprises s’effondrent. Les malades sont en train de mourir dans les hôpitaux. Nous devons résoudre la crise entraînée par la pénurie de tests. Nous devons commencer à prendre en charge la crise économique parce que personne n’a véritablement commencé à s’y attaquer », a-t-il continué.

« Dans ces circonstances, la création d’un gouvernement corrompu et d’une taille démesurée est une catastrophe nationale. L’idée que nous allons nous diriger vers un quatrième scrutin est perturbante. C’est complètement déconnecté de la réalité », a-t-il dénoncé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, de Kakhol lavan, à une cérémonie de commémoration de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin à la Knesset, le 10 novembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Alors je vais faire une proposition que j’avais déjà formulée auparavant – une proposition simple et nette. Tout geler pendant six mois », a continué Lapid. « Dans six mois, on en reviendra à la même situation. Et pendant ces six mois, au lieu d’avoir à gérer des affaires politiques, nous œuvrerons à sauver l’économie, le système de santé et des vies. Pendant ces six mois, le gouvernement intérimaire continuera à assumer ses fonctions. Je pense que ce gouvernement est mauvais, mais il ne pourra pas faire tout ce qu’il veut parce que nous contrôlerons la Knesset. La Knesset aura un poids et elle aura une majorité. »

Il a ajouté que « un gel n’est pas idéal. Ce n’est pas ce que nous voulions. Mais c’est mieux qu’un gouvernement corrompu. Et c’est indéniablement mieux que de quatrièmes élections ».

Jeudi également, le leader de Telem, Yaalon, a attaqué Gantz dans un entretien accordé à la Douzième chaîne : « Il a naïvement cru qu’il faisait un sacrifice pour aider le pays, mais il se retrouve dorénavant face à un commandement cynique. »

« Netanyahu veut avoir la garantie qu’il ne finira pas devant un tribunal », a-t-il clamé, en évoquant la mise en examen du Premier ministre dans trois affaires de corruption. « Si au lieu de s’occuper du coronavirus, Gantz prend en charge l’immunité de Netanyahu, il est impossible d’envisager qu’il puisse prendre la direction du pays. »

« Malheureusement, Gantz ne peut pas être Premier ministre. Ce qui est arrivé ici, c’est un effondrement », a commenté Yaalon qui, comme Gantz, a été chef d’état-major de l’armée israélienne, alors qu’il était interrogé sur un possible accord d’unité imminent.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz s’exprime lors d’un événement électoral à Tel Aviv, le 17 février 2020. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)

Yaalon a indiqué que lui et Gantz échangeaient encore, indiquant qu’il espérait que le chef de Hossen LeYisrael « réalisait lentement la situation dans laquelle il s’est mis ».

Il a également rappelé que le bloc anti-Netanyahu était en mesure de former un gouvernement minoritaire avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie, à majorité arabe. Le bloc avait aussi prévu d’adopter une loi interdisant à un politicien mis en examen de devenir Premier ministre.

Deux anciens membres de Telem, la faction de Yaalon, Yoaz Hendel et Zvi Hauser, s’étaient opposés au plan. Ils ont depuis formé un nouveau mouvement — Derech Eretz — qui a rejoint Gantz dans ses initiatives visant à mettre en place un gouvernement d’unité.

Les membres de la Knesset Yoaz Hendel et Zvi Hauser de Kakhol lavan, le 29 avril 2019, avant l’ouverture de la session de la Knesset après les élections. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

« Je vois un problème dans la conduite de Hauser et de Hendel », a commenté Yaalon. « Ils m’ont attaqué parce que je comptais sur les Arabes, mais nous n’avions besoin d’eux que pour un vote, un vote qui aurait permis d’expulser l’accusé de la résidence du Premier ministre, rue Balfour. »

Coïncidence ou non, Hendel a publié un message sur Facebook quelques heures après l’interview, détaillant le point de vue de Derech Eretz et écrivant : « Il ne peut y avoir de partenariat possible établi avec des éléments qui ne reconnaissent pas Israël comme un État-nation juif et démocrate. »

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