Des insultes antisémites contre le rabbin de Grenoble dans un TGV
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Des insultes antisémites contre le rabbin de Grenoble dans un TGV

"Cet homme était visiblement très alcoolisé. Il était en ébullition. Il m’a traité d’’enculé’, il a ajouté ‘enculé de Gaza’ et ‘enculé de peuple d’Israël’", a expliqué le rabbin

Le rabbin de Grenoble Nissim Sultan en mars 2018 lors d'un colloque de la Fédération protestante de France. (Crédit : capture d'écran YouTube/Fédération protestante de France)
Le rabbin de Grenoble Nissim Sultan en mars 2018 lors d'un colloque de la Fédération protestante de France. (Crédit : capture d'écran YouTube/Fédération protestante de France)

Selon une information rapportée par le journal local Le Dauphiné, l’un des rabbins de Grenoble, Nissim Sultan, a été la cible d’insultes antisémites dans un train le conduisant à Paris.

Selon le journal, alors que le rabbin travaillait sur son ordinateur, le suspect a essayé d’engager la conversation avec lui avant de lui voler un document – un texte biblique en hébreu.

Sommé de lui rendre la feuille, l’individu s’est alors mis à l’insulter.

« Cet homme était visiblement très alcoolisé. Il était en ébullition. Il m’a traité d’’enculé’, il a ajouté ‘enculé de Gaza’ et ‘enculé de peuple d’Israël’, ‘vous êtes tous des enculés’. Il a dit également ‘sarkozyste de merde’ et d’autres insultes typiques du mec bourré comme on en croise souvent », a rapporté le rabbin.

« Sur le conseil des contrôleurs –  qui ont d’ailleurs magnifiquement géré la situation  –, je suis retourné à ma place. Tout s’est ensuite passé calmement. Le train a été stoppé en gare de Saint-Exupéry à Lyon et l’individu a été remis aux policiers », a-t-il ajouté. Là, Nissim Sultan a déposé plainte au poste de police de la gare pour « vol d’un document en hébreu et injure à caractère antisémite ».

Dans une interview à France Bleu Isère le mois dernier, Nissim Sultan expliquait que la communauté juive de Grenoble, ville alpine du sud-est de la France, aurait perdu la moitié de ses fidèles.

« C’est une tendance lourde depuis une bonne quinzaine d’années », expliquait-il. « La moitié de notre noyau dur de fidèles, (…) des familles jeunes avec des enfants ou des retraités (…), environ un millier de personnes » sont partis.

« Chaque tag éveille les consciences à une réalité plus globale qui fait qu’on craint pour ses enfants à l’école, dans la rue, » analysait le rabbin. « En tant que parents responsables, on prend donc les devants. »

En septembre 2018, des tags qualifiés d’antisémites avaient été inscrits sur les murs de la faculté de Grenoble.

La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait condamné « avec la plus grande fermeté » les tags antisémites visant le président de l’Université Grenoble-Alpes (UGA), découverts sur le campus grenoblois.

« Les graffitis antisémites ciblant Patrick Lévy sont inacceptables. Je les condamne avec la plus grande fermeté, tout comme les autres dégradations intervenues cette nuit. L’antisémitisme n’a pas sa place à l’université #ne rien laisser passer », avait alors tweeté Frédérique Vidal.

Parmi la dizaine de tags, l’un d’entre eux mentionnait « La rentrée, ça gaze(ra) ? ». Ils avaient été effacés dans la journée ayant suivi les faits.

L’agression du rabbin Sultan intervient dans un contexte marqué par une série d’évènements révélant l’antisémitisme qui touche le pays (rapport du ministère de l’Intérieur, agression d’Alain Finkielkraut, profanation de tombes juives, graffitiscourriers anonymes…).

En France, 541 actes antisémites ont été recensés en 2018 contre 311 l’année précédente – soit une hausse de 74 % –, selon le rapport publié par le ministère de l’Intérieur le mois dernier.

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