Des Juifs handicapés portent la kippa dans une campagne de pub canadienne
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Des Juifs handicapés portent la kippa dans une campagne de pub canadienne

Danny Laszlo et Daniel Propper se sont amusés de leurs heures de gloire dans une campagne pour la marque Roots, qui fait un clin d’œil à la gentillesse notoire des Canadiens

De gauche à droite: Sabrina Barell, Daniel Propper, Danny Laszlo, et Kathy Laszlo dans une photo de la campagne de Roots, Nice Together 2019. (Crédit : Barbara Stoneham/
De gauche à droite: Sabrina Barell, Daniel Propper, Danny Laszlo, et Kathy Laszlo dans une photo de la campagne de Roots, Nice Together 2019. (Crédit : Barbara Stoneham/

Danny Laszlo et Daniel Propper s’amusent à voir les gens les reconnaître grâce à leur photo présente en magasin ou en ligne. Ces deux Juifs de Toronto participent à une nouvelle campagne de fin d’année pour la célèbre marque canadienne de vêtements, de chaussures et de maroquinerie Roots.

Les deux Canadiens, qui souffrent d’un handicap, ne sont pas des mannequins classiques. Mais c’est exactement le genre d’individus que Roots recherchait pour sa campagne Nice Together 2019, qui met l’accent sur la diversité, l’inclusion et la solidarité.

« Nous présentons plus de 50 amis et clients de Roots et les liens qui les unissent. Bien que chaque personne dans l’histoire de la campagne soit unique, le point commun est qu’ils sont tous meilleurs et plus forts grâce à ceux qui les entourent et qu’ils contribuent par conséquent à la construction d’une communauté plus forte et plus connectée », a déclaré James Connell, responsable du commerce électronique et de l’expérience client chez Roots, au Times of Israel.

« Pour nous, les meilleurs moments des fêtes sont ceux où les amis, les familles et les communautés se réunissent. Il est facile d’être occupés et d’investir davantage dans nos appareils numériques que dans ceux qui nous entourent, surtout pendant les vacances. Nous avons senti que ce message nous rappelait que le monde est un meilleur endroit lorsque nous communiquons avec les autres et que nous sommes bien ensemble », ajoute-t-il.

« Nice together » est un clin d’œil évident à la réputation de gentillesse dont jouissent les Canadiens – que ce soit à l’échelle individuelle ou collective.

Danny Laszlo, 33 ans, et Daniel Propper, 39 ans, sont des amis de longue date. Ils se sont rencontrés par l’intermédiaire de DANI : Developing and Nurturing Independence, un organisme à but non lucratif de Toronto fondé en 2006. Son but est de donner l’occasion à des adultes de 21 ans et plus familier des difficultés physiques et/ou cognitives de participer pleinement en tant que membres appréciés de la communauté et de jouir d’une qualité de vie significative et digne. DANI a été fondée et est dirigée par des parents juifs et implique l’éducation juive et le respect de la casheroute, du Shabbat et des fêtes juives.

La mère de Danny, Kathy Laszlo, qui apparaît avec son fils dans certaines des images de Nice Together, est la co-fondatrice et directrice de DANI. Elle a expliqué au Times of Israel que l’organisation, qui a commencé avec une poignée de participants, s’est développée au cours des 13 dernières années et rend désormais service à 120 familles. La majorité des patients de DANI, qui sont âgés entre 20 et 40 ans, sont juifs. Et il s’avère que de nombreux membres du personnel professionnel de l’organisation sont israéliens.

DANI propose trois types de programmes : les programmes de jour, les programmes d’emploi assisté et les programmes récréatifs. Les activités comprennent l’art, le théâtre, l’alphabétisation des adultes et l’apprentissage du judaïsme et de l’hébreu. Certains clients travaillent dans des entreprises de la communauté de Toronto avec du soutien. D’autres travaillent chez DANI dans ses unités d’entreprises sociales, qui contribuent à générer des revenus pour soutenir la programmation de l’organisation. Les sept entreprises sociales, qui offrent une formation professionnelle, vont d’un café à l’exploitation d’un centre événementiel en passant par la culture de micro-pousses pour la vente aux restaurants.

Kathy Laszlo s’est dite surprise lorsqu’un ancien bénévole de DANI, qui travaille maintenant pour Roots, a appelé son fils et son ami pour les inviter à participer à la nouvelle campagne.

Daniel Propper (g) et Danny Laszlo dans une photo de la campagne de Roots, Nice Together 2019. (Crédit : Barbara Stoneham/

« Quand j’ai entendu dire que c’était une campagne pour les fêtes, j’ai pensé que c’était axé Noël. J’étais sûr qu’ils changeraient d’avis quand je leur ai rappelé que mon fils Danny porte toujours une kippa », se souvient-elle, faisant référence à la calotte que portent les hommes juifs pratiquants.

« Il s’est avéré que lorsqu’ils ont entendu parler de la kippa, ils ont dit que c’était encore mieux ».

Le tournage de la campagne, réalisée plus tôt cet automne par la photographe canadienne Barbara Stoneham, était initialement prévu un samedi, ce qui aurait été impossible pour la famille Laszlo, qui respecte le Shabbat. (Le contenu vidéo a été créé en partenariat avec l’agence The Garden Collective basée à Toronto.)

« Ils l’ont gentiment reporté à dimanche et ont commandé de la nourriture casher pour nous. La sœur de Daniel, Sabrina Barell, est aussi venue. C’était une journée très amusante », se réjouit Kathy Laszlo.

Selon James Connell, tout le monde dans la campagne est un « ami de Roots ». Par là, il entend un ami ou un ami d’un ami d’un employé de Roots.

Daniel Propper (g) et Danny Laszlo dans une photo de la campagne de Roots, Nice Together 2019. (Crédit : Barbara Stoneham/
autorisation Roots)

« Il s’agit d’un groupe incroyable de personnes d’âges, de milieux et d’expériences de vie différents qui représentent une petite partie de la communauté que Roots a bâtie autour de la marque. Lorsque mon équipe a entendu parler de Danny et Daniel, elle a été très inspirée par leurs histoires et leur lien avec DANI, qui aide à développer et à favoriser l’autonomie des adultes handicapés », a déclaré Connell.

Laszlo estime que c’était une « idée de génie » d’utiliser « des gens ordinaires avec de vraies histoires » plutôt que des mannequins professionnels. Selon elle, cela aidera la campagne et son message positif à se propager plus rapidement et plus largement.

Selon Connell, la campagne multimédia met l’accent sur le numérique. « Vous verrez les histoires racontées dans nos magasins et sur nos chaînes numériques en Amérique du Nord et en Asie. De plus, nous organisons des expositions photo tout au long de la période des fêtes dans notre succursale de la rue Bloor à Toronto et dans notre magasin de l’avenue Michigan à Chicago, afin de présenter les photographies intimes et les histoires personnelles de manière plus étendue », a-t-il ajouté.

Kathy Laszlo a dit que son fils est fier de participer à la campagne, qu’il en a parlé aux gens et qu’il profite de l’attention que cette occasion inattendue lui a apportée.

« Et ils lui ont donné une carte-cadeau Roots. Il s’est déjà acheté une belle veste avec, » a-t-elle ajouté.

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