Des Juifs hongrois célèbreront Rosh HaShana sur le Danube en raison du virus
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Des Juifs hongrois célèbreront Rosh HaShana sur le Danube en raison du virus

Alors que les contaminations grimpent en Europe, les fidèles en Hongrie et en France sont contraints de faire face aux restrictions gouvernementales

Des Juifs hongrois installés devant la synagogue Obouda à Budapest ont préparé des challah, 2018. (Zsolt Demecs/Autorisation EMIH via JTA)
Des Juifs hongrois installés devant la synagogue Obouda à Budapest ont préparé des challah, 2018. (Zsolt Demecs/Autorisation EMIH via JTA)

JTA – Lorsque Rosh HaShana commencera ce vendredi soir, aucun des 100 000 Juifs de Hongrie ne sera dans une synagogue. Ils seront plutôt à bord d’un bateau sur le Danube, sous des tentes et sur le pont d’un hôtel flottant – des endroits choisis pour permettre la prière en plein air pendant la pandémie de coronavirus.

La Hongrie et de nombreux autres pays européens connaissent une recrudescence des infections au coronavirus, et leurs gouvernements renforcent les mesures d’urgence destinées à stopper la propagation de la maladie au moment précis où les Juifs se préparent à célébrer les grandes fêtes.

Le gouvernement hongrois a interdit toute activité de culte dans les églises, les synagogues et les mosquées la semaine dernière, le pays ayant commencé à enregistrer environ 1 000 nouveaux cas de COVID-19 par jour.

Mercredi, des ouvriers du bâtiment et des bénévoles ont commencé à mettre en place une vingtaine de sites en plein air dans la capitale, Budapest. La tente géante a été érigée jeudi devant la synagogue Obouda, un bâtiment de style Empire français vieux de 200 ans qui compte parmi les plus grands lieux de culte juif du pays. Elle accueillera quelques centaines de personnes pour une prière de groupe et une bénédiction le vendredi.

« Nous avons décidé de procéder à toutes les célébrations de la fête comme prévu tout en prenant toutes les précautions nécessaires en matière de santé et de sécurité pour protéger notre communauté », a déclaré le rabbin de la synagogue et chef de la fédération des communautés juives de l’EMIH, Shlomo Koves, à la JTA. Ce dernier est également un éminent émissaire du mouvement orthodoxe Habad-Loubavitch.

La tente aura une capacité inférieure à celle de la synagogue, qui accueille environ 700 personnes lors de Rosh HaShana, « mais là encore, nous nous attendons à ce que moins de personnes viennent à la synagogue cette année car beaucoup de gens ont peur d’être infectés », a commenté M. Koves.

La même dynamique se joue dans d’autres pays européens.

Des travailleurs médicaux s’occupent d’un patient atteint de COVID-19 à Strasbourg, le 15 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Jean-Francois Badias)

En France, des dizaines d’écoles ont été fermées la semaine dernière, le pays ayant enregistré 10 000 nouvelles infections en un seul jour – le plus grand nombre depuis le début de la pandémie en début d’année. Le Premier ministre Jean Castex a averti qu’un deuxième confinement pourrait être inévitable dans le pays.

En France, les synagogues, qui sont généralement remplies de centaines de fidèles lors des fêtes, ont été contraintes de réduire drastiquement leurs capacités. Les synagogues libérales, comme celles de Judaïsme en mouvement à Paris, ont pour la première fois mis en place un canal de diffusion pour les offices des fêtes, qui seront aussi accessibles en présentiel en nombre limité.

Cette solution n’est pas envisageable pour les synagogues orthodoxes, qui ne diffuseront pas les services en streaming, car elles estiment que cela constituerait une violation de la halakha, ou loi juive.

Le rabbin Shmulik Glitzenstein de la congrégation Zsilip, dans le centre de Budapest, a lui loué le pont d’un hôtel flottant sur le Danube pour la veille de Rosh HaShana afin d’organiser des prières en plein air.

La température des fidèles sera vérifiée à l’entrée de l’évènement, a indiqué dans un communiqué l’association à laquelle appartiennent les synagogues Zsilip et Obouda. Des repas légers pourront être servis, mais devront être consommés conformément au protocole de distanciation sociale.

M. Koves a indiqué que des cérémonies impliquant un shofar seront organisées dans chacun des 23 quartiers de Budapest, dans des lieux en plein air et accessibles.

« Cette fois, a-t-il dit, nous célébrerons la fête d’une manière assez spéciale et nous nous souhaiterons mutuellement que la nouvelle année voit la fin de la pandémie de coronavirus. »

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