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Dessalement : l’université Hébraïque enquête sur l’eau en Israël

L'étude lancée suit la découverte, par le ministère de la Santé, d'une carence en iode chez les Israéliens, entraînant des inquiétudes sur le développement des enfants

Des visiteurs remplissent leurs verres avec de l'eau de mer traitée dans une usine de dessalement près de Hadera, en Israël.(Crédit : Shay Levy / Flash90)
Des visiteurs remplissent leurs verres avec de l'eau de mer traitée dans une usine de dessalement près de Hadera, en Israël.(Crédit : Shay Levy / Flash90)

L’augmentation de l’utilisation d’eau dessalée, en Israël, implique que de nombreux citoyens sont en déficit d’un oligo-élément important, l’iode – et une nouvelle étude nationale s’intéresse actuellement à évaluer réellement l’ampleur du problème.

Une équipe scientifique de l’université Hébraïque vient de commencer à tester les niveaux d’iode dans 50 endroits en Israël, inquiets à l’idée qu’un manque d’iode puisse avoir un impact négatif sur la santé des citoyens.

L’étude a été lancée quelques semaines seulement après qu’une enquête du ministère de la Santé eut révélé que le taux d’iode parmi les Israéliens était bien plus bas que celui que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande.
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L’OMS explique que l’urine devrait contenir 100 microgrammes d’iode par litre, tandis que la moyenne observée chez les Israéliens est de 60 microgrammes pour les adultes et de 86 microgrammes chez les enfants. L’organisation internationale considère l’iode, dont le corps humain a besoin en faible quantité, comme « un élément alimentaire indispensable » qui est nécessaire pour la synthèse et le bon fonctionnement de deux hormones thyroïdiennes, la T3 et la T4.

Le ministère de la Santé craint que ses conclusions puissent indiquer des obstacles pour le développement cognitif et mental des enfants et les responsables ont décidé de commencer à prôner une législation qui exigerait du sel de table d’être enrichi en iode, comme c’est déjà le cas dans plusieurs autres pays.

« Nous sommes préoccupés parce qu’environ 80 % de l’eau potable en Israël provient des usines de dessalement – une dessalement qui, nous le savons, réduit le taux de calcium, ce qui peut avoir un impact sur les êtres humains. Et l’eau minérale, suite à nos examens, s’avère également n’en avoir qu’une quantité réduite, » a déclaré au Times of Israel le professeur Yona Chen, qui dirige l’étude de l’université Hébraïque.

Une usine de désalinisation d’Ashkelon, en 2005. Illustration. (Crédit : Edi Israël/Flash90)

« Mais l’iode est très importante pour les êtres humains parce que c’est elle qui contrôle, en grande partie, notre métabolisme. Elle est essentielle pour la thyroïde et pour d’autres activités hormonales, » continue-t-il.

Le professeur Yona Chen (Autorisation : Professeur Yona Chen)

Il précise que l’iode fait partie des quelques minéraux dont la quantité est réduite dans l’eau dessalée. Il note que, contrairement aux autres, le niveau exact d’iode présent dans ce type d’eau n’a été que peu étudié.

« Des recherches appropriées ont été faites sur le calcium et le dossier a été placé sous le contrôle du gouvernement avec des procédures mises en place pour augmenter le taux de calcium dans l’eau dessalée. Le magnésium, lui aussi, est réduit par la dessalement et des recherches ont été faites, même si un complément en magnésium n’a pas encore été exigé. On comprend moins le taux d’iode et il n’y a aucune solution qui ait été mise en place pour augmenter la quantité dans l’eau de cet oligo-élément, » a-t-il précisé.

Cette nouvelle étude à l’échelle nationale utilisera un dispositif électronique développé par le laboratoire de Chen pour tester le niveau d’iode – un outil qui, selon lui, est bien plus précis que les dispositifs qui existent actuellement.

L’étude durera environ six mois et le professeur espère pouvoir fournir des statistiques qui permettront d’enrichir le débat sur l’iode et peut-être d’encourager la mise en place d’une solution qui permettra de combler la carence en iode des Israéliens.

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