« Faux Le Drian » : en appel, Gilbert Chikli reconnaît un autre projet d’arnaque
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« Faux Le Drian » : en appel, Gilbert Chikli reconnaît un autre projet d’arnaque

S'il a nié avoir usurpé l'identité de Jean-Yves Le Drian, il a reconnu avoir voulu réaliser une arnaque similaire visant à se faire passer pour le prince de Monaco

Ce croquis dressé le 4 février 2020, montre Gilbert Chikli (C) et Anthony Lasarevitsch (1er-g) lors de leur procès au palais de justice de Paris. (Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP)
Ce croquis dressé le 4 février 2020, montre Gilbert Chikli (C) et Anthony Lasarevitsch (1er-g) lors de leur procès au palais de justice de Paris. (Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP)

À son procès en appel dans l’affaire du « faux Le Drian », Gilbert Chikli a maintenu mardi ne « jamais » avoir usurpé l’identité du ministre de la Défense, mais il a reconnu avoir voulu réaliser une arnaque similaire visant à se faire passer pour le prince de Monaco.

Ce Franco-israélien de 55 ans a été condamné en mars à 11 ans de prison pour une vaste escroquerie ayant consisté, entre 2015 et 2017, à solliciter de l’argent pour des « opérations secrètes » auprès de riches personnalités, en se présentant comme Jean-Yves Le Drian – qui est depuis devenu ministre des Affaires étrangères.

M. Chikli et son co-prévenu Anthony Lasarevitsch (condamné à 7 ans de prison) ont toujours protesté de leur innocence et ont fait appel.

Mardi, M. Chikli a reconnu pour la première fois s’être rendu en Ukraine, où il a été interpellé à l’été 2017, dans le but de « faire des escroqueries », comme l’avait admis la veille M. Lasarevitsch.

« Oui », les deux hommes avaient l’intention de se faire passer pour le prince Albert II de Monaco auprès de fortunes monégasques, afin de leur soutirer de l’argent.

Jusqu’ici, ils avaient affirmé s’être rendus en Ukraine pour un pèlerinage sur la tombe d’un rabbin.

Gilbert Chikli donnant une interview depuis son domicile d’Ashdod, en Israël, le 29 décembre 2015. (Publié avec l’autorisation de i24 News / via JTA)

« J’ai fait l’erreur, oui, d’aller en Ukraine, d’avoir pensé à vouloir éventuellement faire quelque chose. Mais hormis ça (…) ce n’est pas moi », a-t-il répété.

Au fil des questions de la cour, M. Chikli a aussi confirmé que son avocat en Ukraine avait fait disparaître un ordinateur et un masque en silicone – de mauvaise qualité – du prince Albert II, qui avaient échappé à la perquisition de la police ukrainienne.

Mais il a de nouveau clamé son innocence dans l’affaire du « faux Le Drian », qui a coûté environ 55 millions d’euros à trois victimes. Il a souligné que ce type d’arnaque était connu et maintes fois « copié ».

« Je suis totalement étranger à l’affaire Le Drian, je n’ai jamais appelé qui que ce soit », a-t-il fait valoir.

« Vous restez sur une dénégation globale ? », a interrogé le président. « Je reste sur la vérité », a-t-il répondu.

Avant cette affaire, M. Chikli était connu de la justice française comme l’un des pionniers de l’escroquerie dite au « faux président », selon laquelle un usurpateur se fait passer au téléphone pour un patron auprès de ses salariés, dans le but de se faire transférer de l’argent.

En 2015, il a été condamné à sept ans de prison pour ces faits, alors qu’il était en fuite en Israël.

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