Fin de la mission de l’OLP à Washington: Netanyahu salue une « bonne décision »
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Fin de la mission de l’OLP à Washington: Netanyahu salue une « bonne décision »

Les Etats-Unis ont annoncé la fermeture du bureau de l'OLP en raison du refus des Palestiniens d'engager des pourparlers avec Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire de cabinet à son bureau de Jérusalem le 4 février 2018 (Crédit : AFP / POOL / JIM HOLLANDER)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire de cabinet à son bureau de Jérusalem le 4 février 2018 (Crédit : AFP / POOL / JIM HOLLANDER)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué mardi l’administration Trump pour sa décision de fermer la mission de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington, soulignant une « bonne décision ».

« Les Etats-Unis ont pris la bonne décision », a affirmé Netanyahu dans un communiqué transmis à l’issue de la fête de Rosh HaShana. « Israël soutient la décision américaine visant à dire aux Palestiniens qui refusent de négocier et qui se livrent à des attaques contre Israël dans les forums internationaux que ce n’est pas ainsi qu’ils peuvent parvenir à la paix », a ajouté le Premier ministre.

Michael Oren, vice-ministre et ancien ambassadeur à Washington, a également fait l’éloge de l’initiative américaine.

« Avec la fermeture du bureau de l’OLP à Washington, l’administration américaine ne change pas les règles du jeu mais les remet en place après des années de négligences », a expliqué Oren, notant que les Accords d’Oslo interdisent aux Palestiniens d’agir en faveur d’une reconnaissance de leur état hors d’un cadre de négociations avec Israël.

Le vice-ministre Michael Oren à la Knesset, le 27 juin 2017. (Yonatan Sindel)

« Il faut noter que contrairement aux administrations précédentes qui récompensaient les Palestiniens quand ils abandonnaient les négociations avec Israël, le président Trump oblige les Palestiniens à en payer le prix », a ajouté Oren. « Comme nous avons pu le constater dans le passé – donner des cadeaux aux Palestiniens ne fait que les maintenir hors d’un cadre de pourparlers, et ils sont sanctionnés dorénavant par les Américains, soucieux de les faire revenir à la table des négociations ».

Dans la matinée de mardi, l’envoyé palestinien à Washington a indiqué que son personnel avait un mois pour se retirer après que les Etats-Unis ont ordonné la fermeture de la mission.

Husam Zomlot, qui était jusqu’à une date récente envoyé palestinien à Washington, a déclaré à l’Associated Press que la fermeture ne dissuaderait pas les Palestiniens de réclamer un état avec Jérusalem-Est comme capitale.

« Nous avons perdu l’administration américaine mais nous avons gagné nos droits nationaux », a dit Zomlot, qui avait été rappelé à Ramallah au printemps dans un contexte de tensions entre Washington et les dirigeants palestiniens.

Le département d’Etat américain a confirmé lundi qu’il ordonnait la fermeture de la mission à Washington de l’OLP, disant que les Palestiniens ne soutiennent pas les accords de paix avec Israël.

Le docteur Husam Zomlot, nouvel envoyé de l’Organisation de libération de la Palestine aux Etats-Unis. (Crédit : autorisation)

« Nous avons permis au bureau de l’OLP de mener des opérations dans l’objectif de réaliser une paix durable et authentique entre les Israéliens et les Palestiniens depuis l’expiration d’une dispense antérieure en novembre 2017 », a commenté la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert.

« Toutefois, l’OLP n’a effectué aucune démarche pour faire avancer le lancement de négociations directes et significatives avec Israël… Au contraire, les dirigeants de l’OLP ont condamné le plan de paix américain sans même l’avoir encore vu et ont refusé de parler avec le gouvernement américain au sujet de ses efforts de paix », a-t-elle ajouté.

En conséquence, « l’administration a décidé que le bureau de l’OLP à Washington allait fermer pour l’instant », a-t-elle annoncé.

Elle a poursuivi en disant que « les Etats-Unis continuent à croire que des négociations directes entre les deux parties sont le seul moyen d’avancer… Cette action ne doit pas être exploitée par ceux qui cherchent à agir pour distraire l’attention de l’impératif de la conclusion d’un accord de paix. Nous ne renonçons pas à notre mission de réaliser une paix durable et authentique ».

Nauert a ajouté que cette décision de fermeture était cohérente avec les préoccupations américaines face aux tentatives palestiniennes de déclencher une enquête ciblant Israël devant la cour pénale internationale.

Heather Nauert (Capture d’écran)

Israël avait précédemment salué cette initiative, le bureau du Premier ministre ayant fait savoir que « l’appel lancé par les Palestiniens à la CPI et leur rejet des négociations avec Israël et les Etats-Unis ne sont pas le moyen de réaliser la paix et c’est une bonne chose que les Etats-Unis adoptent un positionnement clair à ce sujet ».

Cette annonce a eu lieu alors que la colère des Etats-Unis ne cesse de croître devant les résistances palestiniennes à ses efforts de paix et les appels de l’Autorité palestinienne qui demandent l’ouverture d’une enquête contre l’Etat Juif à la Cour pénale internationale.

Le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rudeineh, a indiqué que le gouvernement de Ramallah maintiendrait son « engagement en faveur des résolutions de légitimité internationale » en dépit de l’initiative américaine.

Selon un communiqué écrit diffusé lundi, Rudeineh a déclaré que les questions au cœur du conflit – le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens – « sont plus importantes que la relation avec les Etats-Unis ».

Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP, a estimé que la fermeture de la mission était « extrêmement cruelle » et « malveillante ».

Cette initiative survient après trois semaines consécutives d’annonces américaines de coupures du financement octroyé en aide aux Palestiniens et suite aux propos tenus par le président Donald Trump qui a fait savoir qu’il ne reprendrait son soutien financier que si les Palestiniens acceptaient un accord de paix avec Israël.

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