Fin de l’Expo de Dubaï, où les Israéliens ont pu se rendre en toute sécurité
L'événement de grande ampleur des Émirats arabes unis a fermé ses portes jeudi, après avoir accueilli 20 millions de visiteurs en personne et 150 autres millions virtuellement
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DUBAÏ, Émirats arabes unis – Une période de six mois au cours de laquelle les Israéliens ont pu « visiter » l’Iran, la Syrie, le Yémen et d’autres pays qui ne les laisseraient normalement pas entrer, s’est achevée jeudi avec la fermeture de l’Exposition universelle de 2020 à Dubaï.
20 millions de visiteurs en personne et 150 autres millions virtuellement ont pu visiter les différents pavillons et d’autres expositions.
Au pavillon de l’Iran, élu l’un des huit bâtiments les plus importants sur le plan architectural de l’Exposition universelle par Architectural Digest, il n’y avait pas d’ayatollah en vue. L’accent a, au contraire, été mis sur le riche patrimoine culturel, des tapis persans au safran.
Avec une grande ironie, étant donné que l’Iran s’est ouvertement consacré à la destruction de l’État d’Israël, une place spéciale a été accordée à une réplique du cylindre de Cyrus en terre cuite du VIe siècle avant JC.
Le texte du cylindre est considéré comme une preuve de la décision de Cyrus de permettre aux Juifs de revenir d’exil à Babylone pour reconstruire leur Temple à Jérusalem, une confirmation du lien entre le peuple juif et la Terre d’Israël.
Le British Museum détient l’original, qui a été découvert en Irak, autrefois Babylone.
Dans un autre paradoxe, à la lumière du régime répressif actuellement installé à Téhéran, l’exposition vantait le cylindre comme étant la première déclaration des droits de l’Homme.
L’Exposition universelle de 2020 était extrêmement grande et regorgeait de bâtiments étranges et merveilleux, de musique, de sons, de lumières clignotantes et de foules tourbillonnantes. C’était d’une propreté impeccable, grâce au travail des équipes de techniciens de service silencieux qui balayaient et nettoyaient constamment, ainsi qu’à des volontaires postés partout pour aider à diriger l’interminable flux humain.
Cette foule de visiteurs a confirmé le statut de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale émergente entre le Moyen-Orient, l’Asie occidentale et l’Europe, et le sous-continent indien – d’où proviennent plus d’un tiers des résidents des Émirats arabes unis – et au-delà de l’Extrême-Orient. C’est une étape étincelante sur une nouvelle route de la soie, et à l’exposition universelle, comme ailleurs à Dubaï, il semblait que tous les peuples du monde étaient présents.
L’un des pavillons les plus impressionnants représentant les nations du Moyen-Orient qui n’ont pas de relations diplomatiques avec Israël était celui de l’Arabie saoudite. C’était le deuxième plus grand après celui des Émirats arabes unis ; il véhiculait des messages d’héritage, de pouvoir et de vision.
Sur l’un de ses murs extérieurs on y voyait des phrases telles que : « Nous vivons une période passionnante » et « Où le changement commence ».
L’entrée se faisait par un escalator, qui menait les visiteurs vers des modèles tridimensionnels de bâtiments saoudiens sur lesquels étaient projetées des images animées d’individus.
L’exposition principale comprenait deux immenses écrans panoramiques avec un balcon central pour les visiteurs. De magnifiques vues sur des récifs coralliens, des dunes de sable et des oasis, ainsi que sur la Mecque, des villes modernes et les champs pétrolifères du royaume, remplissaient l’écran supérieur, avec des images aériennes des mêmes endroits projetées sur l’écran inférieur.
Comparé au pavillon de l’Arabie saoudite, celui de la Syrie était plutôt triste, reflétant la situation financière du pays, ou bien, selon l’Associated Press, le fait qu’elle n’a été invitée qu’il y a deux ans, après la réouverture de l’ambassade des Émirats arabes unis, et que son pavillon a été le dernier à être construit.
Avec un optimisme peut-être exagéré, le panneau de bienvenue expliquait que le pays souhaitait mettre en valeur sa riche histoire culturelle « alors que nous cherchons à nous relever et à reprendre notre place dans le monde ».
Le film diffusé était vieux et bancal. L’exposition principale, « Je suis syrien », comprenait une série de tablettes rectangulaires en bois sur lesquels les Syriens avaient peint ce qui leur était le plus cher dans leur pays.
Parmi les centaines d’images de paysages et d’objets culturels, une photo du dirigeant syrien Bashar Assad et une autre de sa femme, Asma.
Le pavillon du Liban était étonnamment agréable étant donné la situation financière difficile de ce pays, projetant des images aériennes des paysages et des antiquités de la nation, et présentant une installation de danse moderne et des objets d’art contemporain.
Je n’ai pas pu visiter le pavillon palestinien, car il était temporairement fermé en raison d’un dysfonctionnement technique.
Mais à l’exposition construite par le Yémen, sans aucun doute l’une des nations les plus pauvres de la région et un pays déchiré par la guerre civile, les choses étaient animées.
L’accent y était mis sur la connaissance et la sagesse, avec des textes notant les débuts de l’ingénierie de l’eau, de l’astronomie et des « premiers gratte-ciel du monde ».
Un monsieur yéménite, qui a refusé de donner son nom, m’a demandé d’où je venais.
Entendant que je venais d’Israël, il a fait un large sourire et a dit : « Ah, Ahlan wa Sahlan (ce qui signifie « bienvenue » en arabe) ! »
Puis, désignant les bijoux en vente dans la petite boutique de souvenirs, il a ajouté : « Regardez tous ces bijoux, c’est juif ! »
Il m’a montré des pièces incorporant des pierres précieuses telles que l’ambre avec des filigranes d’argent. Les orfèvres du Yémen étaient autrefois juifs.
Selon un rapport des Nations Unies sur le traitement des minorités religieuses dans les zones de conflit, il ne restait qu’un seul Juif dans le pays au mois de mars.
« Beaucoup de Juifs du Yémen (sic) en Israël, non ? » continua-t-il avec enthousiasme. « Mangez des malawah et du jahnun (deux sortes de pâtisseries associées aux Juifs yéménites et très appréciées par les Israéliens). »
En me disant au revoir, il a rajouté : « Dites bonjour à Israël de la part du Yémen ! »
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