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Gantz appelle Eizenkot, son successeur à la tête de Tsahal, à rejoindre son parti

Dans une interview, le ministre de la Défense a expliqué refuser de faire partie d’un gouvernement Netanyahu, à la recherche d’une alternative viable

Le ministre de la Défense de l'époque Ehud Barak (au centre), l'ancien chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz (à droite) et son successeur Gadi Eisenkot, photographié près de la frontière Nord, le 15 février 2011. (Crédit : Ministère de la Défense / Flash90)
Le ministre de la Défense de l'époque Ehud Barak (au centre), l'ancien chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz (à droite) et son successeur Gadi Eisenkot, photographié près de la frontière Nord, le 15 février 2011. (Crédit : Ministère de la Défense / Flash90)

De manière on ne peut plus ouverte, le chef du parti Kakhol lavan et ministre de la Défense, Benny Gantz, a appelé lundi l’ex-chef de Tsahal, Gadi Eizenkot, à rejoindre son parti en vue des prochaines élections.

Eizenkot, qui a succédé à Gantz comme chef d’état-major de l’armée israélienne en 2015, est considéré comme un candidat de poids, et certains sondages le créditent d’une solide base électorale susceptible de profiter au parti qu’il rejoindra.

Par conséquent, Eizenkot est très courtisé, à la fois par le duo Gantz/Gideon Saar – les partis Kakhol lavan et Tikva Hadasha – et par le parti Yesh Atid du Premier ministre Yair Lapid. Le nom d’Eisenkot avait déjà circulé au moment des élections israéliennes de 2019-2020, mais il avait finalement décidé de ne pas se présenter.

S’adressant au site d’information Walla dans le cadre d’une série d’entretiens avec les principaux médias du pays, Gantz a clairement exprimé son désir qu’Eisenkot rejoigne son parti.

Il a nié que sa demande vise à l’empêcher de rejoindre et renforcer Yesh Atid.

« Mon intention n’est pas de faire du tort à Lapid. Je veux Gadi comme partenaire de Kakhol lavan. Nous nous connaissons depuis des dizaines d’années. Je sais exactement ce que Gadi pense de chaque sujet – défense, diplomatie, économie, société. J’espère vraiment qu’il viendra en politique : nous l’attendons », a déclaré Gantz.

Dans une interview accordée à la Treizième chaine, Gantz a déclaré que son but premier, pour les prochaines élections, était de s’assurer que la coalition du chef du Likud, Benjamin Netanyahu, n’obtienne pas les 61 sièges dont elle a besoin pour former une coalition à la Knesset.

« Si Netanyahu n’obtient pas 61 sièges, le jeu reste ouvert. Après, tout le monde fera ses calculs », a expliqué Gantz.

« Netanyahu ne doit pas revenir au pouvoir. Il ne doit pas être ni Premier ministre, ni même ministre », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors de la conférence « Economist Government Roundtable » en Grèce, le 5 juillet 2022. (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)

Gantz n’a pas caché son refus de faire à nouveau partie d’un gouvernement avec Netanyahu, même si le chef du Likud obtient une majorité au Parlement. Il a rappelé que ces dernières années avaient été riches en occasions de former une coalition avec le Likud.

« J’aurais pu être Premier ministre et je ne le suis pas. Tout le monde comprendra que ce ne sont pas des paroles en l’air », a-t-il assuré.

Bien que des sondages récents montrent que l’alliance de Gantz avec Saar est à la traîne dans les sondages, le ministre de la Défense s’est déclaré convaincu que ses liens étroits avec les partis ultra-orthodoxes pourraient lui valoir le poste de Premier ministre.

« Je crois que je pourrais former un gouvernement large… sans pour autant reposer sur les extrémistes », a-t-il expliqué.

Pour Gantz, ces « extrémistes » incluent le parti arabe Raam, membre de la coalition actuelle. Il a indiqué que même s’il pouvait inclure Raam dans sa coalition potentielle, il ne « compterait pas sur eux » et n’inclurait le parti qu’à condition d’avoir au préalable une majorité de 61 sièges.

Rien n’indique à ce stade quelles sont les chances de Gantz de devenir Premier ministre.

Bien que notoirement peu fiables, les sondages ont montré à plusieurs reprises qu’un bloc dirigé par Netanyahu (Likud, Sionisme religieux, Shas et Yahadout HaTorah) remporterait de 59 à 61 sièges, alors que les partis de la coalition sortante (Yesh Atid, Kakhol lavan, Parti travailliste, Yisrael Beytenu, Tikva Hadasha et Raam) remporteraient environ 55 sièges.

(La Liste arabe unie à prédominance arabe, qui se partage le reste des sièges, n’est alignée sur aucun des deux blocs.)

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