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GB : Un imam démis de ses fonctions après des manifestations contre un film

Qari Asim, imam et avocat à Leeds, dans le nord de l'Angleterre, avait posté lundi sur Facebook un commentaire accusant le film de "heurter profondément les musulmans"

Photo d'illustration : Un cinéma Cineworld à Londres, le 5 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Alastair Grant)
Photo d'illustration : Un cinéma Cineworld à Londres, le 5 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Alastair Grant)

Le gouvernement britannique a démis samedi un responsable musulman de ses fonctions à la tête d’un groupe de travail officiel, lui reprochant d’avoir encouragé des manifestations contre un film sur la fille du prophète Mahomet.

La chaîne britannique Cineworld a dû déprogrammer le film, intitulé « La Dame du Paradis » (« The Lady of Heaven »), sorti en salles début juin, après cette campagne devant ses salles menée par des groupes musulmans jugeant le long métrage « blasphématoire ».

Qari Asim, imam et avocat à Leeds, dans le nord de l’Angleterre, avait posté lundi sur Facebook un commentaire accusant le film de « heurter profondément les musulmans », sans que son groupe ne manifeste lui-même.

L’imam Asim avait publié les coordonnées d’une manifestation à Leeds prévue le soir même, un post incompatible avec ses fonctions de vice-président d’un groupe de travail sur l’islamophobie, selon les autorités britanniques.

Elles ont mis fin par courrier et « avec effet immédiat » à ses fonctions, estimant que la campagne contre le film « avait conduit à des manifestations incitant à la haine religieuse ».

« Cette implication dans une campagne limitant la liberté d’expression est incompatible avec le rôle de conseil du gouvernement », ont justifié les autorités, pour qui la campagne contre le film a aussi encouragé l’animosité entre communautés chiites et sunnites.

« La dame du paradis », réalisé par Eli King et sorti le 3 juin en salle au Royaume-Uni, se présente comme le premier à aborder le personnage de Fatima Zahra, la fille du prophète Mahomet et épouse d’Ali, premier imam chiite.

Interrogé par le Guardian, son producteur exécutif Malik Shlibak s’est plaint que Cineworld ait cédé à la « pression ».

L’imam n’était pas joignable pour commenter la décision des autorités.

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