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Grèves, chaos avec le pass vert et refus des tests : une rentrée sous tension

Les crèches ouvrent en retard mercredi, alors qu'une grève menace; le syndicat menace de poursuites judiciaires et de grève si les demandes du pass vert ne sont pas allégées

Une jeune fille effectue un test de antigénique rapide COVID-19 avec un kit de dépistage à domicile avant de retourner à l'école, après les vacances de Souccot, à Haniel, dans le centre d'Israël, le 27 septembre 2021. (Chen Leopold/Flash90)
Une jeune fille effectue un test de antigénique rapide COVID-19 avec un kit de dépistage à domicile avant de retourner à l'école, après les vacances de Souccot, à Haniel, dans le centre d'Israël, le 27 septembre 2021. (Chen Leopold/Flash90)

Mercredi, les crèches supervisées par le gouvernement devaient ouvrir suite aux vacances de Souccot; ells l’ont fait avec un retard de plusieurs heures, car les soignants ont protesté contre un grave manque de personnel et de mauvais salaires.

Quant aux crèches gérées par Wizo, Naamat, Emunah et d’autres organisations, qui s’occupent d’environ 50 000 enfants, elles ne commenceront qu’à 10 heures mercredi, jeudi et vendredi et ont menacé de faire une grève totale et illimitée à partir de dimanche si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Les écoles, qui reprennent leurs activités jeudi, ont également été confrontées à l’incertitude concernant les nouvelles exigences des tests COVID pour les élèves et les règles du passeport vert pour les enseignants.

À partir de dimanche, plus d’un million d’Israéliens perdront leur passeport vert après un changement de politique imposant un rappel du vaccin contre le COVID-19 six mois après avoir reçu les deux premières doses.

Parmi eux, figurent près de la moitié des enseignants du pays, selon une estimation du syndicat des enseignants israéliens.

Selon les règles actuelles du passeport vert, l’accès à certaines entreprises et à certains événements est limité aux personnes ayant une preuve de vaccination, de guérison du COVID-19 ou un résultat de test négatif.

Ran Erez (Moshe Shai/Flash90)

Le directeur du syndicat des enseignants du secondaire, Ran Erez, a envoyé une lettre urgente au Premier ministre Naftali Bennett pour demander un délai de deux mois afin de permettre aux enseignants de se faire vacciner et de se conformer au passeport vert, avertissant que la décision de réduire le salaire de ceux qui n’ont pas le passeport serait contestée devant les tribunaux.

« Aucune décision de ce type n’est dirigée vers un autre secteur du pays, c’est une mesure qui nuit aux enseignants israéliens de manière non proportionnelle », a-t-il écrit.

Erez a précisé qu’il faisait référence aux enseignants qui avaient reçu deux injections de vaccin et non aux quelques personnes qui ont catégoriquement refusé de se faire vacciner.

M. Erez a prévenu que si aucune solution n’était trouvée, toutes les options seraient mises sur la table, y compris les actions en justice, les arrêts de travail et les grèves.

Les données du ministère de la Santé publiées lundi montrent que
4 710 716 Israéliens ont reçu deux doses de vaccin il y a six mois, mais que seuls 3 243 641 d’entre eux ont reçu une dose de rappel.

Une Israélienne reçoit une dose du vaccin COVID-19 dans un centre de soins temporaire Clalit à Modi’in Ilit, le 26 septembre 2021. (Yossi Aloni/Flash90)

Même en soustrayant les centaines de milliers de personnes infectées par le COVID-19 au cours des six derniers mois, ce qui signifie qu’elles n’auraient pas besoin de la troisième dose de vaccin, le nombre de personnes qui n’auront plus de « passeport vert » est supérieur à un million.

Cependant, un haut fonctionnaire a prédit que l’incitation au passeport vert fonctionnerait et qu’entre 500 000 et 1 million d’Israéliens recevraient leur troisième injection dans les prochains jours.

« Les vaccinations de masse briseront la chaîne d’infection et mettront fin à cette quatrième vague », a déclaré le fonctionnaire à Haaretz.

Le passeport vert n’est valable qu’à partir d’une semaine après avoir reçu la dernière dose requise, et pendant six mois après. Le document, détenu par les personnes vaccinées ou qui se sont remises du COVID-19, permet d’accéder à de nombreux lieux et événements publics, y compris des restaurants et des musées.

Un passeport vert temporaire peut être obtenu grâce à un test de dépistage du virus négatif, qui doit être payé à moins que la personne ne soit pas éligible à la vaccination.

Des enfants israéliens montrent leur passeport vert alors qu’ils font la queue à l’entrée du Musée des sciences à Jérusalem, le 19 août 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le retour à l’école des enfants de moins de 12 ans risque également d’être compliqué par les nouvelles règles de dépistage.

Les élèves de moins de 12 ans qui retournent à l’école après les vacances de Souccot devront présenter un test négatif pour être autorisés à entrer dans les écoles, selon une décision du cabinet la semaine dernière.

Les tests rapides peuvent être effectués à domicile et les résultats prennent moins de 15 minutes. Selon la nouvelle mesure – approuvée par le procureur général – les parents ou tuteurs sont invités à récupérer un kit de test dans les sites de distribution du Magen David Adom et à signer des déclarations attestant que les tests sont négatifs.

Toutefois, à la date de mardi, environ 500 000 kits n’avaient pas encore été collectés, selon le site d’information Walla.

La réglementation a été légèrement assouplie dimanche, les responsables ayant déclaré que les enfants qui ont guéri du COVID au cours des six derniers mois seront exemptés de l’obligation de présenter un test antigénique négatif.

Un père récupère un test antigénique rapide COVID-19 pour son enfant, rue Jaffa à Jérusalem, le 26 septembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Israël, premier pays à proposer officiellement une troisième dose de vaccin, a lancé sa campagne de rappel COVID-19 le 1er août, en la réservant dans un premier temps aux personnes âgées de plus de 60 ans. Il a ensuite progressivement abaissé l’âge d’éligibilité, pour finalement l’étendre à toutes les personnes âgées de 12 ans et plus qui ont reçu la deuxième injection au moins cinq mois auparavant.

Le cabinet Corona se réunira dimanche pour la première fois depuis un mois, le Premier ministre Naftali Bennett devant, semble-t-il, résister à l’imposition de nouvelles restrictions liées au coronavirus malgré les centaines de nouveaux décès dus au COVID.

Alors que la quatrième vague d’infections en Israël a connu un nombre record de cas quotidiens, le nombre de patients nécessitant une hospitalisation est resté inférieur aux épisodes précédents, ce que les experts attribuent aux taux de vaccination élevés du pays.

Le bilan des décès depuis le début de la pandémie est passé mardi à 7 692. Septembre est le deuxième mois consécutif où Israël a enregistré au moins 500 décès, après qu’août a vu 609 décès attribués au COVID-19.

Dans le même temps, les chiffres du ministère ont fait état de 5 159 nouvelles infections lundi, poursuivant une lente tendance à la baisse, bien que le nombre de personnes se faisant tester ait tendance à diminuer fortement pendant les week-ends. Le taux de positivité des tests de lundi est tombé à 3,87 %.

Lundi, les chiffres du gouvernement ont placé le taux de reproduction de base du virus, qui mesure la transmission, à 0,78. Tout chiffre supérieur à 1 indique que les infections sont en hausse, tandis qu’un chiffre inférieur à 1 indique que l’épidémie est en baisse.

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