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Iddo Netanyahu reproche à l’armée de ne pas avoir réveillé son frère le 7 octobre

Le frère du Premier ministre affirme que les hauts responsables de la sécurité ne voulaient pas entendre Benjamin Netanyahu lors de leur évaluation avant l'assaut du Hamas

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un haut responsable de la Défense a rejeté mardi les propos du frère du Premier ministre Benjamin Netanyahu, reprochant aux services de sécurité de ne pas avoir réveillé le Premier ministre aux premières heures du 7 octobre.

Comme cela a été largement rapporté, après avoir reçu des renseignements indiquant dans la nuit que quelque chose se tramait à Gaza, de hauts responsables de Tsahal et des services de sécurité, y compris les chefs de Tsahal et du Shin Bet, ont procédé, cette nuit-là, à une évaluation sécuritaire. Cette dernière s’est tenue quelques heures avant le début de l’attaque meurtrière du Hamas sur le sud d’Israël. Ses participants avaient conclu que de plus amples délibérations pouvaient attendre jusqu’au matin.

Dans une interview accordée au podcast « Melting Pot » mardi, Iddo Netanyahu a affirmé que les services de sécurité n’avaient pas réveillé son frère, le Premier ministre, dans les heures précédant l’assaut parce qu’ils ne voulaient pas entendre ce que celui-ci avait à dire sur la question.

« L’armée a agi selon ses propres évaluations. Ils n’ont pas pris la peine de réveiller le Premier ministre au milieu de la nuit, signe qu’ils ne se souciaient pas de l’avis du gouvernement ou du Premier ministre sur la question », a affirmé Iddo Netanyahu.

« Ils ont préféré ne pas savoir ce qu’il dirait, parce qu’il risquait de leur ordonner d’agir d’une manière qui ne leur convenait pas », a ajouté Iddo Netanyahu, radiologue, auteur et dramaturge.

« Une commission devrait enquêter sur les dysfonctionnements, sur les échecs, et des conclusions devraient en être tirées », a-t-il ajouté.

Iddo Netanyahu. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le matin du 7, le Shin Bet a bien dépêché une force d’élite antiterroriste, connue sous le nom d’équipe Tequila, à la frontière de Gaza par mesure de précaution, mais cette petite équipe n’a pu mener qu’une défense limitée et n’a pas fait le poids face aux milliers de terroristes qui ont déferlé sur la frontière peu après 6h30 du matin.

« Nous informons le Premier ministre lorsque nous estimons que la menace est tangible », a confié mercredi un responsable anonyme des services à la Douzième chaîne.

« Cette nuit-là, nous avons jugé que ce n’était pas le cas. Nous avons envoyé l’équipe Tequila pour recueillir davantage d’informations et pour assurer une marge de sécurité », a poursuivi le responsable. « Vous informez le Premier ministre, quand vous avez décidé d’élever le niveau [de la menace]. »

Les journalistes de la Douzième chaîne ont noté que, bien que les propos aient été tenus par le frère du Premier ministre, ils pourraient indiquer la façon dont ce dernier perçoit les événements et comment il pourrait répondre quand on lui posera des questions difficiles sur les événements qui ont précédé l’assaut meurtrier.

La chaîne de télévision a ajouté que les remarques du frère du Premier ministre rappelaient les arguments que Netanyahu avait avancés à plusieurs reprises, soutenant que s’il avait été réveillé à 4h du matin le 7 octobre, les choses auraient pu être différentes ce jour-là.

Fin octobre, Netanyahu a réitéré ses affirmations antérieures selon lesquelles il n’avait pas été averti par les chefs de la sécurité de l’imminence d’une attaque du Hamas, et a affirmé que tous les chefs de la sécurité lui avaient assuré à plusieurs reprises que le groupe terroriste de Gaza avait été dissuadé, s’attirant de vives critiques pour sa tentative apparente de leur renvoyer la balle en se dégageant de toute responsabilité dans les massacres. Neuf heures plus tard, il a supprimé la publication et, fait inhabituel, s’est excusé peu après.

Contrairement au ministre de la Défense Yoav Gallant et aux chefs des services de sécurité, qui ont admis n’avoir pas su empêcher le carnage, Netanyahu a toujours refusé d’assumer une quelconque responsabilité personnelle dans les atrocités du 7 octobre.

Au lieu de cela, le Premier ministre a affirmé qu’il n’avait reçu aucun avertissement des services de sécurité.

Le personnel de Zaka nettoie les restes des taches de sang du massacre du 7 octobre, dans le kibboutz Beeri, le 19 décembre 2023. (Crédit : Chen Schimmel/Flash90)

le Premier ministre a, par ailleurs, résisté jusqu’à présent à la mise en place d’une commission d’État – le groupe d’enquête le plus puissant et le plus important – chargée d’examiner les manquements qui ont permis l’assaut du 7 octobre. Il a précisé que des enquêtes étaient nécessaires, mais qu’elles devraient attendre la fin de la guerre.

Le principal sujet de tout groupe d’enquête portera probablement sur les agissements de Netanyahu face au Hamas pendant les nombreuses années où il a été au pouvoir.

Les ministres de droite ont réagi avec colère le mois dernier lorsque le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, a annoncé qu’il mettait en place une équipe extérieure chargée d’enquêter exclusivement sur les échecs de l’armée, craignant sans doute qu’une telle enquête n’ait également un impact négatif sur eux. Ynet a rapporté par la suite que, suite aux critiques, Halevi avait gelé l’enquête.

Le 7 octobre, 3 000 terroristes du Hamas ont pris d’assaut des localités du sud d’Israël, massacrant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et enlevant 253 autres.

Le gouvernement est soumis à une pression croissante pour parvenir à un accord visant à libérer les otages encore en vie et à récupérer les dépouilles des personnes tuées. Fin novembre, un accord de trêve négocié avait permis la libération de 105 otages.

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