Ilan Halimi : Emmanuel Macron plantera un chêne à l’Élysée vingt ans après sa mort
Cette annonce intervient alors que plusieurs arbres ou plaques érigés en hommage au jeune homme, tué parce que juif, ont été dégradés

Vingt ans après le drame, la mémoire d’Ilan Halimi, torturé à mort parce que juif en 2006, sera honorée le 13 février prochain par Emmanuel Macron.
Piégé le 20 janvier 2006 par une femme prénommée Emma et un groupe qui se fait appeler « le gang des barbares », il sera retrouvé nu, menotté et agonisant, avec des traces de tortures et de brûlures sur 80 % du corps, au bord d’une voie ferrée du RER C près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l’Essonne, le 13 février 2006. Il succombera à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital, sans jamais parvenir à s’exprimer.
L’arbre, un chêne sessile qui peut vivre jusqu’à 1 000 ans, a été choisi en lien avec la famille pour sa symbolique, « la force, la longévité et la justice », a précisé un autre conseiller.
« C’est aussi envoyer un message à tous ceux qui ces derniers mois ont tenté de s’en prendre à la mémoire d’Ilan Halimi en tronçonnant ou en coupant des arbres. Ils peuvent bien tenter de tous les tronçonner, à la fin, il en restera un dans le jardin de la République et sous sa protection », a-t-il souligné.
En France, 504 actes antisémites ont été recensés entre janvier et mai 2025, soit une hausse de 134% par rapport à la même période en 2023, alimentés par la guerre déclenchée à Gaza par l’armée israélienne dans la foulée du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël.
Il ne va pas « seulement dresser un constat mais aussi identifier, qualifier les propagateurs et les propagandes qui diffusent au cœur de notre nation le poison antisémite », a relevé un conseiller présidentiel, citant « l’extrême droite comme l’extrême gauche » et les « cercles identitaires comme communautaires ».
Le président « dénoncera les accusations infondées dont les propagateurs de haine antisémite, sous toutes formes et en tous lieux, entendent accabler les Juifs français », a aussi noté le conseiller.
« Il veut poser les mots qui doivent conduire chacun et chacune, femmes et hommes de bonne volonté, à se lever contre l’antisémitisme d’où qu’il vienne, qu’elle qu’en soit la forme ». Et « délivrer un message de solidarité et d’affection envers tous les citoyens juifs de ce pays ».
Quelque 200 invités seront présents, dont la famille d’Ilan Halimi et des représentants d’organisations et des jeunes engagés dans la lutte contre l’antisémitisme.
L’absence du président lors de la marche contre l’antisémitisme, organisée en novembre 2023, avait été très critiquée. Macron avait dit qu’il ne souhaitait pas « diviser le pays » en participant à cette marche.
À Strasbourg, un nouvel amandier a été planté le 1er février place de la République, en présence de représentants de l’État, de la Licra, du CRIF et du Consistoire israélite du Bas-Rhin. La ville a souhaité ainsi rendre hommage au jeune homme et témoigner son soutien à sa famille, tout en affirmant son engagement contre la haine antisémite.
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Ces commémorations interviennent dans un climat national alourdi par des dégradations visant des arbres plantés en hommage à la mémoire d’Ilan Halimi.
Le 12 janvier dernier, à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, une plaque érigée en hommage à Ilan, victime de l’antisémitisme, a été tordue.
Quelques jours auparavant, « les services de la Ville de Saint-Genis-Laval [près de Lyon] ont constaté avec effroi ce matin que l’olivier planté le 3 septembre 2025 dans le parc de la Villa Chapuis, en mémoire d’Ilan Halimi, avait été en partie scié dans la nuit de samedi à dimanche ».
Fin octobre, le parquet de Bobigny a fait appel du jugement prononcé contre deux frères jumeaux tunisiens de 19 ans dans l’affaire de l’abattage d’un arbre planté en mémoire d’Ilan à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, contestant ainsi le fait que le tribunal n’ait pas reconnu le caractère antisémite de leur acte. Aussi, leur ADN avait également été prélevé sur des morceaux de pastèque retrouvés autour du tronc d’arbre coupé – un fruit utilisé par les pro-Palestiniens, surtout depuis le pogrom du 7-Octobre mené en Israël, en référence aux couleurs du drapeau palestinien.
D’autres dégradations ont été constatées à Menton, Aubagne.
Enterré une première fois à Pantin, sa mère, Ruth, fera exhumer sa tombe pour qu’il soit enterré au cimetière Har Hamenuhot [« mont des Répits » en hébreu], à Jérusalem, afin que « les assassins de mon fils ne puissent jamais venir cracher sur sa tombe ».







