Israël convoque un diplomate belge pour la deuxième fois en une semaine
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Israël convoque un diplomate belge pour la deuxième fois en une semaine

Israël reproche à la Belgique d'y avoir invité fin février à s'exprimer, Brad Parker, un militant jugé anti-Israël

Brad Parker (Crédit : Twitter)
Brad Parker (Crédit : Twitter)

Le gouvernement israélien a convoqué mardi, pour la seconde fois en une semaine, le N.2 de l’ambassade belge en Israël pour dénoncer la décision de la Belgique d’inviter un dirigeant d’une ONG « pro-palestinienne » à prononcer un discours au Conseil de sécurité de l’ONU.

Au mois de février, la Belgique a pris la présidence tournante du conseil et elle utiliserait ce privilège pour inviter des intervenants qui, selon les officiels de Jérusalem très en colère, affichent une partialité extrême en défaveur de l’Etat juif.

L’ambassadeur suppléant de Belgique, Pascal Buffin, a été convoqué aux Affaires étrangères israéliennes à Jérusalem par la directrice de la section européenne, ont indiqué des sources diplomatiques à l’AFP.

Israël reproche à la Belgique d’y avoir invité fin février à s’exprimer, Brad Parker, un responsable de Defense for children International – Palestine (DCI-P). Cette ONG affirme défendre les droits des enfants dans les Territoires palestiniens.

Les autorités israéliennes accusent l’ONG DCI-P d’avoir eu par le passé, dans ses conseils d’administration, des membres affiliés au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par l’Union européenne, les Etats-Unis et Israël.

Israël accuse plus particulièrement M. Parker, un responsable de l’ONG à Ramallah, de publier des contenus « anti-israéliens » sur les réseaux sociaux. « Il est connu pour ses positions extrêmes contre Israël », a déclaré le porte-parole du ministère Lior Haiat.

Il s’agit de la deuxième fois en moins d’une semaine que les autorités israéliennes convoquent l’ambassadeur suppléant de Belgique pour cette affaire qui envenime les relations entre la Belgique et l’Etat hébreu.

Il s’agit d’une « tension inutile dont l’origine est l’initiative belge d’inviter une ONG hostile, liée à la violence, à une réunion fermée du Conseil de sécurité », a écrit sur Twitter l’ambassadeur israélien pour la Belgique, Emmanuel Nahshon. « Aisément évitable », a ajouté cet ancien porte-parole de la diplomatie israélienne.

« La Belgique s’est positionnée comme l’un des Etats-membres les plus hostiles à l’égard d’Israël », avait indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lior Haiat au Times of Israel, jeudi. « Inviter un activiste radical d’une telle partialité comme Parker, pour qu’il apporte des informations au conseil de Sécurité n’en est qu’un illustration négative supplémentaire. »

L’ambassadeur d’Israël en Belgique Emmanuel Nahshon a écrit sur Twitter, jeudi, ses regrets de voir Bruxelles inviter des « soutiens au terrorisme » au conseil de Sécurité. « C’est extrêmement décevant et nous exprimerons notre indignation dans les termes les plus forts », avait-il ajouté.

Parker avait indiqué au mois de janvier 2019 que « les forces armées israéliennes ont été régulièrement impliquées dans de vastes et systématiques violations des droits de l’Homme contre les enfants palestiniens et pourtant, c’est l’impunité systémique qui reste la norme ».

En 2015, un an après l’opération Bordure protectrice contre les groupes terroristes de Gaza, Parker avait accusé l’Etat juif de contrevenir au droit international et de mener des « attaques indiscriminées ».

NGO-Monitor, un groupe de veille israélien critique des ONGs pro-palestiniennes, avait clamé au mois de février 2019 que « de nombreux membres du bureau de DBI-P, responsables et employés » appartenaient au Front populaire de libération de la Palestine, un groupe terroriste internationalement reconnu. Il avait donné des détails sur plusieurs des officiels incriminés et sur les liens entretenus par ces derniers avec le FPLP.

L’un des principaux donateurs à DCI-P est l’organisation caritative catholique et belge Broederlijk Delen, financée lourdement par le gouvernement à Bruxelles, avait affirmé NGO-Monitor.

« Je ne peux pas imaginer comment le gouvernement belge a pu justifier d’inviter une ONG de propagande liée au terrorisme à prendre la parole au conseil de Sécurité », a déclaré le chef de NGO-Monitor, Gerald Steinberg, au Times of Israel. « Peut-être que la réponse ferme d’Israël amènera certains officiels européens à examiner les relations étroites entretenues avec le réseau palestinien ».

Interrogé jeudi par le Times of Israël, Parker a insisté qu’il ne soutenait pas le terrorisme.

Parker, dans sa réponse au Times of Israël, a menacé de poursuites judiciaires tous ceux qui accuseraient son organisation d’entretenir des liens avec les terroristes.

« DCI-P s’est engagé et a donné pour instruction à ses avocats au Royaume-Uni et ailleurs de porter plainte concernant les allégations de liens entretenus par notre organisation avec des groupes désignés comme étant terroristes et concernant toute autre affirmation disant que DCI-P soutiendrait le terrorisme », a-t-il écrit.

« Plutôt que de demander que les forces israéliennes cessent intentionnellement, en toute illégalité et à balle réelle, de tuer des enfants qui manifestent à Gaza, ou que les autorités israéliennes fassent assumer leurs responsabilités aux auteurs de ces tirs, les responsables israéliens et les forces conservatrices et nationalistes croissantes en Israël créent et disséminent de fausses informations dans le but de réduire au silence et d’éliminer le travail légitime des organisations des droits de l’Homme qui exposent les violations aux droits de l’Homme inhérentes à l’occupation militaire par Israël des Palestiniens », a-t-il poursuivi.

Dans une déclaration envoyée aux journalistes israéliens, le ministère belge des Affaires étrangères s’est dit « surpris et consterné » par le fait qu’Israël ait exprimé son mécontentement sur cette question dans les médias.

Emmanuel Nahshon devant le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 28 janvier 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous avons appelé l’ambassadeur d’Israël ce matin pour lui faire part de notre consternation face à certains tweets qu’il a retweeté en sa qualité officielle d’ambassadeur en Belgique. Nous avons clairement exprimé notre désaccord tant sur le fond que sur la forme », indique la déclaration.

« La Belgique est attachée à de bonnes relations avec Israël et souhaite maintenir un dialogue ouvert, franc et amical. En effet, nous avons tendu la main à Israël de manière proactive sur ce sujet particulier. Toutefois, cela ne devrait/ne devrait pas nous empêcher d’avoir une opinion ».

En réponse à cette déclaration, un fonctionnaire diplomatique à Jérusalem a déclaré que Bruxelles devrait repenser l’accueil d’une personne ayant des vues hostiles envers l’État juif plutôt que de se concentrer sur les articles des médias israéliens. « L’invitation au Conseil de sécurité d’une personne ayant de telles vues anti-israéliennes ne représente pas l’amitié entre la Belgique et Israël », a ajouté le responsable.

Le ministère belge des Affaires étrangères, dans sa déclaration de vendredi, a indiqué qu’il préside actuellement le groupe de travail sur les enfants et les conflits armés à New York, un organe subsidiaire du Conseil de sécurité des Nations unies.

« Au-delà de cela, l’attention portée à la situation des enfants dans les conflits armés est une priorité traditionnelle de la diplomatie belge. Nous attachons également de l’importance à la participation de la société civile au Conseil de sécurité des Nations unies, dans un souci de transparence », peut-on lire dans la déclaration.

Bruxelles a exprimé son désaccord avec certaines des revendications d’Israël concernant DCI-P, a déclaré le ministère, notant que l’ONG a un « statut consultatif » dans plusieurs organes des Nations unies, y compris l’UNICEF.

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