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Israël prêt à défendre la nouvelle plateforme gazière de Karish contre le Hezbollah

La marine utiliserait des navires et des sous-marins pour protéger le site de forage ; le système du Dôme de fer sera également déployé près du site, selon Kan

Plate-forme flottante de production et de stockage d'Energean. Illustration (Crédit : Autorisation)
Plate-forme flottante de production et de stockage d'Energean. Illustration (Crédit : Autorisation)

L’armée israélienne se prépare à l’éventualité d’une tentative d’attaque de la nouvelle plateforme gazière de Karish, qui se trouve au large de la côte méditerranéenne du pays, de la part du groupe terroriste du Hezbollah, selon des informations qui ont été rendues publiques par la chaîne Kan, dimanche.

Un reportage a indiqué que des navires de la marine, y compris des sous-marins, aideront à sécuriser la plate-forme. Une version navale du système de défense antimissile du Dôme de fer sera aussi aussi déployée dans la zone à des fins de protection accrue.

La nouvelle plateforme de forage est arrivée sur le site de Karish dimanche et elle devrait être opérationnelle dans les prochains mois.

Dimanche, le président libanais Michel Aoun a mis en garde Israël contre tout forage à Karish, affirmant qu’il s’agissait d’un site maritime contesté.

Le site d’information Walla a cité les propos d’un haut responsable israélien qui a qualifié sous couvert d’anonymat, dimanche soir, les allégations libanaises de « mensongères », ajoutant que les récentes revendications de Beyrouth concernant le site « contredisaient les positions que le Liban lui-même a présentées par le passé ».

« Toute action ou activité dans la zone contestée sera considérée comme une provocation et comme un acte hostile », a annoncé le bureau du président Aoun.

Il a ajouté que le président avait discuté de la question avec le Premier ministre Najib Mikati et qu’il avait demandé aux responsables de l’armée de le tenir au courant des activités menées sur la plate-forme, qui est exploitée par la société énergétique grecque Energean. Il a également évoqué les pourparlers en cours visant à régler le différend frontalier maritime entre le Liban et Israël, des négociations qui ont lieu par l’intermédiaire des États-Unis.

La corvette de classe Saar 5 « INS Hanit » et un petit bateau de la marine israélienne lors d’un exercice naval international en Méditerranée, en mars 2022. (Crédit : Tsahal)

Selon Reuters, Mikati a accusé Israël « d’empiéter sur les richesses maritimes du Liban et de s’imposer dans une zone contestée, considérant la question de la propriété du gaz « comme un fait accompli ». Il a qualifié la démarche israélienne « d’extrêmement dangereuse ».

« La décision concernant la réponse à l’arrivée du navire est dorénavant entre les mains de l’État et du Hezbollah », a déclaré Bassam Yasin, chef de la délégation libanaise aux négociations dont les propos ont été cités par la chaîne publique Kan.

Les ennemis de longue date que sont Israël et le Liban ont tenu des pourparlers au cours de l’année écoulée en vue de délimiter leurs zones économiques exclusives respectives au large des côtes. Le secteur disputé, large de plusieurs centaines de kilomètres carrés, contiendrait d’importants gisements de gaz naturel, ce qui pourrait changer la donne pour le Liban, en proie à une crise économique dévastatrice.

Le groupe terroriste du Hezbollah a mis en garde Israël contre toute recherche unilatérale de gaz naturel dans la région maritime contestée avant la conclusion d’un accord.

Les négociations sont censées porter sur une zone maritime de 860 kilomètres-carrés, selon une carte enregistrée auprès des Nations unies en 2011.

Mais en 2020, le Liban a exigé une zone supplémentaire de 1 430 kilomètres-carrés plus au sud, a expliqué l’expert libanais en énergie Laury Haytayan. Il a qualifié la nouvelle phase des négociations de « guerre des cartes ».

Ce secteur supplémentaire s’étend sur une partie du champ gazier de Karish qu’Israël a attribué à Energean, qui devait commencer à pomper du gaz vers le marché intérieur israélien l’année dernière. Karish, qui signifie « requin » en hébreu, contient 39,6 milliards de mètres-cubes de gaz.

Le président libanais Michel Aoun s’exprime lors d’un discours à la nation au palais présidentiel, à Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 21 novembre 2019. (Crédit : Dalati Nohra/AP)

Le ministre libanais des Affaires étrangères a répondu positivement en février aux propositions faites par le négociateur américain Amos Hochstein concernant la résolution du différend frontalier maritime avec Israël, dans des propos qui ont été publiés vendredi. Le chef terroriste du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aurait donné son feu vert pour la poursuite des négociations.

Cependant, le mois dernier, Nasrallah a exprimé son opposition farouche aux pourparlers menés par les États-Unis, semblant ainsi contredire les informations antérieures.

La zone autour de Karish comprend également un gisement potentiel connu sous le nom de bloc 72, qui contiendrait également d’importantes quantités d’hydrocarbures. En juin 2019, le gouvernement israélien avait autorisé la société américaine Noble Energy à y effectuer des forages exploratoires. Le développement du champ a toutefois essuyé les conséquences du conflit avec le Liban, sa destinée finale restant incertaine.

Israël et le Liban n’entretiennent aucune relation diplomatique et les deux pays sont techniquement en guerre. Ils revendiquent chacun un secteur d’environ 860 kilomètres-carrés de la mer Méditerranée, prétendant que ce secteur, selon eux, se situe dans leurs zones économiques respectives.

La zone autour de Karish comprend aussi une zone favorable connue sous le nom de bloc 72, qui contiendrait aussi d’importants gisements d’hydrocarbures. En juin 2019, le gouvernement israélien a donné le feu vert à la société américaine Noble Energy pour y effectuer des forages exploratoires, bien que le développement du champ ait été entravé par des inquiétudes quant à son sort dans le conflit avec le Liban.

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