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Israël veut rendre Facebook légalement responsable de son contenu – rapport

Une équipe d'experts cherchera également à contraindre les géants des réseaux sociaux à révéler leurs politiques de censure et leurs algorithmes

Le logo de Facebook sur les écrans du Nasdaq MarketSite, à Times Square, à New York, le 29 mars 2018. (Crédit : AP Photo/ Richard Drew/ File)
Le logo de Facebook sur les écrans du Nasdaq MarketSite, à Times Square, à New York, le 29 mars 2018. (Crédit : AP Photo/ Richard Drew/ File)

Une équipe d’experts israéliens nommés par le gouvernement devrait examiner des mesures de grande envergure pour freiner les entreprises mondiales de réseaux sociaux et pourrait chercher à tenir Facebook responsable, d’un point de vue légal, des publications sur sa plateforme, selon un rapport télévisé de dimanche.

L’équipe, actuellement en cours de sélection par le ministre des Communications Yoaz Hendel, pourrait chercher à contraindre Facebook à révéler ses politiques en matière de censure, d’exclusion et la façon dont les messages sont placés dans son algorithme, a rapporté la Douzième chaîne.

Actuellement, lorsque du contenu ou des utilisateurs sont retirés de la plateforme, Facebook n’est pas tenu de fournir des détails expliquant cette mesure.

Les mesures proposées prévoient également que les géants des réseaux sociaux deviennent responsables de l’incitation ou de la diffamation publiées sur leurs plateformes, ce qui serait pratiquement sans précédent dans le monde, selon le rapport.

À l’heure actuelle, Facebook et d’autres sites de réseaux sociaux ne sont pas légalement responsables des contenus faux ou préjudiciables qui apparaissent sur leurs plateformes, contrairement aux journaux et autres éditeurs traditionnels.

Ces dernières années, Facebook a également fait l’objet de critiques pour ne pas avoir réussi à endiguer les discours de haine, l’incitation et la désinformation. Cependant, Facebook n’a pas l’habitude d’interdire purement et simplement les fausses informations sur sa plateforme, ajoutant plutôt des vérifications de faits par des parties extérieures aux affirmations démenties. Les deux exceptions concernent les élections et le COVID-19.

Yoaz Hendel s’exprime lors d’une conférence à Ramat Gan, le 8 septembre 2019. (Crédit : Flash90)

Selon le rapport, les fonctionnaires tenteront d’obtenir des représentants de Facebook qu’ils discutent avec eux pour trouver une solution, avant de passer à l’action. L’idée serait d’inciter Facebook à prendre ses propres mesures pour assurer une plus grande transparence et une plus grande responsabilité dans ses opérations, ou à faire face à des mesures imposées par le gouvernement.

Les mesures envisagées, qui doivent être finalisées dans les trois mois par le groupe de travail de M. Hendel, pourraient s’appliquer à tous les réseaux sociaux, selon le rapport.

Le rapport a été publié quelques jours après qu’un ancien employé de Facebook a déclaré aux membres du Congrès américain que l’entreprise sait que sa plateforme diffuse des informations erronées et des contenus préjudiciables aux enfants, mais qu’elle refuse d’apporter des changements qui pourraient nuire à ses bénéfices.

Et la semaine dernière, une panne mondiale de six heures a mis hors service Facebook, Instagram et le service de messagerie WhatsApp, touchant potentiellement des milliards d’utilisateurs et soulignant la dépendance mondiale aux services appartenant à Facebook. Facebook a mis en cause un changement de configuration et a présenté ses excuses.

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