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Incendies illégaux de déchets en Cisjordanie : Katz et Smotrich lancent un plan d’urgence

Qualifié de "terrorisme environnemental" par le ministre des Finances, le dispositif prévoit la saisie de camions palestiniens, l’élimination massive des déchets et un nouveau site, aux frais de l’AP

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Des Palestiniens brûlant illégalement des déchets électroniques près d'Azzoun, dans le gouvernorat de Qalqilya, au nord de la Cisjordanie, le 24 novembre 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)
Des Palestiniens brûlant illégalement des déchets électroniques près d'Azzoun, dans le gouvernorat de Qalqilya, au nord de la Cisjordanie, le 24 novembre 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Le ministre de la Défense, Israel Katz, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ont déclaré jeudi que les incendies illégaux de déchets en Cisjordanie constituaient une menace pour la sécurité nationale, et ont annoncé le lancement d’un plan national d’urgence visant à lutter contre ce phénomène, à l’issue d’une réunion avec des responsables d’autorités locales.

Ce plan, piloté conjointement par les ministères de la Défense et des Finances, en coordination avec les agences de sécurité, les forces de l’ordre et les autorités locales les plus touchées, comprendra plusieurs mesures coercitives. Celles-ci incluent la saisie administrative de camions à ordures palestiniens, l’élimination à grande échelle des déchets, ainsi que la création d’un nouveau site de traitement des déchets dans le centre de la Cisjordanie, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

Selon Smotrich, les coûts liés à la mise en œuvre de ce plan seront imputés à l’Autorité palestinienne (AP).

La décision d’introduire ces nouvelles mesures a été prise après la présentation, lors de la réunion de jeudi, d’un « tableau inquiétant » montrant que l’impact des incendies de déchets était « bien plus étendu et grave » que ce qui avait été évalué jusqu’à présent, selon le ministère de la Défense.

La pratique consistant à brûler des déchets est nocive tant pour l’environnement que pour les populations vivant à proximité, en raison des fumées toxiques et des polluants libérés lors de ces incinérations.

Cette annonce intervient quelques jours après un avertissement du ministère de la Santé demandant aux habitants de l’est de Shoham, dans le centre d’Israël, de rester à l’intérieur de leur domicile et d’éteindre leurs climatiseurs à certaines heures, en raison d’une grave pollution de l’air causée par des incinérations illégales de déchets en Cisjordanie.

Réunion consacrée à la lutte contre les incendies de déchets en Cisjordanie, en présence du ministre des Finances Bezalel Smotrich (cinquième à partir de la gauche) et du ministre de la Défense Israel Katz (sixième à partir de la gauche), le 18 décembre 2025. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Les autorités ont indiqué qu’un dispositif mobile de surveillance de la qualité de l’air, installé au début du mois par le ministère de l’Environnement, avait détecté des concentrations de benzène et d’autres polluants, notamment de particules fines PM 2,5, supérieures aux seuils autorisés par la loi sur la qualité de l’air.

Le benzène est reconnu comme cancérigène. Les PM 2,5 sont des particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, capables de pénétrer profondément dans les poumons et de provoquer ou d’aggraver des troubles respiratoires.

Pour faire face à cette situation, l’administration civile, une division du COGAT, l’organisme du ministère de la Défense chargé de la gestion des affaires civiles en Cisjordanie, a annoncé la fermeture de quatre sites d’incinération couvrant une superficie totale d’environ environ 4,5 hectares.

« Nous ne permettrons pas aux habitants des communautés situées près du tracé de la ligne de démarcation de respirer une fumée qui empoisonne et nuit à leur santé », a déclaré Katz dans le communiqué du ministère de la Défense, en référence à la frontière entre Israël et la Cisjordanie.

« Ce phénomène doit être traité au plus haut niveau comme un problème national », a-t-il ajouté, estimant que « le minimum pour les habitants, pour les citoyens israéliens, pour les enfants comme pour les adultes, est de pouvoir respirer un air propre ».

« Nous traiterons cette question avec le plus grand sérieux et mobiliserons tous les moyens nécessaires afin d’y mettre un terme une fois pour toutes », a-t-il promis, précisant que « tous les contrevenants, Palestiniens ou autres », seraient sanctionnés.

Smotrich, qui dirige le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, a qualifié le phénomène de « terrorisme environnemental ».

« Ce terrorisme environnemental montre que la Ligne verte est une frontière virtuelle. Lorsque la Judée et la Samarie deviennent l’arrière-cour de l’État d’Israël, c’est l’ensemble de la population israélienne qui en subit les conséquences », a-t-il déclaré.

« Nous éradiquerons ce phénomène par des mesures coercitives, l’élimination des déchets, des amendes lourdes et dissuasives, et, bien sûr, par la création d’alternatives pour le traitement des déchets, tout en en faisant porter le coût à l’Autorité palestinienne », a-t-il ajouté.

La ministre de la Protection de l’environnement, Idit Silman, présente les principaux aspects d’un nouveau plan visant à lutter contre l’incinération illégale des déchets en Cisjordanie, à Modi’in, dans le centre d’Israël, le 4 novembre 2025. (Crédit : Asi Efrati, Bureau de presse du gouvernement)

La question de l’incinération illégale des déchets en Cisjordanie, qui dure depuis une vingtaine d’années, est devenue particulièrement sensible ces derniers mois, avec une augmentation des plaintes émanant de l’ensemble du tracé de la Ligne verte, et même de zones aussi éloignées que Tel Aviv.

Des déchets électroniques sont introduits illégalement en Cisjordanie afin d’y être brûlés par des acteurs cherchant à éviter les coûts de mise en décharge en Israël et à tirer profit de la revente des métaux récupérés après la combustion du plastique qui les entoure.

Dans un rapport publié l’an dernier, le contrôleur de l’État a reproché à l’administration civile de ne pas avoir mis en place, pendant des années, une infrastructure opérationnelle de traitement des déchets en Cisjordanie. Seules deux décharges desservent actuellement l’ensemble du territoire : l’une au nord, près de Jénine, et l’autre au sud, à proximité de Bethléem. Le contrôleur a souligné que de nombreuses municipalités palestiniennes doivent supporter des coûts élevés pour acheminer leurs déchets sur de longues distances jusqu’à la décharge la plus proche, ce qui conduit nombre d’entre elles à recourir à l’incinération.

Au début du mois, le ministère de l’Environnement avait sollicité un budget d’environ 41 millions de dollars pour lutter contre les incendies de déchets, mais Smotrich n’a pas inclus cette enveloppe dans le budget de l’État approuvé par le cabinet.

Le coût global de l’état d’urgence national n’a pas été rendu public. Il pourrait toutefois porter un nouveau coup à l’économie déjà affaiblie de l’AP, affectée par la rétention par Israël de millions de shekels en raison de différends avec Ramallah, notamment sur le versement d’allocations aux terroristes palestiniens et à leurs familles.

Dans le cadre d’une autre mesure annoncée jeudi pour lutter contre la pollution en Cisjordanie, le chef de l’administration civile, le général de brigade Hisham Ibrahim, a ordonné l’imposition de sanctions et la révocation des permis de plusieurs propriétaires d’usines palestiniens opérant à proximité d’Hébron.

Selon l’administration civile, des usines situées au sud de Hébron ont déversé illégalement des eaux usées dans le ruisseau de Hébron ainsi que dans des zones ouvertes voisines, provoquant une pollution atmosphérique et environnementale importante qui a affecté Beer Sheva et les localités environnantes.

« Après plusieurs avertissements adressés aux propriétaires, il a été décidé de révoquer les permis de passage des propriétaires d’usines et de leurs employés, conformément aux pouvoirs de l’unité », indique un communiqué du COGAT. « En outre, les systèmes d’égouts illégaux des usines ont été déconnectés et scellés. »

L’administration civile a précisé que des sanctions civiles similaires seraient imposées dans d’autres zones de Cisjordanie, après évaluation, « lorsque l’on estimera que de telles mesures sont susceptibles d’éradiquer les sources de pollution ».

Sue Surkes et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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