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Pollution de l’air : La Santé demande aux habitants de Shoham de rester chez eux

Le ministère a sommé certains résidents de cette ville du centre d'Israël de fermer leurs fenêtres et d'éteindre leur climatisation pour se protéger contre la pollution causée par la combustion illégale des déchets en Cisjordanie

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Un feu allumé pour brûler des déchets en Cisjordanie, une photo prise depuis la ville d'Harish, au nord d'Israël, au mois d'octobre 2025. (Crédit : Dolev Hilell)
Un feu allumé pour brûler des déchets en Cisjordanie, une photo prise depuis la ville d'Harish, au nord d'Israël, au mois d'octobre 2025. (Crédit : Dolev Hilell)

Le ministère de la Santé a sommé les habitants du quartier le plus à l’est de Shoham, une ville du centre d’Israël, de rester chez eux et d’éteindre leur climatisation tous les jours – du début de soirée jusqu’au matin. En cause : la grave pollution atmosphérique qui est entraînée par la combustion des déchets en Cisjordanie.

Mercredi, l’Administration civile a annoncé avoir démoli et fermé quatre sites d’incinération de déchets qui, ensemble, couvraient presque cinq hectares et qui étaient à l’origine d’une pollution atmosphérique dans tout le centre d’Israël.

En réponse à une série de plaintes émanant des habitants de Shoham et des communautés voisines, des plaintes qui portaient sur la pollution de l’air et sur les odeurs désagréables, le ministère de la Santé a annoncé, dans la journée de lundi, qu’un moniteur mobile qui a été installé par le ministère de la Protection environnementale au début du mois avait détecté des niveaux de benzène et de PM2,5 qui dépassaient les limites autorisées par la loi sur la qualité de l’air.

Le benzène est cancérigène. Les PM2,5 sont de petites particules polluantes, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, qui pénètrent dans les poumons et qui peuvent provoquer des problèmes respiratoires ou les aggraver.

Dans son avertissement à l’adresse des habitants du quartier Hadarim, à Shoham, le ministère de la Santé a expliqué que « l’incinération incontrôlée des déchets, principalement des produits plastiques et électroniques » pouvait libérer d’autres substances nocives – comme des métaux lourds – qui sont « toxiques et cancérigènes ».

Les déchets électroniques sont introduits en toute illégalité en Cisjordanie pour y être brûlés par des personnes qui veulent éviter les frais de mise en décharge en Israël, et qui sont désireuses de tirer profit de la vente des métaux susceptibles d’être extraits en faisant fondre le plastique qui les entoure.

Une étude réalisée en 2019 a mis en évidence une corrélation statistique entre les lymphomes – une sorte de cancer – chez les enfants des villages palestiniens situés au sud-ouest du mont Hébron et l’emplacement des sites de démantèlement et d’incinération des déchets électroniques.

Un graphique qui a été établi par le site de surveillance de la qualité de l’air régulièrement mis à jour par le ministère de la Protection environnementale montre que les niveaux de benzène ont atteint 20 microgrammes par mètre cube entre 6 heures et 8 heures lundi – ce qui est bien supérieur au niveau autorisé de 3,9 microgrammes par mètre cube.

Un graphique établi par une station de surveillance de la qualité de l’air du ministère de la Protection environnementale à Shoham, dans le centre d’Israël, montre que les niveaux de benzène cancérigène atteignent près de 20 microgrammes par mètre cube. (Crédit : Ministère de la Protection environnementale)

Le ministère de la Santé a admis qu’il serait dans l’incapacité d’agir tant que les autorités compétentes n’auraient pas pris de mesures pour mettre fin aux feux. Parmi ces autorités figurent l’Administration civile israélienne en Cisjordanie, l’armée israélienne, les pompiers et la police.

Mercredi, l’Administration civile a annoncé avoir lancé une vaste opération de répression contre les incinérations sauvages de déchets, ajoutant que quatre sites établis à cet effet avaient été détruits, représentant une surface de presque cinq hectares.

Les feux entraînaient une pollution de l’air à Shoham, Harish, Pardes Hana et Modiin, a noté l’armée israélienne.

« Nous soulignons que Tsahal, par l’intermédiaire de l’Administration civile, utilise tous les moyens à sa disposition contre ceux qui causent la pollution atmosphérique – y compris en lançant des embuscades contre les camions et contre les incinérateurs de déchets ou en imposant des sanctions civiles », a-t-elle ajouté, s’engageant à « continuer à intervenir jusqu’à ce que le phénomène cesse ».

La question de l’incinération illégale des déchets en Cisjordanie – une question qui se pose depuis deux décennies – est devenue un sujet brûlant ces derniers mois, avec une augmentation des plaintes provenant de toute la longueur de la Ligne verte – et même de Tel Aviv.

La ministre de la Protection environnementale, Idit Silman, qui a qualifié ces feux « de terrorisme environnemental », a présidé une commission interministérielle qui s’est penchée sur le dossier avec le ministère de la Défense, qui devrait rendre son rapport au mois de janvier.

La ministre de la Protection de l’environnement, Idit Silman, présente les principaux aspects d’un nouveau plan visant à lutter contre l’incinération illégale des déchets en Cisjordanie, à Modi’in, dans le centre d’Israël, le 4 novembre 2025. (Crédit: Asi Efrati, Bureau de presse du gouvernement)

À ce jour, ses propositions n’ont pas encore été officiellement approuvées par le ministère de la Défense, et le ministère des Finances n’a pas donné son accord à sa demande de financement.

Les différentes instances concernés par cette problématique doivent se réunir au ministère de la Défense dans la journée de jeudi.

Yaniv Bleicher, à la tête de l’association Citizens for Clean Air, a estimé que l’avertissement inhabituel qui a été lancé par le ministère de la Santé était « une preuve supplémentaire de l’incapacité persistante de l’État à lutter contre l’incinération des déchets qui nuisent à la santé des habitants d’Israël depuis de nombreuses années ».

Il a ajouté que « malgré nos demandes répétées, pas un seul shekel n’a été alloué dans le budget de l’État qui a été approuvé par le gouvernement à la lutte contre la combustion des déchets. Le message est clair : le public continuera à payer de sa santé les échecs de l’État. Il n’est pas trop tard pour réparer cela. Nous demandons que les modifications nécessaires soient apportées à la loi des Finances avant qu’elle ne soit soumise au vote de la Knesset ».

Yaniv Bleicher, président de Citizens for Clean Air. (Autorisation)

Dans un rapport publié l’année dernière, le contrôleur de l’État a accusé l’administration civile de ne pas être parvenue, au fil des années, à mettre en place des infrastructures fonctionnelles pour le traitement des déchets en Cisjordanie. Seules deux décharges desservent l’ensemble de la Cisjordanie : l’une se trouve au nord, à proximité de Jénine, et l’autre au sud, près de Bethléem.

Le contrôleur a noté que de nombreuses municipalités palestiniennes devaient supporter des coûts élevés pour transporter leurs déchets sur de longues distances jusqu’à la décharge la plus proche, ce qui amenait un grand nombre d’entre elles à les brûler à la place.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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