La coalition soutient un projet de loi pour limiter les pouvoirs du président
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La coalition soutient un projet de loi pour limiter les pouvoirs du président

Koulanou et HaBayit HaYehudi ont dit au Likud qu’ils soutiendront la loi si le parti au pouvoir accepte d’appeler à des élections anticipées

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Dimanche, les responsables de la coalition ont accepté de faire avancer un projet de loi qui limiterait les pouvoirs du président pour décider qui aura la charge de former un gouvernement après les élections, une proposition qui est perçue comme une tentative destinée à empêcher un potentiel « coup d’état » au sein du parti au pouvoir du Likud contre son dirigeant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les chefs des partis de la coalition sont parvenus à un accord au cours de leur rencontre hebdomadaire en vue de soutenir le projet de loi dans sa lecture préliminaire à la Knesset, permettant de poursuivre la discussion sur la position du gouvernement, selon un porte-parole du parti du Likud.

La décision intervient après qu’une émission de Radio Israël a expliqué que Koulanou et HaBayit HaYehudi, partis de la coalition, ont déclaré au Likud qu’ils voteraient en faveur de la loi si le parti au pouvoir acceptait d’appeler à des élections anticipées.

Tôt dimanche, Netanyahu a dit aux ministres du Likud qu’il y avait des « failles dans la loi actuelle qui devaient être réglées ».

Le projet de loi, qui se présente sous la forme d’un amendement à une Loi fondamentale quasi-constitutionnelle, assurerait que seul le chef de chaque parti politique a le droit de former un gouvernement et aucune autre personne sur les listes des partis.

Le projet de loi a été proposé par le président de la coalition David Amsalem (Likud) après des rumeurs selon lesquelles le président Reuven Rivlin envisageait la possibilité de demander à Gideon Saar, un concurrent potentiel à Netanyahu aux prochaines élections, de former un gouvernement.

Le ministre de l’Éducation Gideon Saar et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en décembre 2012. (Miriam Alster/ Flash90)

Saar était une étoile montante du Likud jusqu’à ce qu’il fasse une pause dans sa carrière politique en 2014. Les analystes le considèrent comme un concurrent important pour le poste de Premier ministre dans une ère post-Netanyahu. Il continue de bénéficier d’une forte popularité parmi les militants du Likud. Saar a exprimé l’intention de se présenter à la tête du parti, pas seulement du Likud, mais du pays.

Selon la loi actuelle, après les élections, le président consulte les chefs de toutes les factions avant de demander au dirigeant du parti que l’on pense avoir la meilleure chance de former un gouvernement de commencer des négociations avec des potentiels partenaires de coalition. Le dirigeant avec la tâche de former un gouvernement est généralement celui qui reçoit le plus de recommandations d’autres partis, et est habituellement – mais pas nécessairement – le chef du parti qui a remporté le plus grand nombre de sièges.

Les rumeurs d’un possible « coup d’état » par Saar auraient été la raison pour laquelle Netanyahu a retardé sa décision d’appeler à des élections anticipées en 2019.

Selon un article d’octobre du journal Israel Hayom pro-Netanyahu, le Premier ministre avait récemment décidé de dissoudre la Knesset lors des premiers jours de la session d’hiver, mais il avait alors été informé par des proches et des officiels au sein du Likud que Rivlin ne lui demanderait pas de former un nouveau gouvernement après les élections, à cause de préoccupations liées aux enquêtes criminelles qui le visent.

L’article expliquait que des responsables d’autres partis pourraient aussi conditionner leur participation au gouvernement s’il n’était pas dirigé par Netanyahu.

Après la publication de l’article, Netanyahu a publiquement accusé Saar d’avoir comploté pour le remplacer, qualifiant ce plan de « conspiration du siècle ».

Selon l’article, Rivlin songeait à la possibilité de charger quelqu’un d’autre que Netanyahu pour former le gouvernement – un autre député au sein du Likud, si le parti venait à remporter largement les élections, ou un député d’un autre parti, si la marge de la victoire était plus mince – à la lumière des enquêtes actuelles pour corruption qui visent le Premier ministre.

Depuis qu’il est devenu président en 2015, Rivlin a été publiquement en désaccord avec le Premier ministre sur un certain nombre de sujets sensibles, même s’il s’est efforcé de ne pas attaquer directement le Premier ministre. Le président a aussi défendu publiquement plusieurs institutions qui étaient attaquées par Netanyahu et ses alliés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le Président Reuven Rivlin lors de la cérémonie de remise du Prix Israël au Centre international de conférences de Jérusalem le 2 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Rivlin a rejeté l’article sur le « coup d’état » affirmant qu’il s’agissait de « paranoïa », alors que Saar l’a qualifié de « théorie ridicule de conspiration ».

Dimanche, lors d’une rencontre avec les ministres du Likud, Netanyahu a dit qu’il a compris depuis longtemps que Rivlin prévoyait de donner la mission de former un gouvernement à la personne qui aurait le plus de recommandations, sans prendre en compte d’autres facteurs.

En 2009, Netanyahu est devenu Premier ministre après que la cheffe de l’opposition Tzipi Livni eut été incapable de former une coalition, même si son parti Kadima avait remporté un plus grand nombre de sièges.

La police a recommandé de poursuivre Netanyahu dans trois affaires séparées, et des législateurs proches du Premier ministre ont lancé des attaques répétées contre la presse et la police, proposant différentes lois pour limiter leur capacité à faire des articles ou des enquêtes sur des personnalités publiques.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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