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La confiance des Israéliens dans la démocratie reste faible – sondage IDI

Un sondage montre une légère hausse de la confiance institutionnelle par rapport à 2024 ; une majorité d’Israéliens s’estime non représentés ; 34 % jugent la situation du pays mauvaise

Des manifestants protestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement. Une petite pancarte blanche indique : « Un gouvernement qui a oublié ce que signifie être Juif », près de la Knesset à Jérusalem, le 5 mai 2025.  (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Des manifestants protestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement. Une petite pancarte blanche indique : « Un gouvernement qui a oublié ce que signifie être Juif », près de la Knesset à Jérusalem, le 5 mai 2025.  (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

La confiance des citoyens dans la démocratie et les institutions publiques israéliennes reste proche de son niveau le plus bas pour la deuxième année consécutive, selon les données publiées lundi par l’Institut israélien de la démocratie (IDI) dans son indice annuel de la démocratie. Les Israéliens sont néanmoins nettement plus nombreux qu’en 2024 à estimer que la situation générale du pays est bonne.

L’étude montre que la confiance dans le gouvernement, tant chez les Juifs que chez les Arabes, reste proche des niveaux observés l’an dernier.

Chez les répondants juifs, elle s’établit à 25 %, en hausse d’un peu plus de deux points par rapport à 2024. Chez les Arabes, elle atteint 17,5 %, soit une augmentation d’un point.

L’enquête indique également que, parmi les Juifs, la confiance dans l’armée israélienne demeure élevée, à 81 %, un niveau inchangé par rapport à l’année précédente. Chez les citoyens arabes, la confiance dans Tsahal s’établit à 31 %, en baisse de trois points.

La confiance dans la police israélienne a reculé de trois points chez les Juifs, passant de 42 % à 39 %. Chez les Arabes, seuls 22 % des sondés déclarent avoir confiance dans la police, soit deux points de moins qu’en 2024.

Ce recul du soutien à la police intervient dans un contexte de hausse de la criminalité violente, en particulier des féminicides et des homicides au sein de la communauté arabe d’Israël.

Des membres du mouvement « Standing Together » manifestent devant le quartier général de la police nationale israélienne à Jérusalem contre la montée de la violence dans les communautés arabes en Israël, le 23 novembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Quant à la Cour suprême, régulièrement prise pour cible par le gouvernement ces dernières années, les répondants juifs disent lui faire confiance à hauteur de 41 %, contre 39 % l’an dernier. Chez les Arabes, la confiance atteint également 41 %, en hausse par rapport aux 35,5 % enregistrés en 2024.

Concernant l’état de la démocratie israélienne, un peu plus d’un quart des Juifs interrogés (27 %) l’ont jugée « bonne ou excellente ». Chez les Arabes, cette proportion n’est que de 12 %.

Les résultats varient fortement selon l’affiliation politique. Les personnes s’identifiant aux partis de droite du Likud et de HaTzionout HaDatit attribuent respectivement des notes de 44 % et 47 % à la démocratie israélienne.

Parmi les répondants s’identifiant aux partis d’opposition, en particulier Yesh Atid, Raam et Hadash-Taal, seuls 10 % estiment la démocratie « bonne ou excellente ». Ce chiffre tombe à 7 % chez les électeurs d’Yisrael Beytenu.

L’enquête révèle également qu’une majorité d’Israéliens, Juifs comme arabes, considère qu’aucun parti ne représente fidèlement ses opinions (67,5 % chez les Juifs et 76 % chez les Arabes).

S’agissant de la situation générale du pays, les perceptions se sont nettement améliorées en 2025. Seuls 34 % des répondants estiment que la situation est « mauvaise ou très mauvaise », contre 54 % l’année précédente. Reflétant cette vision plus positive, 29,5 % ont déclaré que la situation d’Israël était bonne, contre seulement 15 % l’année dernière.

Des employés de la commission centrale électorale comptant les derniers bulletins de vote, à la Knesset, le 3 novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Cette amélioration du climat général intervient après une année marquée par plusieurs développements majeurs dans la région. En octobre, Israël a conclu un accord de cessez-le-feu avec le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, qui a permis jusqu’à présent la libération de tous les otages vivants de Gaza, ainsi que la restitution des dépouilles de tous les captifs morts sauf un.

Israël a, en outre, mené une guerre de 12 jours contre l’Iran en juin, lançant une offensive spectaculaire et de grande envergure contre les principaux chefs militaires, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques du pays, qu’il estimait nécessaire pour empêcher la République islamique de mettre à exécution son projet déclaré de détruire l’État juif.

Alors que 2026 sera une année électorale en Israël, l’IDI a demandé aux personnes interrogées si elles estimaient que les prochaines élections seraient « libres et équitables ». Seules 22,5 % se sont dites certaines que ce serait le cas ; 43 % pensent qu’elles le seront ; 20 % estiment qu’elles ne le seront pas ; et 6,5 % se disent certaines qu’elles ne seront pas libres et équitables.

Les détracteurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son gouvernement d’extrême droite ont averti que des tentatives pourraient être faites pour priver les électeurs arabes de leur droit de vote avant le scrutin prévu fin octobre, notamment en abaissant le seuil de disqualification des candidats arabes.

Selon l’indice de l’IDI, les personnes interrogées considèrent désormais les tensions entre la droite et la gauche comme « de loin la tension sociale la plus aiguë en Israël aujourd’hui », un résultat proche de celui de l’an dernier, alors qu’en 2022 les tensions entre Juifs et Arabes dominaient largement.

Malgré tout le mécontentement et la méfiance à l’égard des institutions israéliennes, une grande majorité d’Israéliens, tant arabes que Juifs, affirment qu’ils préféreraient rester en Israël même s’ils avaient la possibilité d’émigrer vers un pays occidental, avec respectivement 71 % et 72 % déclarant vouloir rester.

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