La guerre a renforcé la détermination des olim du 1ᵉʳ vol NBN Alyah depuis le 7 octobre
"Le conflit nous a poussés à clarifier nos projets et à les concrétiser", explique un couple du vol Nefesh B'Nefesh, à bord duquel 223 autres Juifs américains sont arrivés en Israël mardi
Josh et Naavah Gottesman, originaires de Bergenfield dans le New Jersey, rêvaient depuis des années de s’installer en Israël, sans jamais vraiment se sentir prêts à franchir le pas. La guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a suivi le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, a changé la donne.
« À un moment donné après le 7 octobre, l’envie qui nous animait s’est intensifiée », a expliqué Josh.
« Nous nous sommes demandé : ‘Comment pouvions-nous ne pas être avec notre peuple ?’ Cela nous a poussés à clarifier nos plans et à les concrétiser. »
Les Gottesman et leurs enfants faisaient partie des 225 nouveaux immigrants – ou olim hadashim – arrivés mercredi en Israël avec Nefesh B’Nefesh (NBN), à bord du premier vol charter de l’organisation en provenance d’Amérique du Nord depuis le début de la guerre, il y a plus de vingt-deux mois.
Ils s’inscrivent également dans une tendance croissante, avec une forte augmentation du nombre d’immigrants cet été malgré les défis posés par les guerres et les luttes diplomatiques auxquelles Israël est actuellement confronté.
En effet, le mois d’août devrait être le plus chargé de l’histoire de NBN, qui existe depuis vingt-trois ans, avec l’arrivée prévue de plus d’un millier d’olim hadashim.
« En règle générale, les gens quittent un pays en guerre, mais pour Israël, ils viennent apporter leur soutien », a déclaré au Times of Israel le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Ofir Sofer, à bord du vol organisé par NBN.
« Le fait que ces familles aient décidé que le moment était venu de prendre cette décision difficile de venir en Israël en dit long sur notre solidarité et notre résilience. »
Nefesh B’Nefesh aide les Juifs d’Amérique du Nord et du Royaume-Uni à franchir les différentes étapes du processus d’immigration en Israël, ou alyah, en leur offrant un soutien dans tous les domaines, des formalités administratives au logement, en passant par l’emploi et l’intégration sociale.
Le nombre d’immigrants en provenance des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, du Canada et d’autres pays occidentaux est en hausse, a déclaré Sofer. Si le nombre total d’olim a baissé de 30 % en 2024, selon les données du ministère de l’Immigration et de l’Intégration, cette baisse est principalement due à un désintérêt de la part de la Russie et de l’Ukraine, d’où provient plus de la moitié des nouveaux immigrants. L’alyah en provenance de ces pays avait connu un pic peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, au début de l’année 2022, mais elle a depuis diminué.
Ailleurs dans le monde, a fait valoir Sofer, les Juifs observent les succès et les sacrifices d’Israël sur le champ de bataille et décident qu’ils ne peuvent plus rester passifs en marge. Il a ajouté qu’aux États-Unis, du moins, peu de gens étaient motivés par la montée de l’antisémitisme, mais plutôt par la volonté de soutenir le rêve sioniste.
NBN prévoit d’accueillir environ 4 000 olim en 2025, ce qui en ferait l’une des meilleures années de son histoire récente. Depuis le début de l’année, l’organisation a accueilli 2 358 immigrants, contre 1 950 au cours de la même période en 2024 et 1 845 au cours des huit premiers mois de 2023.
Yael Katsman, vice-présidente de la communication, a déclaré que NBN avait enregistré une hausse de 80 % des demandes d’alyah immédiatement après l’assaut barbare et sanglant du 7 octobre. Comme le processus complet prend généralement au moins 18 mois, cette hausse ne se traduira par l’arrivée de nouveaux olim qu’à partir de cet été, a-t-elle expliqué.
Le vol de mercredi, le 65ᵉ depuis la création de NBN, est le seul vol charter de groupe de l’organisation en 2025, la plupart des personnes arrivant individuellement. Au cours des vingt-trois dernières années, quelque 90 000 immigrants ont fait leur alyah avec NBN.
Ce vol a été organisé en coopération avec le ministère israélien de l’Immigration et de l’Intégration, l’Agence juive et le Fonds National Juif (JNF/KKL).
Lors d’une petite cérémonie organisée à l’aéroport JFK de New York, avant le décollage, Sofer et le rabbin Yehoshua Fass, fondateur et directeur exécutif de NBN, ont rappelé à la foule l’importance de leur action.
« Il est important de montrer que nous avons foi et optimisme, et que notre avenir est prometteur », a déclaré Fass.
« Cela montre aux ennemis d’Israël qu’ils ne peuvent pas nous abattre, que nous allons de l’avant, que nous construisons, investissons et faisons rayonner notre lumière et notre avenir sur ce pays. »
La cérémonie s’est achevée par l’hymne national israélien, l’Hatikva, entonné par la foule avant l’embarquement.
Une atmosphère chargée d’émotion
L’ambiance à bord de l’avion était festive, même si les enfants s’agitaient dans tous les sens : parmi les 225 nouveaux arrivants, on comptait en effet 45 familles avec 125 enfants. Le plus jeune olé avait neuf mois et le plus âgé, 72 ans, selon NBN.
Tout au long du vol, les passagers se sont tenus debout dans les allées pour échanger des anecdotes, des conseils et des rêves, dans une ambiance décontractée qui n’est pas habituelle sur les vols commerciaux. Le personnel de NBN a circulé parmi les passagers pour renouer avec les immigrants, dont certains avaient travaillé avec eux depuis des années, dès leur première demande. De nombreuses familles portaient des tee-shirts qu’elles avaient créés spécialement pour l’occasion.
Sarah Pollak, qui déménageait de Woodmere, dans l’État de New York, à Ramat Beit Shemesh, avait confectionné des tee-shirts bleus pour son mari et ses quatre enfants.
« Je voulais faire quelque chose de mignon et de mémorable pour ramener notre famille à la maison », a-t-elle expliqué.
Les allées étaient également remplies de délégués à l’alyah qui parcouraient les rangées pour faire remplir les documents administratifs de chaque olé hadash. Pour la première fois, des représentants du ministère de l’Immigration et de l’Intégration ainsi que de l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières (PIBA) ont délivré des téoudot zéout (cartes d’identité) et des téoudot maavar (certificats d’immigration) en plein vol. Cette nouvelle procédure vise à réduire de plusieurs heures les formalités administratives à l’arrivée, a expliqué Fass.
« Ce vol a présenté de nombreux défis, tant sur le plan logistique que sur celui du nombre de personnes arrivant, ainsi que des problèmes de sécurité à New York et en Israël en raison de la guerre », a-t-il déclaré.
« Mais ce moment est l’aboutissement de générations d’aspirations, de rêves et de prières, et il est donc difficile de ne pas se laisser gagner par l’énergie des olim. »
Selon Fass, l’objectif de NBN est d’agir en tant que facilitateur pour aider les nouveaux immigrants à s’installer et à rester en Israël.
« Nous ne faisons pas de prosélytisme en faveur de l’alyah et nous ne nous adressons pas aux personnes qui ne souhaitent pas venir », a-t-il déclaré.
« Avant l’arrivée du NBN, le taux de rétention des immigrants en Israël était catastrophique, avec 50 % d’entre eux quittant le pays dans les trois ans suivant leur arrivée. Nous disposons de données empiriques montrant que plus de 90 % [des personnes qui arrivent chez nous] restent, ce qui représente une transformation significative de l’alyah en tant que produit. »
Attirer les talents
Alors qu’Israël cherche à attirer des Juifs diplômés et qualifiés susceptibles de contribuer à l’économie, NBN a vanté la diversité des domaines dans lesquels travaillent les olim hadashim, notamment la médecine, l’éducation, l’ingénierie, le droit et la finance. Selon NBN, cinq médecins et 19 autres professionnels de la santé se trouvaient à bord du vol.
Revital Gorodeski Baskin, endocrinologue, et son mari Joseph Baskin, psychiatre, ont décidé de s’installer dans la ville de Zichron Yaakov après vingt-et-un ans de mariage et quatre enfants élevés à Cleveland, dans l’Ohio.
« Nous voulions faire notre alyah depuis toujours, mais nous n’avions pas pu le faire jusqu’à présent, et cette guerre nous a, en réalité, poussés à franchir le pas », a expliqué Revital.
« Faire son alyah en tant que médecin est très compliqué, car il faut faire reconnaître ses diplômes en Israël, mais le programme MedEx de NBN nous a aidés à simplifier le processus. Nous avons désormais nos diplômes et nous avons passé des entretiens dans plusieurs hôpitaux du pays, où nous espérons apporter notre contribution. »
Un autre olé, le rabbin Josh Broide, s’est installé à Modiin avec sa famille après avoir exercé le métier de rabbin pendant un quart de siècle à la synagogue de Boca Raton, dans le sud de la Floride. Il retournera fréquemment à Boca Raton pour gérer plusieurs programmes qu’il a lancés pour la communauté juive locale.
« Nous vivions dans la plus belle communauté juive des États-Unis, alors quitter notre synagogue et nos amis n’a pas été facile », a-t-il expliqué.
« Mes parents ont toujours rêvé de vivre ici, mais leurs projets ont été contrariés par la Guerre de Kippour en 1973. Aujourd’hui, nous réalisons leur rêve, et j’espère qu’un jour ma mère et mes beaux-parents nous rejoindront. »
Shawn Fink et son épouse, Elizabeth Leeson, ont immigré à Carmiel avec leur fils, Eddie, âgé de 10 ans et adopté en Chine en 2015, depuis Cleveland.
« Il est sur le point de devenir citoyen de son troisième pays en dix ans », a confié Fink.
« Mais nous avons pu obtenir rapidement sa naturalisation et il a un grand sens de l’humour qui lui permet de se faire des amis partout où il va. »
« Nous espérions arriver en Israël à temps pour qu’il puisse commencer l’année scolaire, et nous avons reçu les dernières autorisations il y a quelques semaines. »
Également à bord, Eliezer, un jeune homme qui a demandé à ce que son nom de famille ne soit pas divulgué, a déclaré avoir obtenu son diplôme de l’école d’infirmiers de l’université de Pittsburgh au début de l’été et avoir désormais l’intention de s’engager dans les rangs de Tsahal en tant que soldat seul. Il n’a pas encore sa date d’incorporation, mais il s’est inscrit au programme Garin Tzabar, destiné aux soldats olim, afin de bénéficier d’un accompagnement pour démarrer sa carrière.
« Les soins infirmiers sont un domaine très nouveau dans l’armée israélienne, mais j’ai discuté avec l’infirmière en chef de Tsahal et cela m’a semblé très prometteur », a expliqué Eliezer.
« Mes parents s’inquiètent pour ma capacité à gagner ma vie, mais ils me soutiennent et j’espère qu’un jour ils pourront me rejoindre ici. »
Lors de la cérémonie d’accueil à l’aéroport Ben Gurion tôt mercredi matin, les nouveaux arrivants ont été accueillis en musique et dans la joie. Beaucoup ont versé des larmes d’émotion à l’idée de commencer une nouvelle vie.
« Je n’aurais jamais pensé que nous arriverions ici ; cela a été un processus bouleversant », a déclaré Atara Werterntheil en descendant de l’avion avec son mari et leur fille.
« Mais cela semble juste, et c’est très spécial. Nous avons beaucoup de chance. »
« Nous sommes ravis d’être ici pour aider à construire notre terre », a déclaré David Tauber, qui a quitté Philadelphie avec sa famille pour s’installer dans le quartier de Ramot, à Jérusalem.
« Je suis submergé par tant d’émotions. Nous vivons un rêve. »
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