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La hi-tech, inquiète des politiques du futur gouvernement de Netanyahu

Dans une lettre au chef du Likud, les centaines de signataires disent que les changements judiciaires et les menaces aux droits civils éloigneront les investisseurs étrangers

La Bourse de Tel Aviv le 29 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La Bourse de Tel Aviv le 29 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Plus de 400 Israéliens issus de l’industrie de la haute technologie ont signé un courrier adressé au Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, l’avertissant que les politiques prônées par sa future coalition nuiront au secteur et éloigneront les investissements étrangers.

Le bloc de Netanyahu prévoit notamment de limiter l’autorité du système judiciaire, de changer les Lois fondamentales quasiment constitutionnelles dans le pays et d’octroyer des pouvoirs élargis en Cisjordanie à des députés d’extrême-droite. Le contrôle de certains programmes d’enseignement dans les écoles a aussi été donné au leader d’un parti d’extrême-droite.

« Nous, entrepreneurs et fondateurs de start-ups en Israël, gestionnaires ou investisseurs de fonds de capital-risque, nous vous lançons un appel en raison de nos inquiétudes face aux conséquences dévastatrices pour l’économie en général et pour l’industrie de la hi-tech en particulier qui pourraient résulter des initiatives législatives qui sont actuellement en cours à la Knesset », dit le courrier.

« En tant que citoyens, nous respectons les résultats des dernières élections, des résultats qui reflètent la volonté du peuple et nous pensons que vous, au poste du Premier ministre, agirez au bénéfice de toute la société israélienne », note la missive. « Ceci étant dit, tout préjudice porté au statut du système judiciaire, toute nuisance faite aux droits des minorités sur la base de la religion, de la race, du sexe ou de l’identité sexuelle, feront peser une menace existentielle sur notre formidable industrie des hautes technologies. »

La missive souligne les milliards de dollars qui sont investis chaque année dans le secteur technologique de la part des investisseurs étrangers, en majorité originaires des États-Unis et d’Europe.

« L’affaiblissement de la confiance dans le système judiciaire israélien et, en conséquence, dans la démocratie israélienne, et les législations qui peuvent remettre en cause les droits basiques et fondamentaux de tous les individus indépendamment de qui ils sont, sont des facteurs susceptibles de dissuader les investisseurs qui ont été le moteur de la croissance de cette grande industrie », note encore la lettre.

Le secteur technologique représente environ 25 % des revenus fiscaux du pays et il emploie environ 10 % de la main-d’œuvre israélienne, a fait savoir la Douzième chaîne.

Le plus important signataire de la lettre est Erez Shachar, co-fondateur de Qumra Capital. Parmi les autres figurent des dirigeants de compagnies technologiques et de firmes d’investissement telles que Mellanox, Pitango, monday.com, Yotpo et Fireblocks.

Le secteur technologique est déjà sous pression en raison de la tendance économique mondiale actuelle et Intel, l’employeur le plus important du pays dans le secteur, a procédé à des licenciements ces dernières semaines.

Un bâtiment d’Intel à Jérusalem, le 18 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ainsi, la chaîne publique Kan a annoncé que 3 000 employés avaient perdu leur emploi au premier trimestre 2022 et la Douzième chaîne a signalé que 2 800 salariés supplémentaires avaient été limogés en juin et en juillet.

La future coalition de Netanyahu est formée de son parti du Likud, de deux factions ultra-orthodoxes et de trois formations d’extrême-droite. Le bloc est actuellement en train de faire avancer à la Knesset des législations qui ont été établies comme autant de conditions préalables à la finalisation de ce gouvernement de la ligne dure, en amont du délai accordé à Netanyahu pour terminer de rassembler sa coalition. Ce délai expirera le 21 décembre.

Une législation prévue comprend une clause dite « dérogatoire » qui permettra à la Knesset de contourner les jugements rendus par la Haute-cour, en réadoptant les textes de loi par ailleurs rejetés par la plus haute instance judiciaire d’Israël.

Les membres de la prochaine coalition ont juré de faire adopter cette clause et d’offrir à la coalition au pouvoir le contrôle de la commission chargée de choisir les juges. Le texte prévu, qui a été réclamé par la faction d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, par Yahadout HaTorah et par de nombreux députés du Likud, autorisera également le parlement à faire adopter une loi sans réexamen judiciaire possible.

Les changements judiciaires proposés – et en particulier la clause dite « dérogatoire » – ont été dénoncés par les adversaires politiques de Netanyahu et par d’éminentes personnalités du système législatif qui estiment qu’elles détruiront le système démocratique israélien, et qu’il n’y aura plus aucun frein sur les pouvoirs d’une majorité parlementaire donnée.

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, assistant à un vote lors d’une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 15 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le bloc a fait avancer, cette semaine, un autre projet de loi demandé par les partenaires d’extrême-droite et religieux du Likud. Le texte permettra à Aryeh Deri, du Shas – qui est actuellement sous le coup d’une peine avec sursis – de prendre la tête de trois ministères et il autorisera aussi un membre de HaTzionout HaDatit (probablement le leader de la faction, Bezalel Smotrich) de devenir ministre indépendant au sein du ministère de la Défense, en charge des constructions en Cisjordanie.

Parmi les autres législations en préparation, un texte qui élargira considérablement l’autorité du futur ministre de la Sécurité nationale – un poste qui devrait être occupé par le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir – sur la police. Une autre rendra plus difficile la rébellion des parlementaires face à leurs factions, avec un durcissement des sanctions contre les potentiels déserteurs.

La future coalition veut que ces projets de lois soient adoptés avant l’investiture du gouvernement. Il devra avoir fait approuver son alliance au pouvoir à la Knesset une semaine après la date butoir du 21 décembre.

Netanyahu et ses partenaires haredim ont remporté 64 sièges à la Knesset, forte de 120 membres, lors des élections du 1er novembre. Depuis, Netanyahu a œuvré à finaliser les accords conclus avec les partenaires de son parti du Likud.

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