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La police admet un mauvais usage présumé du logiciel espion Pegasus

Faisant volte-face, les forces de l'ordre ont déclaré, mardi, être en possession "d'informations supplémentaires" qui, "sous certains aspects, changent les choses"

L'ex chef de la police israélienne Kobi Shabtai lors d'une cérémonie dans le nord d'Israël, à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)
L'ex chef de la police israélienne Kobi Shabtai lors d'une cérémonie dans le nord d'Israël, à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Après avoir démenti avec force et de manière répétée avoir utilisé le logiciel-espion Pegasus, développé par le NSO Group, pour infiltrer les téléphones de citoyens israéliens sans justification, la police israélienne a déclaré, mardi, être en possession « d’informations supplémentaires » dans ce dossier qui, « sous certains aspects, changent les choses ».

La police a précisé que les nouveaux éléments dont elle dispose ont été découverts dans le cadre d’une enquête interne et en réponse aux publications des médias.

Le procureur-général sortant, Avichai Mandelblit, a ordonné dans la foulée un passage à l’acte qui empêchera ce type d’espionnage de se répéter alors que les investigations continuent.

La police a expliqué dans un communiqué que « le directeur du département des enquêtes et des renseignements, avec l’accord du chef de la police, donnera pour instruction à tous les membres de la police israélienne de coopérer pleinement avec l’équipe chargée de l’enquête – comme c’est attendu et exigé ; de répondre aux questions posées ; de transmettre tous les documents et toutes les informations réclamées ; d’offrir l’accès aux systèmes d’information et de fournir le savoir-faire technique sur les mesures à disposition de la police ».

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d’une conférence à Airport City, aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Mandelblit avait ordonné l’ouverture d’une enquête, le mois dernier, suite à des accusations qui avaient laissé entendre que les forces de l’ordre avaient, pendant des années, très largement utilisé le logiciel-espion Pegasus à l’encontre de civils israéliens et notamment de citoyens soupçonnés d’aucun crime, en exploitant une faille légale et en conservant cette surveillance à l’égard des regards indiscrets, sans supervision d’un tribunal ou d’un juge.

Le chef de la police, Kobi Shabtai, avait de son côté vivement défendu la conduite de ses hommes, nié toute opération d’espionnage élargie et avait promis de répondre avec sévérité aux « incidents isolés répréhensibles » – si certains devaient être découverts.

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