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La police enquête sur Pinkas Arad, militant LGBT accusé de viol

L'ancien conseiller municipal est accusé d'avoir violé son ancien amant en 2016 ; deux autres personnes l’ont aussi accusé d’avoir profité d'elles lorsqu'elles étaient adolescentes

Etai Pinkas Arad lors d'une conférence de presse de la communauté LGBT à Tel Aviv, le 25 juillet 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Etai Pinkas Arad lors d'une conférence de presse de la communauté LGBT à Tel Aviv, le 25 juillet 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La police a ouvert une enquête ce vendredi au sujet d’un ancien conseiller municipal de Tel Aviv et leader de la communauté homosexuelle de la ville après qu’un ancien amant l’a accusé de l’avoir violé il y a cinq ans dans les colonnes du journal Yedioth Ahronoth.

Ces accusations ont été niées par l’accusé, Etai Pinkas Arad, et interviennent quelques jours après que deux personnes ont déclaré avoir été sexuellement abusées par l’homme lorsqu’elles étaient adolescentes.

Suite à ces premières accusations, Etai Pinkas Arad a démissionné du conseil municipal de Tel Aviv où il détenait le portefeuille LGBT.

L’enquête de police annoncée vendredi porte sur une allégation d’agression sexuelle portée contre lui par un homme de 41 ans identifié uniquement par la première lettre hébraïque de son nom, Dalet.

Interviewé par le Yedioth Ahronoth, il a déclaré que Pinkas Arad l’avait violé lors de leur rencontre en 2016. Les deux hommes ont eu une relation de 13 ans, mais ils ne s’étaient pas vus depuis deux ans au moment du viol présumé, selon le récit.

« J’ai été violé. J’étais nu et j’avais le dos tourné à lui. Soudain, il m’a pénétrée par surprise. La douleur était terrible. Je lui ai dit : ‘Non, qu’est-ce que tu fais ?’ Je criais à cause de la douleur », a raconté Dalet au journal.

La réaction n’aurait pas arrêté Pinkas Arad. Dalet ajoute : « Il m’a plaqué sur le lit et m’a murmuré à l’oreille : ‘Ne me dis jamais non.' »

Des Israéliens participent à une manifestation pour les droits des LGBT à Tel Aviv, le 28 juin 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Dalet s’est rendu à la police et a porté plainte suite à la publication de l’article.

Il a expliqué au quotidien Haaretz avoir voulu parler après que deux hommes ont accusé Pinkas Arad d’agressions sexuels lorsqu’ils étaient adolescents et après l’avoir rencontré par l’intermédiaire d’IGY-Israel Gay Youth, une importante organisation à but non lucratif au service des jeunes LGBTQ en Israël. Les accusations ont été niées par le principal intéressé qui ont d’autant plus motivé Dalet à témoigner.

Le président d’IGY, personnalité connue en Israël, Gal Uchovsky, s’est retiré au début du mois à la suite d’accusations distinctes d’agression sexuelle, et fait également l’objet d’une enquête de police.

L’un des hommes, identifié uniquement par l’initiale hébraïque Aleph, a expliqué au site d’information Ynet qu’il avait 17 ans au moment de sa rencontre avec Pinkas Arad, qu’il n’avait pas rejeté ses avances mais qu’il y avait eu un net déséquilibre de pouvoir.

L’activiste des droits LGBT Etai Pinkas Arad lors d’une conférence de presse à la Knesset, le 11 juillet 2021, après que la Haute Cour de Justice a décidé que les couples de même sexe et les hommes célibataires pourront devenir des parents de substitution dans les six mois. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Etai Pinkas Arad, qui était une figure importante de la communauté LGBT et qui a mené des combats pour la reconnaissance du mariage homosexuel et le droit à la gestation pour autrui pour les familles homoparentales, a nié tout acte répréhensible, soulignant que les adolescents avaient dépassé l’âge du consentement.

« Les événements en question ont eu lieu il y a plus de dix ans et je ne me souviens donc pas clairement de tous les détails. Il est nécessaire qu’une rencontre sexuelle soit consensuelle et respectueuse, a fortiori avec de jeunes partenaires, même s’ils ont dépassé l’âge du consentement, comme c’est le cas ici », a-t-il déclaré.

Cependant, quelques heures après la publication de l’article, il a déclaré qu’il se retirait de son poste de responsable du portefeuille LGBT à la municipalité de Tel Aviv.

« Je ne peux pas changer le passé mais je ferai tout pour changer l’avenir. Il y a quinze ans, je voyais les choses différemment, dans une culture qui prévalait dans la communauté, et aujourd’hui il est clair pour moi que ce sont des actes qui n’auraient pas dû se produire », avait déclaré Etai Pinkas Arad dans un communiqué la semaine dernière.

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