La presse étrangère dénonce les attaques de résidents d’implantations envers des journalistes
Ces critiques font suite à l'agression dont ont été victimes des employés de Reuters près du village de Beita, la semaine dernière, alors qu'ils couvraient la récolte des olives

L’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a appelé lundi les autorités israéliennes à mettre fin « immédiatement » aux attaques menées par des résidents d’implantations israéliens contre des journalistes en Cisjordanie.
La FPA, qui représente des centaines de journalistes, y compris israéliens et palestiniens, travaillant pour des médias étrangers, s’est dite « consternée » par les récentes attaques, notamment pendant la récolte des olives ces dernières semaines.
« Les journalistes, locaux comme étrangers, ont été clairement ciblés alors qu’ils documentaient cette année des violences sans précédent contre les Palestiniens lors de la récolte des olives cette année », pointe l’association dans un communiqué.
Deux employés de l’agence Reuters, portant des gilets et casques clairement identifiés « presse », ont ainsi été samedi agressés par des civils israéliens masqués, armés de bâtons et de pierres, près du village de Beita, indique-t-elle.
« Une foule de dizaines de colons a battu l’une des employées, une journaliste, alors qu’elle se trouvait déjà au sol, lui infligeant de graves blessures », précise la FPA.
Un photographe de l’AFP avait vu des journalistes blessés à leur arrivée à un hôpital de Naplouse, ville située à proximité de Beita.
« Ils ont aussi attaqué ceux qui tentaient de venir en aide (à la journaliste blessée). Un agent de sécurité de Reuters a été frappé, et deux journalistes palestiniens indépendants ont été blessés alors qu’ils étaient pourchassés », ajoute l’association.
Le 10 octobre dernier, un photographe de l’AFP avait aussi été frappé à coups de bâtons par des résidents d’implantations alors qu’il filmait la cueillette des olives dans la même zone.
« En 30 ans de carrière, c’est la première fois que je fais face à une violence de cette sorte », avait déclaré ce photographe, Jaafar Ashtiyeh, basé à Naplouse, dont la voiture a aussi été incendiée. « Si je n’étais pas parvenu à m’échapper, ils m’auraient tué », avait-il ajouté.
Plusieurs autres incidents visant des journalistes se sont produits ces dernières semaines, dénonce l’association.
« Les forces israéliennes harcèlent et intimident régulièrement les journalistes, les détenant parfois et les menaçant d’expulsion », indique la FPA, dont un journaliste de l’AFP siège au conseil d’administration.
La FPA fustige des « hostilités croissantes envers les médias de la part des autorités israéliennes » et appelle l’armée et la police « à garantir que les journalistes puissent travailler librement et en sécurité ».
Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à ces accusations.
À la suite de l’attaque des résidents d’implantations près de Beita, l’armée israélienne avait déclaré à l’époque que des troupes avaient été dépêchées sur place après avoir reçu des informations faisant état d’un affrontement entre Israéliens et Palestiniens « lors d’une récolte d’olives non coordonnée dans une zone qui nécessite une coordination ».
« À l’arrivée des forces dans la zone de confrontation, où des Palestiniens et des civils israéliens récoltaient des olives, plusieurs civils israéliens ont jeté des pierres sur les récolteurs », a déclaré l’armée, ajoutant qu’elle avait transféré l’affaire à la police.
La Cisjordanie, qui abrite plus de deux millions et demi de Palestiniens et plus de 500 000 résidents d’implantations israéliens, a connu une recrudescence de la violence depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre 2023, provoquée par l’invasion meurtrière du groupe terroriste en Israël.
Depuis le début de la saison annuelle de la récolte des olives à la mi-octobre, les Palestiniens sont de plus en plus à signaler qu’ils sont empêchés d’accéder à leurs terres pour récolter les olives en raison de restrictions militaires. Parallèlement, lorsqu’ils parviennent à accéder à leurs arbres, les attaques des extrémistes israéliens se poursuivent sans relâche, selon les accusations des habitants et des militants.
Presque aucun des auteurs des attaques contre les récolteurs d’olives palestiniens n’a été traduit en justice par les autorités israéliennes.
Nurit Yohanan a contribué à cet article.







