L’armée, critiquée, n’aidera plus la police à mettre en vigueur le confinement
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L’armée, critiquée, n’aidera plus la police à mettre en vigueur le confinement

Des agents de la police des frontières remplaceront les soldats ; les militaires assureront des missions supplémentaires en Cisjordanie à la place des gardes-frontières

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens portent le masque à un barrage routier à Tel Aviv, pendant le confinement national dû à la crise du coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Des soldats israéliens portent le masque à un barrage routier à Tel Aviv, pendant le confinement national dû à la crise du coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

L’armée a fait savoir, samedi, qu’elle ne déléguerait plus de soldats auprès de la police israélienne pour assurer la mise en œuvre du confinement national suite à des inquiétudes, en interne, portant sur l’inefficacité de ce programme d’utilisation des militaires qui se retrouvent malgré eux impliqués dans des actions de répression contre des mouvements de protestation politiques.

L’armée a précisé que les soldats actuellement déployés dans de telles opérations policières retourneraient au sein de leurs unités dans les prochains jours.

Elle a déclaré que ses troupes seraient remplacées par des membres de la police des frontières. L’armée israélienne, à la place, « renforcera les missions de sécurité, à la place des gardes-frontières, en Judée et Samarie » – reprenant le terme biblique qui désigne la Cisjordanie.

Cette décision a été prise suite à des critiques du programme, aussi bien au sein de l’armée qu’à l’extérieur.

Jeudi, le porte-parole militaire Hidai Zilberman avait estimé que le programme n’était « pas l’une de nos missions les plus efficaces ».

Samedi soir, plusieurs centaines de soldats ont pris part à des opérations policières de mise en vigueur du confinement. Dans certains cas, les militaires s’étaient retrouvés au centre de querelles politiques – cela avait été le cas mardi, lorsque des manifestants réclamant la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’étaient filmés à un barrage routier installé aux abords de la Knesset en train de réprimander un soldat qui, selon eux, prenait part à des actions de répression d’activistes politiques.

Un manifestant se dispute avec un soldat à un barrage installé aux abords de la Knesset de Jérusalem, le 29 septembre 2020. (Capture d’écran : Twitter)

Suite à cet incident, les militaires et la police avaient convenu de ne plus déployer de soldats à Jérusalem, ville où les manifestations étaient plus probables qu’ailleurs.

« Nous ne les plaçons plus à des points de friction », avait expliqué Zilberman aux journalistes. « Et si d’autres points de friction émergent, alors nous en parlerons à la police. »

Il y a également eu des critiques sur le fait que la police n’avait généralement pas fait appliquer suffisamment efficacement les directives du confinement – en installant des barrages routiers sur des artères de circulation majeure sans empêcher, dans les faits, les Israéliens de contrevenir aux restrictions, entraînant des embouteillages massifs sans raison.

Après l’incident, le ministre de la Défense, Benny Gantz, avait déclaré que ce déploiement de soldats aux abords de la Knesset avait été une « erreur » qui, avait-il garanti, ne se répéterait pas.

« Ce positionnement de militaires israéliens à proximité de secteurs où se tiennent des manifestations est une erreur dont nous nous sommes d’ores et déjà occupés et qui ne se répétera pas », avait dit Gantz dans un communiqué.

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