L’Assemblée étudiante de Cornell à New York vote la rupture des liens avec le Technion
L'Assemblée des étudiants de 1er cycle a aussi condamné l'Ivy League pour avoir accueilli Tzipi Livni, dans le cadre d'une offensive plus large contre l'État juif sur les campus US
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Jeudi, l’Assemblée étudiante de l’université Cornell, dans l’état de New York, a voté en faveur de la rupture des liens avec le Technion et a condamné Cornell pour avoir accueilli la politicienne israélienne Tzipi Livni, issue du centre gauche.
L’adoption de ces résolutions a mis en évidence la manière dont le militantisme anti-Israël sur le campus rassemble la politique universitaire, des allégations juridiques internationales non prouvées et des groupes représentatifs engagés dans d’autres causes afin de faire avancer l’opposition à Israël.
L’Assemblée étudiante représente les étudiants de premier cycle de l’université Cornell auprès de l’administration et a pour mission d’améliorer la vie étudiante sur le campus en traitant de questions telles que les transports. Les résolutions approuvées par l’assemblée sont soumises au président de l’université, qui peut les accepter ou les rejeter.
La résolution visant le Technion appelait Cornell à « mettre fin à son partenariat institutionnel » avec cet établissement, l’un des principaux d’Israël. Cornell gère un campus à New York en partenariat avec le Technion.
La mesure invoquait de « graves préoccupations éthiques » et une « complicité dans un génocide », alléguant que l’implication du Technion auprès de l’armée israélienne violait le droit international.
L’assemblée a adopté la résolution jeudi par 17 voix pour et 5 contre.
La deuxième résolution condamnait « le recours par Cornell à des programmes pour donner une tribune à des personnes impliquées dans des crimes de guerre », en raison d’un programme de Cornell intitulé « Pathways to Peace » qui avait accueilli Livni.
Ancienne députée à la Knesset et ancienne ministre, Livni est une opposante du Premier ministre Benjamin Netanyahu et une partisane de la solution à deux États. Elle a un temps dirigé les pourparlers de paix avec les Palestiniens.
En 2009, un tribunal britannique a émis un mandat d’arrêt à son encontre pour des crimes de guerre présumés commis par Tsahal lors du conflit de l’année précédente à Gaza, mais elle n’a pas donné suite à un voyage prévu au Royaume-Uni. Une citation à comparaître délivrée par la police britannique en 2016 a également été annulée. Ces mesures policières faisaient suite à des pressions exercées par des militants anti-israéliens britanniques.
La résolution de l’université Cornell affirmait que la participation de Livni à des événements sur le campus créait « un environnement universitaire hostile et coercitif pour les étudiants » et les exposait à de la « propagande d’État ».
La résolution exigeait que l’université « réaffirme son engagement envers l’intégrité académique et le leadership éthique » en n’invitant pas de personnes « impliquées dans des crimes de guerre ou des violations massives des droits de l’homme ».
La résolution a été adoptée par 19 voix pour, deux contre et trois abstentions.
Des groupes militants du campus avaient encouragé leurs partisans à « envahir l’assemblée étudiante » pour exprimer leur soutien à la résolution.
Cornell n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Les crimes internationaux tels que le génocide ont des définitions juridiques strictes qui n’ont pas été prouvées à l’encontre d’Israël devant les tribunaux internationaux, mais les accusations elles-mêmes sont souvent utilisées contre les Israéliens.
Israël et ses partisans accusent depuis longtemps des militants partiaux d’utiliser le système juridique international comme une arme contre Israël.
Les résolutions de l’assemblée de Cornell s’inscrivent dans le cadre d’une offensive plus large et continue menée par des étudiants militants américains contre tout lien avec Israël. Des étudiants juifs et les autorités fédérales ont déclaré que ce militantisme débouchait parfois sur de la discrimination à l’encontre des Juifs.
Les syndicats étudiants et les instances dirigeantes ont contribué à stigmatiser Israël, tout comme les syndicats représentant d’autres secteurs, qui se consacrent en théorie à l’amélioration des conditions de travail.
À la fin de l’année dernière, le Syndicat des étudiants de troisième cycle de Cornell a adopté une résolution de boycott visant Israël qui soutenait la résistance palestinienne « par tous les moyens nécessaires », un slogan considéré comme cautionnant la violence. L’université a pris ses distances avec le syndicat et a condamné l’antisémitisme.
Cette semaine, le Syndicat des étudiants de troisième cycle de l’université Columbia a approuvé une grève pour faire avancer les revendications des militants anti-Israël sur le campus, ainsi que d’autres revendications.
La Foundation for Individual Rights and Expression (FIRE), un groupe de défense de la liberté d’expression, a classé Cornell à la 227ᵉ place sur 257 universités américaines dans son classement sur la liberté d’expression.
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