Israël en guerre - Jour 230

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Opinion

Le 7 octobre, le Hamas est venu en Israël pour tuer tous ceux qu’il pouvait. Aujourd’hui La Haye l’a encouragé

La CIJ a adopté la version biaisée des juristes sud-africains sur la cause et la nature de la guerre à Gaza, restreignant Israël et aidant ainsi le véritable génocidaire, le Hamas

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

La présidente de la CIJ, la juge Joan Donoghue ouvre la session à la Cour internationale de justice, aux Pays-Bas, le 26 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP)
La présidente de la CIJ, la juge Joan Donoghue ouvre la session à la Cour internationale de justice, aux Pays-Bas, le 26 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP)

La première réaction des Israéliens à l’arrêt rendu vendredi par la Cour internationale de justice (CIJ) sur les allégations de « génocide » commis par Israel à l’encontre des Palestiniens de Gaza, portées par l’Afrique du Sud, a été le soulagement.

Les trois principales chaînes de télévision ont titré que la CIJ « n’a pas ordonné l’arrêt des combats ». L’ancien vice-président de la Cour suprême israélienne, Hanan Melcer, l’a confirmé : « La décision a été moins terrible qu’elle aurait pu l’être. »

Elle n’en est pas moins terrible. Tant sur le plan pratique que sur le plan moral.

D’un point de vue pratique, la plus haute juridiction internationale au monde a estimé que la plainte déposée par Pretoria est plausible (bien qu’elle ait souligné que le processus visant à déterminer de manière définitive la véracité de l’allégation n’avait pas encore commencé).

Dans sa série de mesures contraignantes (votées par 15 voix contre 2), la Cour de La Haye a exigé d’Israël qu’il fasse immédiatement tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer qu’il n’enfreint pas la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, c’est-à-dire qu’il prenne toutes les mesures en son pouvoir pour les actes suivants : éviter de tuer ou de blesser des enfants gazaouis, faire en sorte que les conditions ne soient pas calculées pour détruire totalement ou partiellement la population de Gaza, et veiller à ce que les conditions visant à entraver les naissances au sein du groupe ne soient pas réunies.

Exprimant clairement qu’elle n’en avait pas fini avec Israël et la plainte provisoire pour génocide déposée à son encontre, la Cour a également demandé à Israël de rendre compte, dans un délai d’un mois, des progrès accomplis dans la mise en œuvre des demandes des magistrats.

Il ne s’agit donc pas d’une demande de cessez-le-feu, mais de tout sauf d’une demande de cessez-le-feu. La position fait ainsi toujours peser sur Israël le poids de l’accusation d’un plausible génocide.

Contrairement aux États-Unis par exemple, la Cour n’a absolument pas rejeté comme « sans fondement » l’accusation de génocide portée par Pretoria. Elle a cité une longue série de propos incendiaires « aléatoires » tenus par des hommes politiques israéliens suggérant, ou interprétées comme suggérant, que la guerre d’Israël était dirigée contre tous les habitants de Gaza, a cité des représentants des Nations unies décrivant Gaza comme invivable, a évoqué un impératif « urgent » de prendre des mesures pour s’assurer que l’armée israélienne n’enfreint pas la convention sur le génocide, mais a occulté de son tableau de guerre le gouvernement de Gaza – le groupe terroriste palestinien du Hamas – comme instigateur du conflit et la cause première de l’aggravation de la situation « catastrophique à Gaza« .

Sur le plan moral, les décisions lues par la présidente de la Cour, la juge américaine Joan Donoghue, ont été ponctuées de remarques qui suggèrent un état d’esprit plus lucide. Elle a tout d’abord rappelé l’attaque du Hamas du 7 octobre, avec la mort de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et l’enlèvement de 253 autres, et a terminé en appelant à la « libération immédiate et inconditionnelle » des derniers otages détenus à Gaza.

Cependant, entre les deux, la Cour a accepté, dans ses arrêts, la présentation erronée des juristes sud-africains quant à la nature de la guerre à Gaza – un territoire gouverné par un groupe terroriste qui, après avoir massacré des Israéliens à l’intérieur d’Israël le 7 octobre et juré de continuer à le faire jusqu’à la destruction d’Israël, a depuis lors cherché à tuer et à repousser les troupes israéliennes en combattant au sein même de la population civile de Gaza dans, autour et sous les maisons, les écoles, les mosquées et les hôpitaux de la bande de Gaza.

Le ministre sud-africain des Affaires étrangères Naledi Pandorthe (à gauche) assistant à la session de la Cour internationale de justice, à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP Photo)

Les mesures provisoires de la Cour ont été mal orientées ; c’est du Hamas, et non d’Israël, que les non-combattants innocents de Gaza devraient être protégés par des mesures internationales. Sans le Hamas, ils ne seraient pas en danger.

Il n’y aurait pas de guerre.

Israël, bien sûr, ne pleurerait pas ses morts et ne chercherait pas désespérément à récupérer ses otages. Et des dizaines de milliers d’Israéliens ne seraient pas des réfugiés dans leur propre pays, déplacés de leurs communautés par les barbares du Hamas – un autre aspect de la réalité que les juges ont négligé.

Il devrait être évident, mais ce n’est manifestement pas le cas, que si Israël avait l’intention de commettre un génocide contre les Palestiniens de Gaza, rien ne l’empêcherait de bombarder Gaza jusqu’à sa destruction totale. L’État hébreu dispose de l’une des forces aériennes les plus puissantes au monde et d’une supériorité aérienne absolue sur la bande de Gaza.

Mais elle n’a pas voulu, n’a pas pu et n’a pas fait une telle chose. Ses dirigeants n’auraient pas ordonné un tel assaut et ses pilotes auraient refusé de le mener à bien s’ils en avaient reçu l’ordre.

Survenant à la veille de la Journée internationale de commémoration de la Shoah et lié aux conséquences d’un événement survenu le 7 octobre, au cours duquel plus de Juifs ont été tués qu’en aucun autre jour depuis la Shoah, le moment même de la décision de La Haye a mis en évidence un nouveau coup bas après la Seconde Guerre mondiale des prétendus protecteurs de l’humanité et de leur capacité à faire la distinction entre le bien et le mal, entre les agresseurs et ceux qui se défendent.

Elle est également survenue quelques jours après que Khaled Meshaal, l’ancien chef du Hamas, a déclaré que le succès de l’attaque du 7 octobre contre Israël avait ravivé l’espoir du Hamas de « libérer » la Palestine « du Jourdain à la mer Méditerranée » – c’est-à-dire le territoire couvrant la Cisjordanie, Gaza et l’ensemble de l’État d’Israël.

Le jugement donne au moins un début de crédibilité à une allégation qui cherche à nier à Israël le droit de se protéger contre un ennemi qui vise ouvertement le génocide des Juifs ; un ennemi qui a perpétré un massacre sadique le 7 octobre, exécutant et violant des Juifs, des Arabes et des ressortissants de dizaines d’autres pays ; un ennemi qui a détourné tous les moyens pour construire son armada terroriste au détriment de tout intérêt humain pour les habitants de Gaza qu’il gouverne de facto depuis 16 ans. Les mesures ordonnées par la Cour visent à limiter la capacité d’Israël à se défendre tout en facilitant la lutte du Hamas génocidaire pour survivre et massacrer à nouveau des Israéliens.

Le juriste britannique Malcolm Shaw (à droite), et Gilad Noam, procureur général adjoint d’Israël pour les affaires internationales, assistant à la session de la Cour internationale de justice, à La Haye, le 26 janvier 2024. (Crédit : Patrick Post/AP Photo)

Loin d’essayer d’éliminer la population de Gaza que le Hamas utilise cyniquement comme bouclier humain et que de très nombreux Gazaouis soutiennent sincèrement, Israël a mené sa guerre contre le Hamas de manière ouverte et déclarée afin de protéger les non-combattants, notamment en leur demandant de quitter les zones de guerre et en supervisant les corridors humanitaires pour leur évacuation, même au prix manifeste de la fuite de terroristes armés du Hamas, qui se battent habillés en civil, à leurs côtés.

Oui, comme l’a déclaré la Cour, des milliers de civils ont été tués à Gaza, la plupart des habitants de Gaza sont déplacés, la dévastation est immense, la situation humanitaire est désastreuse. Mais si Tsahal a inévitablement tué de nombreux civils innocents, il s’agit là, pour l’essentiel, des conséquences d’une guerre qu’Israël n’a pas voulue, déclenchée par le gouvernement terroriste de Gaza et menée sur le territoire où le Hamas met cyniquement les habitants de Gaza en danger et abuse de leurs besoins, de leurs droits et de leurs installations dans sa lutte contre Israël.

L’écrasante majorité aveugle de la Cour a défendu une armada terroriste qui s’est entraînée à tuer des Juifs en masse à l’intérieur d’un territoire qu’Israël contrôlait auparavant, mais qu’il a choisi de quitter unilatéralement (loi sur le Désengagement de 2005) dans l’espoir d’être récompensé par la tranquillité. Dix-huit ans après avoir retiré des milliers de civils juifs des implantations de Gaza et retiré ses forces militaires jusqu’aux lignes internationales, Israël a eu droit au 7 octobre et à une Cour mondiale dupée ou immorale qui, vendredi, a fondamentalement soutenu le monstrueux agresseur.

La décision de vendredi vise à affaiblir Israël, qui a été visé et qui le sera encore si les juges ont gain de cause. Et elle protège un gouvernement terroriste islamiste barbare, adepte du culte de la mort, indifférent au bien-être des populations qu’il gouverne, et qui nourrit des ambitions génocidaires à l’égard de l’État voisin.

« Ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit (…) », écrivait Martin Niemöller en 1946, à propos des nazis et du silence des intellectuels et autres personnes qui ne les ont pas affrontés. Le 7 octobre, le Hamas est venu pour les Juifs, les Arabes et tous ceux qui cherchent à vivre dans le seul État à majorité juive du monde. La Cour mondiale s’est exprimée, offrant son soutien aux meurtriers.

Et ses juges n’en ont pas encore fini.

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