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Khaled Meshaal : le 7 octobre « a ravivé le rêve d’une Palestine libre »

Depuis le Qatar, le milliardaire dirigeant politique du Hamas s'est dit indifférent à la destruction de Gaza, insistant pour que son groupe terroriste ne renonce pas

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal (à gauche), et l'ancien Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismail Haniyeh, lors d'une conférence de presse dans la bande de Gaza en 2012. (Crédit : Suhaib Salem/AP)
Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal (à gauche), et l'ancien Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismail Haniyeh, lors d'une conférence de presse dans la bande de Gaza en 2012. (Crédit : Suhaib Salem/AP)

Khaled Meshaal, haut responsable du Hamas, a rejeté la possibilité d’une solution à deux États et déclaré que la redoutable attaque de son organisation terroriste contre Israël, le 7 octobre dernier, prouvait que la libération de la Palestine « du fleuve à la mer » était une idée réaliste.

Dans une interview accordée au podcasteur koweïtien Ammar Taki la semaine passée, Meshaal, haut dirigeant du groupe politique de l’organisation terroriste, a déclaré qu’il y avait « presque consensus » parmi les Palestiniens sur le fait qu’ils ne renonceraient pas à leurs droits sur les terres, « du Jourdain à la mer Méditerranée » – c’est-à-dire la Cisjordanie, Gaza et tout Israël.

Meshaal a souligné que ce slogan était fréquemment scandé, lors de manifestations, par « les étudiants américains et dans les capitales européennes », et que l’attaque du 7 octobre avait « ravivé ce rêve ».

Le responsable du Hamas a catégoriquement rejeté l’option d’un règlement politique avec Israël et d’une solution à deux États au conflit, au motif que cela impliquerait la reconnaissance de la légitimité de l’État d’Israël, ligne rouge absolument « inacceptable » pour le mouvement terroriste.

Il a par ailleurs affirmé que, si le Hamas avait accepté un État palestinien dans les frontières de 1967 dans le but d’« établir un terrain d’entente », dans le contexte du dialogue de réconciliation avec d’autres factions palestiniennes au fil des ans – notamment son rival historique, le Fatah –, il ne renoncerait pour autant pas à libérer l’intégralité de la « Palestine » historique, qui comprend le territoire de l’État d’Israël.

La guerre a éclaté suite à l’attaque du Hamas, le 7 octobre dernier, dans le sud d’Israël, au cours de laquelle des milliers de terroristes ont pris d’assaut des bases militaires, des communautés israéliennes et un grand festival de musique, et tué pas moins de 1 200 personnes, essentiellement des civils, dans une extrême violence. Les terroristes ont également fait 253 otages.

Meshaal a déclaré lors de l’interview que le fait d’être au pouvoir à Gaza depuis 17 ans avait permis au Hamas de se doter d’une « couverture politique et administrative » et de construire ses infrastructures terroristes sans être dérangé par l’Autorité palestinienne ou Israël, sans oublier la fabrication d’armes, le creusement de tunnels ou l’entrainement de ses membres.

Aucun remords pour les vies des Gazaouis

L’intervieweur a fait remarquer qu’avant l’attaque du 7 octobre, les conditions de vie étaient bien meilleures pour les civils de Gaza, qui menaient une vie normale, allaient au marché et bénéficiaient de services comme les écoles ou les hôpitaux.

« Tout a été détruit, des milliers de personnes sont mortes et les Gazaouis ne trouvent ni nourriture, ni eau, ni carburant. Toutes les infrastructures sont détruites », a déclaré l’intervieweur.

Meshaal a répliqué que la vie à Gaza avant le 7 octobre était digne d’une prison, et que la bande de Gaza était alors « en train de mourir de mort lente », étouffée par 17 ans de blocus israélien et égyptien suite au coup d’État de l’organisation terroriste en 2007.

« Il n’y avait pas de liberté à Gaza. Il y avait une stabilité apparente, mais la vie n’était pas belle. Les Palestiniens ne veulent pas de meilleures conditions de vie en restant sous occupation », a-t-il affirmé.

Meshaal, qui a survécu à une tentative d’assassinat israélienne en 1997, n’a jamais vécu à Gaza et ne s’y est rendu que brièvement en 2012. Il a grandi en Cisjordanie et au Koweït, a passé des années en Jordanie et en Syrie en qualité de responsable du Hamas et réside au Qatar depuis plus d’une dizaine d’années, où il mène grand train, bien loin des difficultés de Gaza. Sa fortune est estimée à 5 milliards de dollars.

Sa fabuleuse richesse, comme celle d’autres dirigeants du Hamas, est le fruit des taxes prélevées sur les marchandises introduites en contrebande à Gaza depuis le Sinaï et des dons internationaux, principalement du Qatar.

À propos du nombre élevé de morts à Gaza, Meshaal a dégagé toute responsabilité dans ce bilan humain. « Il est inconcevable de résister sans pertes humaines », a-t-il déclaré – une allusion à sa réaction aux événements du 7 octobre, lorsqu’il avait déclaré que les Palestiniens devraient sacrifier des vies pour se libérer.

Il a évoqué l’exemple de l’Algérie, qui a « sacrifié six millions de martyrs » pour sa libération, du temps de la colonisation française.

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