Le BNVCA condamne la « position choquante » de Clémentine Autain sur Barghouthi
Rechercher

Le BNVCA condamne la « position choquante » de Clémentine Autain sur Barghouthi

Pour la députée LFI , "Barghouti n'est pas un terroriste mais un prisonnier politique"; Il purge 5 peines de prison à vie pour son rôle lors de la Seconde intifada

Clémentine Autain, élue en Seine-Saint-Denis pour La France Insoumise, le 13 juillet 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Clémentine Autain, élue en Seine-Saint-Denis pour La France Insoumise, le 13 juillet 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Dans un communiqué publié ce jeudi, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a condamné les propos de Clémentine Autain, députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis et vice-présidente du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale depuis octobre dernier.

La veille, dans l’émission « Conversations avec Anna Cabana » diffusée sur la chaine i24NEWS, la femme politique avait déclaré « Marwan Barghouthi n’est pas un terroriste, c’est un militant et prisonnier politique ».

« Il y a 700 prisonniers politiques qui sont enfermés sous les verrous, certains sont emprisonnés et n’ont participé à aucun attentat », avait-elle ajouté.

Barghouthi est l’ancien chef de l’aile armée Tanzim du Fatah et a été condamné en Israël pour avoir fondé la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, un autre groupe terroriste du Fatah.

Il purge actuellement cinq peines de prison à vie dans un centre d’incarcération israélien pour avoir ourdi des attentats terroristes au cours de la Seconde intifada au début des années 2000.

Barghouthi est resté très actif au niveau politique derrière les barreaux, et est souvent désigné comme l’un des quelques successeurs probables du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Au mois d’avril, Barghouthi avait lancé une grève de la faim pour obtenir de meilleures conditions pour les prisonniers mais également, selon les experts, pour faire la démonstration de son pouvoir et de son autorité politiques.

« Cette position choquante tend à prouver que Mme Autain est soit mal informée, soit qu’elle exprime un parti pris », a dénoncé Sammy Ghozlan, président du BNVCA.

« A Mme Autain qui reproche à Israël ses mesures préventives, nous rétorquons que les Merah, Coulibali, Kouachi, Nemouche, Bahlouel, Animour, Abdeslam, Mostefai, etc, tous connus des services de police, auraient pu être empêchés d’ensanglanter notre pays s’ils avaient été neutralisés avant leurs crimes qu’ils déclarent commettre pour venger les enfants palestiniens, en s’inspirant des modes opératoires des terroristes palestiniens comme la bombe humaine, l’attaque au couteau, à la hache ou à la voiture bélier », a ajouté le responsable associatif et ancien commissaire.

Marwan Barghouthi au tribunal en 2002 (Crédit : Flash90)

En novembre 2017, les autorités israéliennes avaient interdit d’entrée sur le territoire israélien plusieurs élus français de gauche, dont Clémentine Autain, accusés de soutenir le mouvement BDS et de vouloir rencontrer Marwan Barghouthi, actuellement incarcéré en Israël.

« C’est quand même un problème qu’un Etat dit démocratique empêche à des députés français de venir sur son sol », a déploré la députée dans son interview diffusée mercredi.

« Ce qui n’est pas rassurant c’est qu’Israël nous empêche de venir. On est quand même dans une situation où on a un Etat, Israël, qui ne respecte pas le droit international puisqu’il y a toute une série de résolutions de l’ONU qui demandent la reconnaissance de l’Etat palestinien et la fin de la colonisation, » a-t-elle expliqué.

« L’Etat d’Israël ne respecte pas le droit international et empêche des représentants de la République française de venir pacifiquement. Je pense qu’aujourd’hui la politique du gouvernement israélien est dans un état de raidissement et d’autoritarisme dangereux, c’est un gouvernement d’extrême droite. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...