Rechercher

Le chef de Raam condamne l’agression contre la police dans une ville arabe

Mansour Abbas s'est entretenu avec le chef de la police suite à des heurts violents entre forces de l'ordre et "milices locales" au sein de la municipalité de Kafr Qassem

Un homme agresse un policier aux abords de la mairie de Kafr Qassem, dans le centre d'Israël, le 1er octobre 2021. (Capture d'écran vidéo)
Un homme agresse un policier aux abords de la mairie de Kafr Qassem, dans le centre d'Israël, le 1er octobre 2021. (Capture d'écran vidéo)

Le chef du parti islamiste Raam, Mansour Abbas, a condamné samedi soir une agression contre des policiers survenue dans la ville de Kafr Qassem, dans le centre du pays.

« J’ai fait part de ma condamnation sans équivoque au chef de la police Kobi Shabtai, j’ai souhaité un prompt rétablissement aux agents et j’ai souligné l’obligation de faire respecter l’état de droit et de maintenir la coopération avec la police », a expliqué Abbas suite à un appel téléphonique avec le chef des forces de l’ordre.

« J’ai exprimé mon désir d’œuvrer, tous ensemble, à améliorer la confiance, les relations de travail et la coopération entre la police et les citoyens arabes de manière à ce que nous soyons en mesure de vaincre le crime et la violence croissante dans la société arabe », a ajouté le numéro un du parti islamiste de la coalition.

La police a arrêté quatre suspects, ce week-end, après l’agression de plusieurs agents, dans la matinée de jeudi, par des gardes privés de sécurité travaillant pour Kafr Qassem. Les policiers sont arrivés dans la municipalité après avoir reçu l’information qu’un individu avait été violemment contraint à entrer dans la mairie – mais l’entrée dans le bâtiment leur a été refusée par les gardiens. Des heurts ont suivi et plusieurs agents ont été frappés et blessés.

La presse israélienne a noté, samedi, que les gardes appartenaient à une organisation embauchée par les responsables locaux afin de maintenir l’ordre dans la ville, dans un contexte de crimes violents au sein de la communauté arabe. Selon la Treizième chaîne israélienne, le député de Raam, Walid Taha, a lui-même été impliqué dans la formation du groupe. Le législateur n’a fait pour sa part aucun commentaire.

En réponse à l’attaque des policiers, le Premier ministre Naftali Bennett a dénoncé samedi « les violences dans la société arabe » qui, selon lui, « ont atteint un niveau intolérable ».

Il a écrit sur Twitter : « nous allons les combattre de toutes nos forces. J’attends de la communauté arabe qui a demandé l’intervention de l’État qu’elle offre tout son soutien et tout son appui aux agents de police ».

Mansour Abbas, chef du parti Raam, dirige une réunion de faction, au Parlement israélien, le 19 avril 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a déclaré de son côté que les gardes de sécurité s’apparentaient « à une milice locale », avant d’ajouter que « les suspects qui ont été arrêtés – et tous ceux qui pensent qu’ils sont en droit de lever la main sur nos fonctionnaires en uniforme – devront répondre de leurs actes devant les juges ».

Dans une vidéo de l’incident, les policiers se disputent apparemment avec un homme qui bloque la porte d’entrée du bâtiment. La querelle s’amplifie et l’un des agents a alors recours à un taser.

L’homme visé par le taser, apparemment imperturbable, donne alors des coups de poing au visage du policier, qui tombe au sol. D’autres se battent avec un autre agent.

Peu après, alors que deux policiers tentent d’arrêter un suspect, un homme sort du bâtiment et les agresse.

Deux agents et un bénévole des forces de l’ordre ont dû être pris en charge au niveau médical.

Pendant une audience de placement en détention pour deux des suspects, un représentant de la police a déclaré que les gardes étaient « une sorte de police privée » à Kafr Qassem. L’incarcération des deux suspects a été prolongée de deux jours supplémentaires.

« Ce sont des gens qui font eux-mêmes la loi », a déploré le représentant des forces de l’ordre.

Kobi Shabtai, commissaire de la police israélienne, a condamné cette agression.

« Nous n’accepterons pas que les agents soient blessés dans l’exercice de leurs fonctions », a dit Shabtai. « Nous n’allons pas laisser passer ça … nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour amener les responsables de ces violences devant la justice. »

De son côté, la municipalité a émis un communiqué, samedi, condamnant l’incident. Elle a estimé que l’agression contre les policiers était « scandaleuse » et elle a dénoncé l’attaque d’agents « qui faisaient leur travail » à Kafr Qassem, remerciant la police pour le maintien de la sécurité dans la ville.

Cet incident survient alors que les forces de l’ordre tentent de contrer la vague croissante de crimes violents dans la communauté arabe. Un homme arabe d’une quarantaine d’années a été abattu dans une rue de Haïfa, vendredi soir – il est le 95e Arabe israélien à avoir été victime en 2021 des violences endémiques qui touchent la société arabe.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...