Le Hamas et le Jihad islamique disent avoir déjoué Trump
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Le Hamas et le Jihad islamique disent avoir déjoué Trump

Les groupes terroristes, qui font partie des organisateurs des manifestations massives de vendredi, ont déclaré que "l'accord du siècle" avait été déjoué

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Les Palestiniens franchissent une ville de tente dressée le long de la frontière avec Israël, à l'est de Gaza City, pour commémorer la Journée de la terre (Crédit : AFP/ MAHMUD HAMS)
Les Palestiniens franchissent une ville de tente dressée le long de la frontière avec Israël, à l'est de Gaza City, pour commémorer la Journée de la terre (Crédit : AFP/ MAHMUD HAMS)

Le Hamas et le Jihad islamique ont déclaré que les manifestations massives qui ont eu lieu vendredi le long de la frontière avec Gaza et qui, selon les responsables palestiniens, ont fait 16 morts et plus de 1 400 blessés au cours d’affrontements avec l’armée israélienne, sont parvenues à déjouer « l’accord du siècle » vanté par le président américain Donald Trump.

Les deux groupes terroristes, qui ont joué un rôle majeur dans l’organisation du mouvement de protestation de vendredi, ont vivement recommandé aux Palestiniens de continuer les manifestations qui devraient durer six semaines et connaître leur apogée à la mi-mai, lorsque les Etats-Unis déménageront leur ambassade à Jérusalem.

Khaled al Batsh, haut-responsable du Jihad islamique à la tête de la commission assumant l’organisation du mouvement de protestation, a annoncé vendredi soir la fin de la première journée de la « marche du retour ».

Il a déclaré que les manifestations palestiniennes ont « enterré pour toujours l’accord suspect de Trump », en référence au plan qui doit encore être annoncé par l’administration américaine portant sur un accord de paix israélo-palestinien.

Batsh a ajouté que les Palestiniens « sont déterminés à déjouer tout plan dont l’objectif est la liquidation » de la cause palestinienne.

Le Hamas, un groupe terroriste qui cherche à détruire Israël, a fait savoir dans un communiqué vendredi soir que les Palestiniens ont « déjoué en pratique l’accord du siècle et porté un grave coup à Trump comme à son administration ».

Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a déclaré que les événements qui se sont déroulés vendredi ont montré l’échec des efforts israéliens de « changer la réalité ».

Batsh a indiqué que la journée du samedi serait consacrée au « soutien des familles des martyrs et aux visites auprès des blessés » touchés durant le mouvement de protestation de vendredi.

« Aujourd’hui n’a été que le commencement », a commenté Batsh durant une conférence de presse organisée à Gaza City. « Nous continuerons à organiser des sit-ins et des manifestations ».

Recommandant vivement aux Palestiniens de continuer à participer au mouvement de protestation, Batsh a appelé les Nations unies, la Ligue arabe et les parties internationales à ouvrir une enquête sur les « crimes » commis par les Israéliens à l’encontre des Palestiniens qui manifestaient « pacifiquement » vendredi.

Le mouvement de protestation avait été qualifié de pacifique mais a rapidement dégénéré en affrontements meurtriers, les soldats israéliens ouvrant le feu sur des Palestiniens qui leur jetaient des bombes et des cocktails Molotov ou qui ont tenté d’ouvrir une brèche dans la barrière de sécurité. Environ 30 000 manifestants étaient présents sur les lieux, selon l’armée israélienne.

Le porte-parole de l’armée israélienne Ronen Manelis a expliqué que l’armée a dû affronter une « manifestation terroriste violente en six points » le long de la clôture. Il a expliqué que l’armée israélienne avait fait usage de « tirs chirurgicaux » à chaque fois que des protestataires ont tenté de franchir la barrière de sécurité ou de l’endommager.

« Toutes les victimes étaient âgées de 18 à 30 ans, plusieurs d’entre elles étaient connues de nos services, et au moins deux étaient membres des forces de commando du Hamas », a-t-il précisé en fin d’après-midi.

L’armée a accusé les groupes terroristes d’utiliser ces manifestations pour mener des attentats, soit en ouvrant des brèches dans la barrière de sécurité ou en plantant des bombes sur la frontière.

Les soldats israéliens sont restés déployés sur le site dans un contexte de craintes de reprise des violences.

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