Le Hezbollah affirme qu’Israël n’est pas prêt pour une guerre
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Le Hezbollah affirme qu’Israël n’est pas prêt pour une guerre

Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, a estimé qu'Israël ne pourrait pas remporter une guerre avec sa seule puissance aérienne

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce une discours lors des funérailles de l'un des leaders du groupe terroriste à Beyrouth, le 16 février 2018. (AFP Photo/Joseph Eid)
Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce une discours lors des funérailles de l'un des leaders du groupe terroriste à Beyrouth, le 16 février 2018. (AFP Photo/Joseph Eid)

Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé lundi que les forces terrestres israéliennes n’étaient pas prêtes à affronter une offensive militaire au Liban et qu’Israël n’était plus en mesure de remporter des guerres seulement grâce à sa puissance aérienne.

Dans un discours, il a estimé qu’Israël ne chercherait pas à initier un conflit sur le territoire libanais – son commandement intérieur n’étant pas prêt à résister aux missiles tirés par le Hezbollah vers les principales villes israéliennes.

« J’ai tendance à penser qu’Israël ne fera probablement pas la guerre au Liban », a affirmé Nasrallah, dont le mouvement terroriste islamiste soutenu par l’Iran avait affronté pour la dernière fois l’Etat juif en 2006. « C’est mon avis personnel. »

« Les Israéliens affirment que le Commandement intérieur n’est pas prêt. Toute guerre israélienne, en théorie, nécessitera une opération terrestre pour parvenir à l’objectif souhaité. La période pendant laquelle les forces aériennes décidaient de l’issue d’une bataille est terminée. C’est devenu un axiome valable dans le monde entier. Si Israël lance une guerre, il faudra une opération terrestre de ses soldats pour que le pays atteigne son objectif », a-t-il poursuivi.

Pour souligner ce point de vue, le chef du Hezbollah a raillé la réponse israélienne à deux séries de tirs de roquettes vers Tel Aviv et sa région à la mi-mars. Les projectiles n’avaient alors pas été interceptés par le système de défense antiaérienne du Dôme de fer.

« Nous avons bien vu la manière dont deux missiles ont été tirés par erreur depuis Gaza et comment ils se sont abattus dans les environs de Tel Aviv, comment un autre missile a été lancé depuis Gaza avant de retomber au nord de Tel Aviv : toutes les mesures israéliennes n’ont rien pu y faire », a-t-il affirmé.

Dans son discours, Nasrallah a démenti avoir rencontré de hauts-commandants et leur avoir dit que la probabilité d’une guerre contre Israël au cours de l’été était élevée – une information qu’il a qualifiée de « mensonge ». Selon un reportage koweïtien, il avait déclaré que le Hezbollah risquait de déplorer de nombreuses victimes et que lui-même était susceptible d’être tué.

Nasrallah a aussi condamné les Etats-Unis pour avoir mis un terme aux dispenses qui permettaient aux pays concernés d’acheter du pétrole à l’Iran, une décision prise lundi. Il a clamé que cette démarche rappelait que les Etats-Unis « sont l’ennemi réel, le premier et le plus important ennemi ».

« Israël, les organisations takfiristes, les terroristes, les assassins et tous ceux qui lancent des guerres ne sont rien de plus que des instruments dans le projet d’agression et de tyrannie des Américains », a-t-il dit.

Cette allocution de Nasrallah survient quelques jours après que le nouveau commandant des forces terrestres a annoncé que le Hezbollah programmait à nouveau une invasion surprise du nord d’Israël malgré la récente opération israélienne de destruction d’un important réseau de tunnels d’attaques transfrontaliers qui avaient été construits par les milices.

Le général de division Yoel Strick a été nommé à la tête des forces terrestres au mois de février dans un contexte de critiques croissantes portant sur le niveau de préparation réel à la guerre des soldats israéliens.

Il a tenu ces propos moins de quatre mois après la fin de l’opération de destruction des tunnels le long de la frontière libanaise.

Le général de division Yoel Strick, commandant du Commandement du nord, lors d’une conférence organisée par Hadashot au centre de conférence international de Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Le Hezbollah prévoit encore d’envahir la Galilée », a-t-il affirmé au site d’information Ynet au cours d’un entretien accordé jeudi, évoquant la possibilité pour le groupe terroriste de pénétrer sur le territoire israélien en utilisant un réseau de tunnels. « Bien sûr, nous ne permettrons pas que ça arrive. Nous déjouerons ces plans. »

Au mois de décembre, Israël a accusé le Hezbollah de creuser des tunnels transfrontaliers au sein de son territoire depuis le sud du Liban et a lancé une opération pour les détruire.

Selon l’armée, le Hezbollah avait prévu d’utiliser les tunnels pour kidnapper ou tuer des civils et des soldats, et pour se saisir d’un petit périmètre du territoire israélien en cas d’hostilités.

L’armée n’a pas indiqué de chiffre concernant le nombre de tunnels découverts, même si elle a annoncé au mois de janvier que six avaient été démolis durant toute l’opération.

Strick a également indiqué être favorable à une guerre contre le Liban tout entier lors du prochain conflit qui opposerait Israël au Hezbollah.

« Dans un prochain affrontement, ce serait une erreur de faire la distinction entre l’Etat du Liban et le Hezbollah dans la mesure où le Hezbollah est un acteur politique et qu’il fait partie du gouvernement », a noté Strick.

Dans un tel conflit, « si cela ne tenait qu’à moi, je recommanderais de déclarer la guerre au Liban et au Hezbollah », a-t-il poursuivi. « Je n’ai aucun doute sur l’issue des événements… Ce serait une victoire décisive ».

Au mois de mars, l’ex-chef d’Etat-major Gadi Eizenkot, qui vient de prendre sa retraite, avait expliqué qu’un conflit ouvert avec le Hezbollah avait été évité de justesse pendant son mandat.

La dernière guerre ayant opposé Israël au Hezbollah remonte à 2006 mais les tensions restent élevées le long de la frontière nord. Cela fait des années qu’Israël effectue des frappes aériennes en Syrie afin d’empêcher le transfert d’armement au groupe terroriste soutenu par l’Iran.

« La menace du Hezbollah est grave », avait affirmé Eizenkot. « C’est une organisation forte qui a gagné de l’expérience dans les opérations d’envergure et qui veut préparer un plan d’attaque qui lui permettrait de conquérir la Galilée et de faire entrer 5 000 combattants via des souterrains » en Israël.

La menace d’une guerre avec le Hezbollah a augmenté au cours des trois dernières années, avait-il poursuivi.

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