Le porc ne pourra dorénavant être importé en Israël que s’il est casher
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Le porc ne pourra dorénavant être importé en Israël que s’il est casher

Le gouvernement intérimaire a discrètement changé la réglementation pour interdire l'entrée de produits porcins, mais celle concernant la production nationale reste inchangée

Les cochons dans une ferme de Goudelin, à l'ouest de la France, le 13 février 2019 (Crédit : Damien Meyer/AFP)
Les cochons dans une ferme de Goudelin, à l'ouest de la France, le 13 février 2019 (Crédit : Damien Meyer/AFP)

Le ministère de l’Economie a discrètement amendé ses réglementations sur l’importation de porc et de lard, conditionnant leur entrée en Israël à une certification casher – ce qui est littéralement impossible.

Dans la mesure où ces produits sont interdits par les restrictions alimentaires juives, cette initiative interdit, de fait, les importations de produits porcins dans le pays.

Ces régulations révisées, qui ont été publiées mercredi, se réfèrent à la poitrine de porc, aux intestins et au lard comestible issu de sous-produits porcins. En plus de la liste des produits concernés, le ministère a ajouté une nouvelle exigence : la certification casher.

Même si l’importation de viandes non casher est interdite au sein de l’Etat juif depuis 1994, des exceptions ont été faites pour certains morceaux de porc, les saucisses, le lard, les fruits de mer et autres, selon la Douzième chaîne.

Selon les chiffres cités par la chaîne, environ 295 tonnes de porc et de lard avaient été importées sous la houlette de l’ex-ministre de l’Economie Naftali Bennett, de 2013 à 2015, un chiffre qui était tombé à 93 tonnes sous l’autorité du leader du parti Shas Aryeh Deri au cours de son passage à ce poste en 2015 – où il était resté plusieurs mois.

La raison derrière cette décision reste indéterminée. Il n’a pas été possible de joindre le ministère de l’Economie pour d’éventuels commentaires.

Ce changement a été mis en œuvre par le gouvernement transitoire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en place depuis le mois de décembre, après la tenue de deux élections successives en avril et septembre qui n’ont pas permis jusqu’à présent de former une coalition.

Les formations ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah sont deux partenaires déterminants du gouvernement.

Ce changement de réglementation a été condamné samedi par le député Yair Lapid, numéro deux de Kakhol lavan.

« Cher gouvernement, ôtez-vous de nos assiettes ! », a écrit Lapid dans une publication sur Twitter. « L’Etat ne va pas dicter ce que nous pouvons ou ne pouvons pas manger. Quand nous aurons formé un gouvernement, nous abrogerons cette régulation ».

Même si l’élevage de porc est également restreint par la législation israélienne, des exceptions sont faites pour les agriculteurs des secteurs majoritairement chrétiens.

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