Le président indien condamne le terrorisme lors d’une visite historique en Israël
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Le président indien condamne le terrorisme lors d’une visite historique en Israël

Pranab Mukherjee évite de parler de la violence en s’exprimant à la Knesset et vante le renforcement des liens entre les deux pays

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le président indien Pranab Mukherjee (à gauche) rencontre le président Reuven Rivlin lors de la première visite officielle en Israël d'un chef d'Etat indien, le 14 octobre 2015. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président indien Pranab Mukherjee (à gauche) rencontre le président Reuven Rivlin lors de la première visite officielle en Israël d'un chef d'Etat indien, le 14 octobre 2015. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Mercredi, le président indien Praneb Mukherjee a déclaré être « dérangé » par le récente poussée de violence en Israël, alors qu’il a rencontré son homologue Reuven Rivlin lors d’un voyage historique de trois jours en Israël.

« L’Inde attache une haute importance à sa relation Israël ; nous sommes « préoccupés » par les récentes violences », a déclaré Mukherjee à Rivlin lors d’une réception officielle. « L’Inde condamne toute forme de terrorisme, et nous avons toujours préconisé une solution pacifique à tous les conflits ».

Rivlin a fait l’éloge des liens entre Israël et l’Inde, déclarant qu’il avait hâte « d’explorer de nouvelles voies de corporation et de partenariat ».

« Les Indiens et les Israéliens travaillent ensemble pour protéger l’environnement, développer des études académiques, et nous travaillons pour protéger nos peuples face au terrorisme et au fondamentalisme », a-t-il déclaré.

Le voyage intervient au milieu d’efforts pour renforcer les liens entre l’Inde et Israël. Le Premier ministre Narenda Modi, qui est entré en fonction l’année dernière, a fait du développement de la coopération avec Israël un élément central des politiques diplomatiques de son gouvernement.

A la suite de la réception, Mukherjee s’est adressé à la Knesset à une session plénière spéciale en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du Président Rivlin.

A la Knesset, souvent le lieu d’accrocahges entre les députés israéliens, y compris lors de visites de dignitaires étrangers, Mukherjee a choisi de ne pas traiter la question de la situation sécuritaire, faisant seulement allusion au soutien indien à la solution à deux États.

« L’Inde pense qu’il n’y a pas de meilleur moyen de résoudre les problèmes que par les négociations et le dialogue », a-t-il déclaér aux législateurs.

Il s’est plutôt concentré sur les liens historiques entre Israël et l’Inde et le potentiel pour une coopération future.

« Des Juifs sont arrivés en Inde il y a plus de 2 000 ans. Le peuple juif a toujours fait partie intégrante de la société indienne composite », a déclaré Mukherjee, qui a remercié Israël pour avoir fourni « des équipements vitaux de défense en 1999 ».

Depuis 1999, l’Inde est devenu le plus grand acheteur d’équipement militaire israélien.

En octobre 2014, l’Inda a signé un contrat à hauteur de 525 millions de dollars pour acheter des missiles guidés Spike, qui ont été largement utilisés par l’armée israélienne lors de l’Opération Bordure protectrice de l’été dernier.

Les marchands d’armes israéliens auraient vendu pour environ 8 milliards de dollars de système d’armement à l’Inde, représentant autour de 15 % des ventes d’armes totales, pour 2012.

Le dirigeant de l’Inde a déclaré à la Knesset que « nos pays devraient coopérer dans le domaine de l’agriculture. Les avancées technologiques israéliennes peuvent améliorer la production industrielle de l’Inde. La coopération peut créer plus d’emploi aussi bien en Inde qu’en Israël ».

S’exprimant après Mukherjee, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est également concentré sur le renforcement des liens entre les deux pays.

Netanyahu a déclaré dans son discours que « l’Inde est un pays énorme, et nous sommes un pays petit, mais ensemble nous faisons de grandes choses dans le domaine de la science, de la technologie, de l’informatique, de l’eau et de la sécurité, et nous travaillons ensemble pour mettre en pratique le potentiel d’innovation afin d’apporter le bien-être et la prospérité à nos pays. »

Comme Rivlin avant lui, Netanyahu a déclaré qu’Israël et l’Inde partagent des défis sécuritaires.

« Devant tous les défis du fanatisme et de la terreur qui se sont présentés contre nos pays, nous avons réussi à préserver la démocratie pendant 70 ans. Nos deux pays sont attaqués par des organisations terroristes mondiales », a-t-il expliqué.

« Avec nos aspirations à vivre en coexistence et en paix, nous devons faire comprendre clairement à nos ennemis que la terreur ne nous vaincra pas », a continué Netanyahu.

« En plus de démolir les maisons des terroristes, nous ne permettrons pas la reconstruction des maisons au même endroit. Nous saisirons les biens, annulerons les permis de résidence permanente et installerons des barrages routiers où ce sera nécessaire. Nous agirons contre tous les instigateurs de la haine qui répandent des mensonges sanglants pour préparer des actions contre nous ».

S’exprimant depuis l’Université de Jordanie à Amman, lorsqu’il est arrivé samedi en chemin pour Israël, Murkherjee, a déclaré que des liens plus proches avec Israël ne changeraient pas la position de l’Inde sur la question palestinienne.

« Le soutien traditionnel de l’Inde à la cause palestinienne reste fort et inchangé même si nous avons des relations solides avec Israël », a-t-il affirmé.

Citant un discours du fondateur de l’Inde, le Mahatma Gandhi, Mukherjee a déclaré que la « Palestine appartient au Arabes dans le même sens que l’Angleterre appartient aux Anglais et le France aux Français.”

La citation est tirée d’un discours prononcé en 1938 par Gandhi dans lequel il expliquait son opposition au sionisme déclarant que cela serait « un crime contre l’humanité de rabaisser les fiers Arabes pour que la Palestine soit rendue aux Juifs partiellement ou totalement comme leur foyer national ».

Mardi, Mukherjee a déposé une couronne de fleur sur la tombe de l’ancien chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat avant de rencontrer l’actuel président de l’AP Mahmoud Abbas.

Il devait aussi visiter l’Université polémique Al Quds de Jérusalem, le site de nombreuses manifestations violentes au cours de dernières semaines, pour recevoir un doctorat honoraire de l’institution.

Jeudi, Mukherjee a reçu un doctorat honoraire de l’Université Hébraïque de Jérusalem.

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