Le retrait américain de Syrie mettra Israël en péril – Allié de Trump
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Le retrait américain de Syrie mettra Israël en péril – Allié de Trump

Le sénateur républicain Lindsey Graham explique que la décision permettra à l'Iran de s'ancrer davantage dans la région, devenant un "cauchemar" pour l'Etat juif

Le sénateur américain Lindsey Graham lors d'une audience de confirmation de la commission judiciaire du Sénat au Capitole, le 20 mars 2017. (AFP Photo/Brendan Smialowski)
Le sénateur américain Lindsey Graham lors d'une audience de confirmation de la commission judiciaire du Sénat au Capitole, le 20 mars 2017. (AFP Photo/Brendan Smialowski)

WASHINGTON — D’importants alliés de Donald Trump ont fustigé ce dernier lundi après son annonce-surprise du retrait des forces américaines de Syrie et son autorisation donnée à une offensive turque contre les Kurdes, alliés des Etats-Unis, dans le pays, clamant que cette initiative permettra à l’Iran de s’implanter davantage en Syrie et augmentera la vulnérabilité militaire de l’Etat juif.

« L’issue la plus probable de cette décision prise sous le coup de l’impulsion sera de garantir la domination de l’Iran en Syrie », a écrit sur Twitter Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du sud. « Les Etats-Unis n’auront dorénavant plus aucune influence et la Syrie deviendra un cauchemar pour Israël. »

L’ancienne envoyée américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a pour sa part estimé que son ex-patron abandonnait un allié vital.

« Nous devons toujours apporter notre soutien à nos alliés si nous attendons d’eux qu’ils nous soutiennent », a-t-elle écrit sur Twitter. « Les Kurdes ont été déterminants dans la réussite de notre combat contre l’Etat islamique en Syrie. Les abandonner à une mort certaine est une grosse erreur ».

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley s’exprime devant les journalistes au siège des Nations unies, le 2 janvier 2018 à New York. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Dimanche soir, la Maison-Blanche a dit que les forces américaines situées dans le nord-est de la Syrie allaient se retirer et ouvrir la voie à un assaut turc attendu – abandonnant les combattants kurdes qui ont lutté aux côtés des forces américaines dans la bataille contre le groupe terroriste de l’EI qui a duré de longues années.

Cela fait des mois que le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, menace de lancer une opération militaire de l’autre côté de la frontière. Il considère les forces kurdes comme une menace pour son pays, Ankara ayant dû faire face à une insurrection de la communauté kurde sur le territoire turc.

Les Républicains et les Démocrates clament depuis longtemps que permettre une attaque turque pourrait entraîner un massacre du côté des Kurdes et envoyer un message troublant aux alliés de l’Amérique partout dans le monde.

Plusieurs des plus proches alliés de Trump au Capitole ont exprimé des inquiétudes similaires dans la journée de lundi.

« Si les informations portant sur le retrait américain de la #Syrie sont exactes, l’administration Trump fait une grosse erreur qui aura des implications bien au-delà de la Syrie », a écrit Marco Rubio, sénateur de Floride républicain, sur Twitter. « Cela confirmerait le point de vue de l’Iran de cette administration et encouragerait une escalade des attaques hostiles de sa part, qui pourraient entraîner une guerre régionale bien plus large et dangereuse. »

Le président américain Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan au sommet de l’OTAN à Bruxelles, le 11 juillet 2018. (Crédit : AFP/Pool/Tatyana Zenkovich)

Graham a expliqué avoir consulté le sénateur Chris Van Hollen, démocrate du Maryland, et qu’il présenterait une législation bipartisane qui permettrait de sanctionner la Turquie en cas d’attaque contre la Syrie – et un appel à la suspension d’Ankara de l’OTAN.

« Nous présenterons des sanctions bipartisanes contre la Turquie en cas d’invasion de Syrie et nous réclamerons sa suspension de l’OTAN si les Turcs attaquent les forces kurdes qui ont aidé les Etats-Unis à détruire le califat de l’EI », a écrit Graham sur Twitter.

Trump a défendu sa décision en disant qu’il avait « été élu pour enfin sortir de ces guerres ridicules et sans fin ». Si la Turquie doit faire quelque chose qui « franchira les limites », a-t-il ajouté, les conséquences seront dures pour le pays.

« Comme je l’ai déjà dit avec force, et que je vais répéter encore, si la Turquie fait quelque chose que je considère, dans ma grande sagesse inégalée, comme ayant dépassé les limites, je détruirai totalement et j’anéantirai l’économie de la Turquie (je l’ai déjà fait dans le passé !) », a-t-il écrit dans une publication sur Twitter. « Ils doivent, avec l’Europe et les autres, surveiller avec vigilance les combattants et les familles de l’EI qui ont été capturés », a-t-il ajouté dans sa publication.

« Le moment est dorénavant venu pour les autres, dans la région, dont certains ont de grandes richesses, de protéger leurs propres territoires », a-t-il continué. « LES ETATS-UNIS SONT GRANDS ! »

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