Le vice-procureur général démissionne à cause de la politisation de la Justice
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Le vice-procureur général démissionne à cause de la politisation de la Justice

Une semaine avant de démissionner, Avi Licht a déclaré qu'une nouvelle idéologie est apparue qui s'oppose au travail du ministère en tant que "gardien" de la démocratie

Le procureur général adjoint Avi Licht assiste à la conférence Eli Horowitz pour l'économie et la société, organisée par l'Institut israélien de la démocratie à Jérusalem le 19 juin 2017. (Yossi Zeliger/Flash90)
Le procureur général adjoint Avi Licht assiste à la conférence Eli Horowitz pour l'économie et la société, organisée par l'Institut israélien de la démocratie à Jérusalem le 19 juin 2017. (Yossi Zeliger/Flash90)

Le vice-procureur général Avi Licht a démissionné, une semaine après s’être plaint d’une politisation croissante au sein du ministère de la Justice et d’une ingérence dans son rôle de gardien de la démocratie.

Licht était considéré comme le plus haut gradé des adjoints du procureur général Avichai Mandelblit. Mandelblit est le principal conseiller juridique du gouvernement et le chef de la hiérarchie du ministère public. En tant que tel, Mandelblit supervise l’enquête sur les accusations de corruption contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

De 2010 à 2016, Licht a occupé le poste de procureur général adjoint pour les questions économiques. À partir de 2016, il a été procureur général adjoint pour la gestion et les tâches spéciales.

Licht a annoncé sa décision lundi.

Une semaine avant sa démission, Licht a pris la parole lors d’une table ronde du groupe de réflexion de l’Institut israélien pour la démocratie, où il a peut-être laissé entendre qu’il avait des raisons de démissionner.

« Il y a un sentiment de déclin du professionnalisme dans la fonction publique du ministère de la Justice et nous nous trouvons, contrairement aux années précédentes, dans une situation où notre légitimité est contestée ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« En opposition à l’idéologie qui nous a fait naître, une nouvelle idéologie est apparue, et je ne juge pas laquelle est correcte », a-t-il ajouté.

« Il y a toujours eu des opposants au travail du ministère de la Justice, mais ces dernières années, notre rôle de sentinelle, de défense de l’intérêt public et des droits de l’homme, est considéré comme illégitime par des groupes de plus en plus nombreux – y compris à la Knesset et au gouvernement. Une nouvelle approche idéologique est apparue qui considère que ce que nous faisons est interdit. Cette approche peut se résumer par les mots : ‘Qui t’a mis aux commandes ?' »

Licht est au ministère de la Justice depuis 20 ans. Il a participé activement au plan du gouvernement pour le gaz naturel, à la réforme du ministère des Communications qui a ouvert le marché de la téléphonie cellulaire à la concurrence et à la création de Kan, la société israélienne de radiodiffusion publique.

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