L’éducation juive progresse dans près de 50 pays malgré l’antisémitisme – étude
Porté par un soutien financier en hausse de la Fondation Yael, le réseau éducatif de la diaspora renforce ses effectifs et ses infrastructures, de la France à l'Ukraine
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Malgré le regain d’antisémitisme partout dans le monde, la recrudescence des conflits armés et le climat international plus qu’incertain, l’éducation juive connaît une dynamique surprenante et totalement inédite.
C’est ce qu’a révélé en juillet dernier le média espagnol Enfoque Judío, sur la base des chiffres de la Fondation Yael. Selon l’étude menée au sein d’un réseau de 145 institutions éducatives dans 48 pays, 52 % des établissements connaissent des hausses d’effectifs depuis ces douze derniers mois et 26 % d’entre eux ont des effectifs stables.
« Le tableau de l’éducation juive, aujourd’hui, est beaucoup plus encourageant que ce que beaucoup imaginent », affirme la directrice exécutive de la Fondation Yael, Chaya Yosovich, citée par Enfoque Judío.
« C’est extraordinaire : des parents, dans de dizaines de pays différents, ont décidé d’investir plus profondément dans l’identité juive de leurs enfants via l’éducation. »
Pour répondre à cette demande croissante, la Fondation Yael — fondée par Uri et Yael Poliavich pour promouvoir l’éducation juive au sein de la diaspora, en particulier au sein des communautés disposant de peu de ressources — a renforcé ses engagements financiers.
Le nombre de programmes subventionnés est ainsi passé de 110 à 147, pour un budget annuel porté de 7,1 millions à 9,6 millions d’euros.
Dans la Péninsule Ibérique, la fondation finance des projets à Madrid, Barcelone, Valence et au Portugal. Mais la hausse de la fréquentation touche l’ensemble des réseaux éducatifs, dans les grandes comme dans les plus petites communautés.
Ainsi, en France (qui abrite la plus importante communauté juive d’Europe), aucune des 23 institutions soutenues par la fondation n’a perdu d’élèves, et plusieurs d’entre elles signalent désormais la mise en place de listes d’attente.
L’Allemagne et le Brésil enregistrent également une forte demande.
Des communautés plus modestes enregistrent aussi de fortes progressions, comme par exemple en Estonie, en Géorgie, au Kirghizistan, en Norvège ou encore au Portugal.Dans les zones de conflit, plus de la moitié des écoles considérées comme « en situation de survie » ont réussi à maintenir ou augmenter leurs effectifs. C’est notamment le cas en Ukraine, où la Fondation Yael a mis à disposition près de 10 millions d’euros pour la rénovation et la modernisation des infrastructures scolaires en temps de guerre.
Selon l’analyse de la Fondation Yael relayée par Enfoque Judío, la hausse des actes antisémites observée depuis les massacres du 7 octobre 2023 a eu un effet catalyseur. Si certains parents hésitent à inscrire leurs enfants dans des établissements ostensiblement juifs pour des questions de sécurité, la grande majorité d’entre eux fait le choix inverse.
Les écoles juives sont désormais perçues comme des havres de sécurité, d’identité et de stabilité. Les familles y recherchent une éducation bilingue d’excellence, un cadre protecteur et un renforcement de l’engagement communautaire.
« L’éducation a toujours été le moteur de la continuité juive. Ce qui est encourageant dans tout ça, c’est que les familles l’ont compris », explique Naomi Kovitz, directrice des opérations de la Fondation Yael, dans les colonnes d’Enfoque Judío.
« La difficulté va désormais consister à passer de la préservation à l’expansion et à l’innovation, en garantissant que chaque famille qui souhaite une éducation juive pour ses enfants puisse y avoir accès. »
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