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Les acquisitions de firmes israéliennes atteignent les 9,5 milliards de dollars

Cette année, 86 accords d'acquisition ont été conclus - dont une part significative a été initiée par des acheteurs israéliens, selon un prochain rapport

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Vue des immeubles de bureaux high-tech de Herzliya Pituah, le 12 décembre 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)
Vue des immeubles de bureaux high-tech de Herzliya Pituah, le 12 décembre 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)

Le montant total résultant des acquisitions de start-ups et autres entreprises israéliennes en 2021 a atteint 9,5 milliards de dollars par le biais de la conclusion de 86 accords – c’est presque le double du montant généré par des acquisitions en 2020, année où le monde avait été frappé par la pandémie de coronavirus, et c’est une hausse d’environ 25 % par rapport à 2019 (7,7 milliards de dollars), selon un rapport publié prochainement établi par l’agence PwC Israel.

La firme analyse actuellement les chiffres et termine l’étude qui devrait être rendue publique dans les prochaines semaines, mais le Times of Israel a pu avoir un aperçu de ses conclusions initiales dans la journée de mercredi.

« Au cours du processus d’assemblage du rapport, nous avons pu noter ce modèle important », a commenté Yaron Weizenbluth, partenaire et directeur du pôle hi-tech au sein de PwC Israel. « Pendant toute l’année 2021, tout le monde s’est préoccupé du nombre d’IPOs [introductions en bourse, initial public offerings] et du nombre de SPACs [société d’acquisition à vocation spécifique, un processus qui a été l’alternative privilégiée par de nombreuses entreprises israéliennes désireuses d’entrer sur le marché public depuis le début de l’année] mais nous n’avons pas véritablement prêté attention au nombre énorme d’exits dans le secteur technologique, et cela reflète la tendance actuelle dans l’écosystème israélien ».

Même s’il n’y a pas eu d’accord d’envergure – comme cela avait été le cas, en 2017, lors de l’acquisition par Intel de Mobileye pour un montant de 15,3 millions de dollars, ou lors du rachat de Mellanox Technologies par Nvidia en 2019 – il y a eu néanmoins 86 accords d’acquisition pour une valeur de 9,5 milliards de dollars, poursuit Weizenbluth. « Ce chiffre n’englobe pas les IPOs et les SPACs, seulement les acquisitions pures, les exits technologiques », a-t-il ajouté, notant qu’une majorité de ces accords avaient concerné des start-ups et des PME.

Parmi certains accords d’acquisition notables, cette année, celui du rachat de la plateforme généalogique israélienne en ligne MyHeritage par Francisco Partners pour un montant de 600 millions de dollars ; l’acquisition – pour une somme estimée à 100 millions de dollars – de Sedona Systems, fabricant de technologies de communication, par Cisco ; et le rachat d’Epsagon, contrôleur d’application, également par Cisco.

Autre élément intéressant présenté dans le rapport : la hausse significative du nombre d’acquéreurs israéliens – leurs fonds constituent 30 % du montant total. Weizenbluth explique que 26 acquisitions sur 86, en 2021, ont été des accords « bleu et blanc » où les deux parties – acheteur et vendeur – étaient Israéliennes. Il n’y avait eu que onze accords de ce type l’année dernière, remarque le rapport.

Le siège de MyHeritage à Or Yehuda. (Crédit : MyHeritage/Wikipedia/CC BY-SA)

« Nous assistons à un nouveau cycle, un cycle dans lequel de nombreux entrepreneurs israéliens se rapprochent. Si, il y a trois ou quatre ans, le rêve des fondateurs d’entreprise était encore de vendre leur firme, leur rêve, aujourd’hui, est d’en acheter une », a-t-il indiqué. « Les acheteurs israéliens sont plus proches de l’écosystème, ils s’immergent dedans et ils en devinent le potentiel. »

Ces tendances sont également entraînées par une « nouvelle culture commerciale », a ajouté Weizenbluth, « qui est marquée par la chutzpah, la pensée rapide, l’action instantanée avec la construction d’une entreprise, son entrée en bourse – les entreprises reviennent ensuite en arrière et achètent une firme israélienne pour accélérer celle qui leur appartient ».

La majorité des acquéreurs (47 %) restent toutefois des Américains en 2021, comme c’était le cas déjà lors des dernières années, a signalé Weizenbluth. Les firmes européennes, pour leur part, représentent 12 % des acheteuses et les compagnies asiatiques 6 %.

5 % des entreprises ayant racheté une compagnie israélienne sont originaires d’autres régions du monde ou elles possèdent des bases multiples.

La suite du rapport de PwC Israel se concentrera sur « l’année impressionnante pour le marché technologique israélien » et sur la manière dont 2022 et 2023 entraîneront probablement des activités similaires, a poursuivi Weizenbluth.

« Nous entrons dans une nouvelle phase concernant l’écosystème israélien, avec un plus grand nombre d’entreprises licornes [des entreprises privées dont la valorisation dépasse le milliard de dollars], avec des investissements nombreux et énormes, et il est probable que nous assisterons à un plus grand nombre d’acquisitions encore dans les prochaines années ainsi qu’à des IPO fortes : cette année 2021 ne sera pas un phénomène unique », s’est-il exclamé.

Weizenbluth estime que l’essor des SPACs qui a marqué le début de l’année 2021 risque de ralentir, les investisseurs lui préférant le système traditionnel d’IPO. « C’est la bonne manière de faire : entrer par la grande porte, pas par la porte arrière », a-t-il dit.

Yaron Weizenbluth, partenaire et chef du pôle hi-tech au sein de PwC Israel. (Autorisation)

Le processus débouchant sur une IPO est long et compliqué et les entreprises doivent ouvrir leurs registres aux investisseurs et régulateurs concernés, et répondre également à des exigences minimales en termes de revenus et d’actifs. Avec les SPACs, les firmes peuvent fusionner avec des sociétés d’ores et déjà présentes sur le marché boursier, ce qui leur permet d’entrer en bourse rapidement.

« Il y a eu d’importants accords en termes de SPACs, comme celui qui a été conclu par ironSource », a expliqué Weizenbluth, faisant référence à la firme de technologie publicitaire israélienne qui a fait son apparition au mois de juin à la bourse de New York après avoir fusionné avec la SPAC américaine Thoma Bravo Advantage. La valorisation d’ironSource, dans l’accord, s’élevait au chiffre stupéfiant de 11 milliards de dollars.

Selon Weizenbluth, l’écosystème technologique israélien devrait connaître une valeur d’acquisition bien supérieure à dix milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

L’équipe de management d’ironSource au mois de mars 2021. (Autorisation)

2021 a aussi été une année record concernant les investissements dans les entreprises israéliennes. Les entreprises locales ont collecté près de 18 milliards de dollars depuis le début de l’année 2021 – presque le double du total engrangé pendant toute l’année 2020, qui était déjà une année sans précédent, selon le rapport IVC-Meitar Israel Tech Review qui a été publié le mois dernier par le Centre de recherche IVC et la firme Meitar.

Ce rapport a aussi établi que la valeur des exits, dans le secteur hi-tech, avait atteint les 18,92 milliards de dollars – par le biais d’IPO et SPACS notamment – au cours des trois premiers trimestres de l’année 2021.

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