Les activistes anti-expulsion dénoncent les violentes menaces qu’ils reçoivent
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Les activistes anti-expulsion dénoncent les violentes menaces qu’ils reçoivent

Les organisateurs du rassemblement de samedi soir à Tel Aviv contre l’expulsion des demandeurs d'asile ont constaté une recrudescence des attaques verbales sur les réseaux sociaux

Des manifestants lors d'un mouvement de protestation dans le sud de Tel Aviv contre l'expulsion programmée de migrants et réfugiés africains, le 24 février 2018 (Crédit : Miriam Herschlag/ Times of Israël)
Des manifestants lors d'un mouvement de protestation dans le sud de Tel Aviv contre l'expulsion programmée de migrants et réfugiés africains, le 24 février 2018 (Crédit : Miriam Herschlag/ Times of Israël)

Quelques heures avant le rassemblement de samedi soir à Tel Aviv contre l’expulsion des demandeurs d’asile africains, ses organisateurs ont déclaré être la cible d’une campagne haineuse sur les réseaux sociaux de plus en plus virulente.

Les militants ont déclaré au site d’information Ynet que, bien que beaucoup d’entre eux reçoivent régulièrement des messages haineux pour leur activisme, les missives de ces derniers jours étaient nettement plus inquiétantes.

Des anonymes ont ainsi menacé l’activiste Adi Berkowitz de « lui couper la tête et de boire son sang » et ont promis de « mener un Holocauste contre tous les gauchistes ».

Certains organisateurs ont reçu des messages Facebook dans lesquels certains individus annonçaient espérer qu’ils « se feraient violemment violés par un groupe de Soudanais » et leur souhaitaient « une multitude de maladies incurables ».

« Si je le pouvais, je vous chargerais tous sur des canots pneumatiques et vous enverrais en mer sans nourriture ni eau ; alors vous devriez vous dévorer jusqu’à en mourir », annonçait un autre message.

Certaines menaces avertissaient les activistes de ne pas assister au rassemblement de samedi soir.

Des demandeurs d’asile africains et des militants des droits de l’Homme manifestent contre les expulsions à Tel Aviv, le 21 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Berkowitz a néanmoins déclaré que les messages ne dissuadaient pas son équipe dans leur campagne exhortant au gouvernement de reconsidérer son plan d’expulsion des migrants africains qui incarcérerait indéfiniment ceux qui refusent de partir.

« Je sais que ceux qui ont envoyé ces messages l’ont fait pour nous effrayer de sorte à ce que nous abandonnions notre lutte », a-t-elle dit.

« C’est donc une bonne occasion de dire à ceux qui nous ont menacés que nous n’avons pas peur. Nous continuerons jusqu’à ce que les expulsions cessent », a déclaré Berkowitz.

En décembre, le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il expulserait les demandeurs d’asile à partir de mars vers des pays africains non identifiés avec lesquels Israël a conclu des accords d’émigration. On estime que ces pays sont le Rwanda et l’Ouganda, bien que les deux aient nié leur implication dans le programme.

Les migrants, presque tous originaires de l’Erythrée, une dictature, et du Soudan, déchiré par la guerre de 2006 à 2012, affirment qu’ils ont fui pour sauver leur vie et courent un danger de mort s’ils retournent chez eux.

Israël considère que la grande majorité d’entre eux sont des migrants économiques et affirme n’avoir aucune obligation légale à les garder. Les responsables israéliens les définissent généralement comme des « infiltrés ».

La politique d’expulsion, qui offrirait à chaque migrant 3 500 dollars et un billet d’avion, a été condamnée par les activistes israéliens et les Nations unies, qui l’ont jugée brouillonne, mal exécutée et dangereuse. Les demandeurs d’asile précédemment expulsés en Ouganda et au Rwanda ont déclaré au Times of Israël qu’ils étaient confrontés à de graves dangers et même à la détention après être arrivés en Afrique sans papiers appropriés.

Plus tôt ce mois-ci, la Haute Cour de justice a provisoirement gelé le plan et a donné au gouvernement jusqu’à dimanche pour régler certaines des questions juridiques qui l’entourent.

Un rassemblement anti-expulsion organisé à Tel Aviv le mois dernier a attiré une foule de 15 000 à 20 000 personnes. Deux hommes ont été arrêtés avant la manifestation pour avoir appelé à de violentes attaques contre les manifestants.

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