Les écoles privées de Jérusalem-Est en grève
Les cours ont été suspendus pour quelque 20 000 élèves afin de protester contre les restrictions d'entrée imposées aux enseignants provenant de Cisjordanie

Mardi, des responsables palestiniens ont indiqué qu’une dizaine d’écoles privées de Jérusalem-Est avaient suspendu les cours, après une décision israélienne de restreindre le nombre de permis de travail délivrés aux enseignants vivant en Cisjordanie.
Le Secrétariat général des institutions éducatives chrétiennes de Jérusalem a lancé un appel à la grève, suivi par l’ensemble des écoles privées de Jérusalem-Est.
La suspension des cours affecte quelque 20 000 élèves, dont 8 500 dans 15 écoles chrétiennes, a précisé Richard Zananiri, directeur de l’école privée Saint-Georges.
Selon le Secrétariat général, qui juge la décision israélienne « arbitraire », a indiqué que 171 enseignants et membres du personnel sont concernés par les nouvelles restrictions sur les permis de travail.
Zananiri a expliqué qu’Israël avait initialement cessé de délivrer des permis de travail aux enseignants les samedis.
Après des protestations, ces permis ont été rétablis, mais les vendredis et dimanches ont alors été exclus.
Les responsables scolaires jugent cette mesure inacceptable, en soulignant que des programmes éducatifs et des activités périscolaires ont lieu ces jours-là.
Zananiri affirme par ailleurs qu’Israël a décidé d’interdire aux écoles palestiniennes de Jérusalem-Est d’employer des enseignants titulaires de diplômes universitaires obtenus dans des établissements palestiniens.
Il note qu’Israël interdit depuis l’an dernier le recrutement de nouveaux enseignants originaires de Cisjordanie.
Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT), organe relevant du ministère de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, a contesté ces affirmations.
En réponse à la grève déclenchée par le Secrétariat général des institutions éducatives chrétiennes, le COGAT a déclaré que « l’allégation selon laquelle des dizaines d’enseignants n’auraient pas reçu de permis de passage est incorrecte », affirmant que tous les enseignants éligibles avaient obtenu un permis après avoir passé les contrôles de sécurité requis.
L’organisme n’a toutefois pas répondu aux accusations selon lesquelles la durée de validité de ces permis exclurait désormais les vendredis et dimanches.
Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Israël a repris Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours, en 1967, mais cette annexion n’est pas reconnue par l’ONU.
Les Palestiniens considèrent quant à eux Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État.
En juin, Israël a fermé les six écoles de l’Office très controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) opérant à Jérusalem-Est.
Les autorités israéliennes accusent en effet des employés de l’UNRWA d’avoir participé au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre dans la bande de Gaza.







