Les Etats-unis auraient payé 500 M de $ pour des faux clips de style al-Qaïda
Rechercher

Les Etats-unis auraient payé 500 M de $ pour des faux clips de style al-Qaïda

Le Pentagone aurait passé un contrat avec l’agence de communication britannique controversée pour lancer une campagne secrète

L'emblème du FBI au J. Edgar Hoover Building. Illustration. (Crédit : Cliff/CC BY 2.0/Flickr)
L'emblème du FBI au J. Edgar Hoover Building. Illustration. (Crédit : Cliff/CC BY 2.0/Flickr)

Les États-Unis auraient déboursé plus d’un demi-milliard de dollars auprès d’une société en communication controversée britannique pour lancer une campagne de propagande top secrète en Irak après l’invasion de 2003 de l’Irak par les forces de la coalition sous commandement américain.

Selon le Bureau of Investigative Journalism et le Sunday Times, le cabinet de Bell Pottinger a été embauché par le Pentagone pour orchestrer et faire circuler du matériau pro-coalition dans les médias irakiens.

Au plus fort de la guerre en Irak, l’opération comprenait « la rédaction de script de soap opéra, fournir des images pour les chaînes d’information en arabe locales et probablement de distribuer des vidéos rebelles utilisées pour suivre les individus qui les regardaient », a signalé le Times dimanche.

La campagne, qui a coûté 540 millions de dollars et qui a duré de 2007 à 2011, est considérée comme l’un des contrats de relations publiques les plus coûteux de l’histoire.

Des centaines d’employés de l’agence ont travaillé aux côtés de hauts responsables militaires des États-Unis dans leur quartier général au Bagdad Camp Victory.

Lord Tim Bell a confirmé certaines parties des informations publiées dans le Times dimanche, en disant qu’il était « très fier » de la participation de son entreprise à l’opération militaire secrète qui a été « couverte par divers documents sur le secret ».

Il a ajouté que Bell Pottinger prenait ses ordres du Pentagone, de la CIA et du Conseil national de sécurité pour ses activités médiatiques en Irak.

Mais selon l’ancien employé de Bell Pottinger, Martin Wells, le travail de l’entreprise pour l’armée américaine est allé bien au-delà du contrat de communication standard.

Dans une récente interview accordée au Bureau of Investigative Journalism, Wells a décrit comment, après avoir obtenu l’emploi chez Bell Pottinger, il a été envoyé à Bagdad pour mener une campagne d’ « opérations psychologiques ».

Wells a expliqué qu’il avait reçu des instructions spécifiques pour réaliser des courts clips vidéo de 10 minutes qui devaient être tournés dans le style des vidéos de propagande d’al-Qaïda.

Il a déclaré que les clips vidéo qui étaient gravés sur des CD avaient des liens codés associés à un compte Google Analytics qui pouvait révéler les adresses IP de ceux qui les ont regardés à un employé de Bell Pottinger et un haut commandant militaire américain.

« Si l’on est observé en plein milieu de Bagdad… vous savez qu’il y a un coup là-bas », a-t-il indiqué. « Si l’une [des marques], 48 heures ou une semaine plus tard, se montre dans une autre partie du monde alors c’est le plus intéressant, et c’est ce qu’ils cherchent plus, parce que cela vous donne une piste ».

Le cabinet de Bell Pottinger a déjà représenté un certain nombre de clients controversés, y compris le gouvernement du Sri Lanka, le Premier ministre thaïlandais évincé Thaksin Shinawatra, et l’épouse du président syrien Bachar al-Assad.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...