Israël en guerre - Jour 232

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Les USA et l’UE, entre durcissement des sanctions contre l’Iran et tentative de convaincre Israël de ne pas riposter

Selon le chef de la diplomatie de l’UE, il est impossible d’ajouter le CGRI à la liste noire sans preuve de terrorisme ; les diplomates allemand et britannique sont en Israël pour évoquer la déconfliction

Une affiche avec le héros persan mythique Arash l’archer en train de tirer un missile à l'aide de son arc, avec un texte en persan disant "Je n’abandonnerai pas ma patrie", orne un pont piétonnier suspendu, dans le centre de Téhéran, le 15 avril 2024. (Atta Kenare/AFP)
Une affiche avec le héros persan mythique Arash l’archer en train de tirer un missile à l'aide de son arc, avec un texte en persan disant "Je n’abandonnerai pas ma patrie", orne un pont piétonnier suspendu, dans le centre de Téhéran, le 15 avril 2024. (Atta Kenare/AFP)

Les États-Unis et leurs alliés européens ont redoublé d’efforts, mardi, pour inviter Israël à faire preuve de retenue après les bombardements iraniens sans précédent de ce week-end, s’engageant parallèlement à durcir les sanctions contre les ventes de pétrole de Téhéran et sa capacité à construire des drones d’attaque.

Les puissances occidentales craignent que des représailles israéliennes ne plongent la région dans un conflit généralisé qui pourrait les impliquer et ne ferait qu’éroder le soutien dont bénéficie encore Jérusalem. Les autorités israéliennes ont indiqué vouloir riposter mais prendre en compte la position des États-Unis et de ses autres alliés.

Lors d’un appel entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Rishi Sunak mardi après-midi, ce dernier a souligné qu’une « escalade significative n’était dans l’intérêt de personne et ne ferait qu’aggraver l’insécurité au Moyen-Orient ». « C’est le moment de faire preuve de sang-froid », a-t-il dit.

Selon un porte-parole de Downing Street, le chef du gouvernement britannique a déclaré que l’Iran avait « fait preuve d’une grave erreur de calcul et était de plus en plus isolé sur la scène internationale, le G7 coordonnant une réponse diplomatique ».

Réitérant le « soutien sans faille du Royaume-Uni à la sécurité d’Israël et la sécurité de la région », Rishi Sunak a en outre souligné qu’il restait « sérieusement préoccupé par la crise humanitaire qui s’aggrave » à Gaza, exhortant Israël à ouvrir de nouvelles voies humanitaires aussi vite que possible ».

Il a en outre dit être « profondément déçu que le Hamas ait bloqué l’accord pendant le week-end qui aurait sauvé des vies palestiniennes et assuré la libération des otages en toute sécurité ».

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s’adressant aux médias, profitant de cette allocution pour avertir que la démocratie est la cible des extrémistes, à Downing Street à Londres, le 1er mars 2024. (Crédit : Alberto Pezzali/AP Photo)

Sanctions américaines

Les Etats-Unis vont imposer de nouvelles sanctions visant l’Iran après l’attaque lancée contre Israël le week-end dernier, a annoncé mardi la Maison Blanche, indiquant « s’attendre » à ce que ses alliés fassent bientôt de même.

« Dans les prochains jours, les Etats-Unis vont imposer de nouvelles sanctions visant l’Iran, dont ses programmes de drones et missiles », son corps des Gardiens de la révolution et son ministère de la Défense, a détaillé dans un communiqué Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden.

« Ces nouvelles sanctions, ainsi que d’autres mesures, vont poursuivre la pression continue exercée sur l’Iran afin d’endiguer et de détériorer ses capacités militaires », a ajouté M. Sullivan.

Il a également fait savoir que les forces armées américaines vont s’attacher à hausser leur niveau de préparation pour faire face à d’éventuelles nouvelles frappes de drones et missiles venues d’Iran.

« Nous nous attendons à ce que nos alliés et partenaires nous suivent rapidement avec leurs propres sanctions », relève encore le communiqué de Washington – ce qui semble être en marche du côté de Bruxelles.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, s’exprime lors d’un point de presse à la Maison-Blanche, le 12 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Un haut responsable du Trésor a expliqué aux journalistes que ses services faisaient en sorte de se concilier l’aide de la Chine, des membres du G7 et de grands producteurs mondiaux dans le but de limiter les débouchés du pétrole iranien et d’empêcher Téhéran de se procurer les composants microélectroniques nécessaires aux drones utilisés contre Israël et vendus à la Russie.

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen avait plus tôt mardi dit « s’attendre » à ce que ces nouvelles sanctions soient annoncées, « afin de continuer à perturber les activités malveillantes et déstabilisatrices du régime iranien ».

L’UE veut élargir le régime de sanctions

L’Union européenne envisage également d’élargir le champ de ses sanctions déjà en place contre l’Iran après l’attaque lancée contre Israël le week-end dernier, a déclaré mardi le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell, à l’issue d’une réunion informelle avec d’autres ministres des affaires étrangères.

« L’idée est d’élargir le régime (de sanctions) existant contre les drones iraniens », a de son côté déclaré le chef de la diplomatie de l’UE à l’issue d’une réunion extraordinaire, en visioconférence, des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

« Je vais demander au Service d’action extérieure de s’atteler dès aujourd’hui à la question des sanctions », a-t-il déclaré.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, s’exprimant à son arrivée pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE dans le bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 22 janvier 2024. (Crédit : Virginia Mayo/AP Photo)

En juillet 2023, l’Union européenne avait adopté des mesures restrictives en raison du soutien militaire de l’Iran à la guerre par la Russie contre l’Ukraine, imposant notamment une interdiction de l’exportation de l’UE vers l’Iran de composants utilisés dans la fabrication de drones.

L’idée, soutenue notamment par la France et l’Allemagne, serait d’élargir à d’autres types d’armement, comme les missiles, même si l’UE n’a pour le moment aucune preuve que des missiles iraniens soient utilisés dans le bombardement des villes et infrastructures en Ukraine.

Le régime actuel de sanctions, qui ne concerne pour le moment que l’Iran, pourrait également être étendu aux alliés de Téhéran au Moyen-Orient, comme le Hezbollah au Liban ou les rebelles houthis au Yemen, a encore expliqué le chef de la diplomatie européenne.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a salué mardi sur X « la tendance positive vers l’adoption de sanctions contre l’Iran » de la part de l’UE, à la fois contre les missiles et, « pour la première fois », contre les alliés de l’Iran dans la région.

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a plaidé mardi pour de nouvelles sanctions de l’Union européenne sur les drones iraniens après l’attaque de Téhéran contre Israël.

« J’espère que nous franchirons maintenant enfin ensemble cette étape en tant qu’UE », a-t-elle déclaré.

Annalena Baerbock a déclaré mardi qu’en plus de l’action en vue de durcir les sanctions, elle devait également se rendre en Israël mardi pour évoquer la manière d’empêcher une conflagration.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, qui devait s’entretenir avec Netanyahu, Katz et peut-être le ministre Benny Gantz, membre du cabinet de guerre, s’est également rendu en Israël mardi, a déclaré un membre des autorités britanniques.

Selon cette même personne, la riposte contre l’Iran était manifestement à l’ordre du jour de ces entretiens, sans oublier la question de l’accroissement de l’aide à Gaza, sujet que Cameron souhaitait aborder.

L’annonce de la prise de nouvelles sanctions a fait suite à l’annonce de Katz, évoquant qu’une « riposte diplomatique » serait menée dans le but d’isoler l’Iran. Le ministre a contacté 32 pays pour qu’ils imposent des sanctions au programme de missiles iranien et suivent l’exemple de Washington en qualifiant le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’organisation terroriste.

Josep Borrell a déclaré que cette décision avait été évoquée lors de discussions, mais qu’elle ne pouvait pas aller de l’avant sans la preuve d’une « nation d’autorité » que le CGRI était impliqué dans des activités terroristes.

Cependant, il a déclaré qu’il demanderait à l’équipe juridique de l’UE de voir s’il y avait un autre moyen d’imposer des sanctions à la force militaire dominante.

Tous les ministres des 27 de l’UE ont « fortement condamné l’attaque iranienne » contre Israël, a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité d’éviter une « escalade » régionale.

« Nous devons nous écarter du bord du précipice », a encore déclaré M. Borrell.

« La région a tout sauf besoin d’une guerre généralisée, pas plus que le reste du monde d’ailleurs ou le peuple de Gaza », a-t-il déclaré.

Le message a été repris par le secrétaire d’État américain Antony Blinken lors d’une réunion avec des dirigeants juifs américains, qui leur ont dit qu’une conflagration n’était ni dans l’intérêt de Washington ni dans celui de Jérusalem, a rapporté Axios, sur la base de témoignages de participants à cette réunion.

Le secrétaire d’État Antony Blinken lors d’une conférence de presse aux côtés du Secrétaire britannique aux Affaires étrangères David Cameron (hors cadre) au Département d’État de Washington, le 9 avril 2024. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

L’administration Biden s’est bien gardée de dire publiquement à Israël de ne pas riposter à l’attaque iranienne, préférant lui dire, en coulisses, de veiller à ce que cette riposte ne déclenche pas une guerre régionale, selon des sources proches du dossier.

Blinken a bien expliqué, lors de cette réunion, que les États-Unis ne demandaient pas à Israël de ne pas riposter, car la décision appartenait à Israël. « Que ce soit fait avec intelligence, stratégie et parcimonie », a indiqué un participant, en parlant du message délivré par Blinken.

L’Iran a lancé des centaines de drones et de missiles en direction du territoire israélien dans la nuit de samedi à dimanche, en riposte à une frappe attribuée à Israël. le 1er avril, sur l’annexe consulaire de l’ambassade iranienne à Damas, en Syrie, au cours de laquelle plusieurs commandants du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne ont été tués, ce que le pays impute à Israël.

Selon l’armée israélienne, l’Iran a lancé 170 drones, 30 missiles de croisière et 120 missiles balistiques, dont 99 % ont été interceptés par les défenses aériennes. Il s’agit de la toute première attaque directe de l’Iran contre Israël.

La plupart des projectiles ont été interceptés avant d’atteindre Israël, grâce à l’aide des États-Unis, de la Jordanie et d’autres alliés encore. L’unique victime est une jeune fille bédouine, grièvement blessée par des éclats d’obus dans le désert du Neguev. La base de l’armée de l’air de Nevatim, dans le sud du pays, a subi quelques dégâts relativement peu importants qui ne l’ont pas empêchée de fonctionne durant l’attaque, a indiqué l’armée israélienne.

Tsahal a prévenu mardi que l’Iran ne sortirait « pas indemne » de cette attaque sans précédent.

Une source israélienne a déclaré au Times of Israël que la majorité des trois membres du cabinet de guerre était en faveur d’une riposte énergique, mais que, pour l’heure, l’Iran était laissé dans l’expectative.

« Laissons-les s’inquiéter », a déclaré la source.

L’Iran a menacé de mener une attaque plus importante encore si Israël ripostait à la sienne, tout en assurant ne pas chercher une escalade de tensions.

Un membre des autorités américaines a indiqué à Axios que, selon les États-Unis, si l’Iran attaquait à nouveau, « il serait très difficile d’avoir le même niveau de succès que samedi… et les Israéliens le savent bien. »

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